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504 morts de juillet 1830 et des momies que le Louvre laissait s’abîmer dans ses sous-sols : depuis 1840, tous dorment sous la colonne de 50 m de la Bastille

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Sous la colonne de 50 m qui domine la place de la Bastille, à Paris, reposent depuis 1840 les 504 morts des Trois Glorieuses de juillet 1830. Près de 200 victimes de la révolution de 1848 les ont rejoints. Une tradition tenace ajoute à cette liste des momies égyptiennes que le Louvre laissait s’abîmer dans ses sous-sols.

Un cimetière de 52 mètres de haut, Génie de la Liberté compris.

À retenir

  • Les 504 insurgés tués lors des Trois Glorieuses de 1830 reposent sous la colonne.
  • Leur translation a eu lieu en 1840, avec 50 cercueils tirés par 20 chevaux.
  • Les récits de momies égyptiennes ne sont confirmés par aucun document d’époque.

Sommaire

  1. Des insurgés enterrés à la hâte, aux quatre coins de Paris
  2. Le 28 juillet 1840, un cortège, 20 chevaux et une symphonie
  3. Des momies de Bonaparte parmi les révolutionnaires ?
  4. 1848, puis une crypte que l’on peut encore visiter

Des insurgés enterrés à la hâte, aux quatre coins de Paris

Les combats des 27, 28 et 29 juillet 1830 chassent Charles X du trône et installent Louis-Philippe. Il faut enterrer vite les insurgés tués. Selon une notice consacrée aux sépultures de la colonne, les 504 dépouilles sont d’abord inhumées provisoirement dans les jardins du Louvre, sur l’ancien cimetière des Innocents et rue Fromenteau, à l’emplacement de l’actuelle place du Carrousel. D’autres récits citent aussi le Champ-de-Mars ou les cimetières de l’Est et du Sud, ce qui montre que les sources divergent sur la carte exacte de ces fosses.

En décembre 1830, Louis-Philippe décide d’élever un monument place de la Bastille, là où Napoléon rêvait d’une fontaine géante en forme d’éléphant. Le projet impérial avait été abandonné en 1814, mais sa maquette en plâtre n’a été détruite qu’en 1846.

L’architecte Alavoine conçoit la colonne de bronze, et Joseph-Louis Duc en achève la décoration. Une loi du 26 juillet 1839 en fait un monument funéraire. Le fût, creux et bâti en trois parties pour rappeler les trois journées de juillet, porte les noms gravés des combattants tués.

Le 28 juillet 1840, un cortège, 20 chevaux et une symphonie

La translation des corps a lieu le 28 juillet 1840 selon le site officiel du monument (certains récits retiennent la veille). Les restes exhumés sont répartis dans 50 cercueils, posés sur un char tiré par 20 chevaux. Des coups de canon rythment la journée. Berlioz a composé pour l’occasion une symphonie « funèbre et triomphale », et les dépouilles descendent dans deux caveaux circulaires aménagés sous la colonne.

Les registres annonçaient 504 corps, pas un de plus.

Des momies de Bonaparte parmi les révolutionnaires ?

Les momies en question seraient revenues d’Égypte avec les savants qui accompagnaient Bonaparte. À Paris, elles posent un problème de conservation : l’humidité française n’a rien à voir avec l’air sec du Nil. Après un passage dans les salles basses du Louvre, elles s’abîment, et l’on aurait fini par les enterrer dans les jardins du Louvre ou de la Bibliothèque nationale, aux endroits mêmes où reposaient des insurgés.

Au moment de l’exhumation de 1840, les fossoyeurs n’auraient pas fait la différence entre les combattants et ces corps bandelettés. L’histoire circule sous plusieurs versions. Le Guichet du savoir, service de bibliothécaires, cite un article du Parisien de 2014 qui parle de 2 momies transportées par erreur. Le même service rapporte une autre version : des travaux menés au XXe siècle auraient révélé 506 corps au lieu de 504.

Deux momies, sept, ou aucune : les récits ne s’accordent pas.

La prudence s’impose donc. Un site de promenades parisiennes juge que cela tient « plus de la légende que de la réalité », et une émission de Radio France parle elle aussi d’une légende. Je n’ai trouvé aucun document d’époque qui tranche. L’anecdote reste pourtant très répandue, jusque dans les ouvrages d’histoires insolites des monuments français.

1848, puis une crypte que l’on peut encore visiter

Après la révolution de février 1848, des corps de victimes de ce second soulèvement sont venus à leur tour dans la crypte. Le chiffre de 196 est avancé par un guide de promenades parisiennes, ce qui correspond à « environ 200 ». La colonne commémore ainsi les deux révolutions qui encadrent le règne de Louis-Philippe.

Un reportage de Radio France décrit la descente dans cette nécropole par un escalier étroit, jusqu’au premier caveau, où des dalles funéraires évoquent les deux révolutions. Le visiteur qui s’y rend doit ensuite remonter vers la place, où le monument passe pour le plus haut « tombeau » de la capitale. Sur la place, le chiffre de 50 m varie un peu d’une source à l’autre : 50 m pour la colonne seule, 52 m avec la statue.

Dernier détail, administratif celui-là : la colonne de Juillet est classée Monument historique depuis 1995.

Sources : tombes-sepultures.com | fr.anecdotrip.com

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