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Par Lucas Minisini
Publié aujourd’hui à 05h05Article réservé aux abonnés
RencontreParmi les 251 Israéliens capturés par le Hamas le 7 octobre 2023, Aviva et Keith Siegel font partie des survivants qui ont choisi de témoigner publiquement des sévices qu’ils ont subis. Alors que le premier ministre Benyamin Nétanyahou met à son bilan la libération des otages dans le cadre de sa campagne électorale, le couple de sexagénaires continue de s’opposer à la guerre.
Le 23 septembre, Keith et Aviva Siegel, 66 et 64 ans, ont reçu un appel de l’armée israélienne. Un militaire tenait à informer les ex-otages du Hamas, kidnappés lors de l’attaque terroriste du 7-Octobre, en même temps que 249 autres personnes, d’une frappe de drone survenue peu de temps avant, dans la bande de Gaza. Ce tir aurait permis de tuer l’un de leurs anciens geôliers, a expliqué le soldat.
« On nous a demandé si cette nouvelle nous rendait heureux, soupire Aviva Siegel, le lendemain midi, les sourcils froncés derrière ses lunettes rondes, au cours d’un long entretien donné à M Le magazine du Monde, sur la terrasse ombragée d’un café du centre-ville de Tel-Aviv. Mais je suis contre la guerre. » A ses côtés, Keith Siegel complète son propos, d’une voix douce : « Aviva et moi avons toujours été du côté de la paix. »
Chaque mot semble leur coûter. Quand l’émotion trouble leur récit, le couple, assis côte à côte sur deux petites chaises en plastique, respire profondément, se regarde en silence et s’encourage à poursuivre. Pour expliquer ses phrases hachées et ses larmes intempestives, Keith Siegel évoque d’abord les séquelles de ses blessures aux côtes, brisées pendant son enlèvement, et à la main gauche, où un tir de pistolet d’un membre du Hamas lui a laissé une petite cicatrice à la base du pouce, puis ses « plaies invisibles ».
Depuis sa libération, le 1er février 2025, dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, il perd le fil de ses pensées et sa mémoire lui fait défaut. Malgré ces obstacles, le sexagénaire ne se décourage pas : « Il faut que le monde sache ce qu’on vit. » Une main posée sur la cage thoracique, Keith Siegel prend une grande inspiration avant de poursuivre.
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