Alors que la question tourne en boucle ces jours à propos de la tragédie de Crans-Montana, le Tribunal criminel rappelle que le meurtre par dol éventuel n’est retenu que dans des cas extrêmes, même en cas d’incendie volontaire. Après avoir acquis l’intime conviction que le prévenu est bien l’auteur du feu dont les émanations toxiques ont causé la mort d’une mère et de son enfant, les juges estiment qu’il avait certes conscience de la dangerosité de la situation, mais qu’il n’avait pas pour autant accepté l’éventualité de tuer quelqu’un. Pour admettre cette acceptation du risque, encore fallait-il que cette issue fatale soit hautement probable.
Pedro, de son prénom d’emprunt, ressortissant portugais de 60 ans, habitant de l’immeuble en question, est donc reconnu coupable de deux incendies intentionnels (un autre feu bouté le même soir à des encombrants extérieurs). Il est aussi coupable de deux homicides par négligence pour avoir provoqué l’énorme dégagement de fumée ayant piégé les victimes dans la cage d’escalier et violé ainsi un élémentaire devoir de prudence.


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