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La saison des mariages bat son plein et un invité inattendu donne du fil à retordre aux boutiques de robes de mariée: l'Ozempic. Selon une enquête menée en 2026 par la plateforme d'organisation de mariages Zola, 10% des futurs mariés américains prennent du sémaglutide, une molécule analogue au GLP-1 présente dans différents traitements contre l'obésité. 42% des couples déclarent également que l'accès facilité à ces médicaments amaigrissants a augmenté la pression ressentie de devoir afficher «un physique idéal» le jour J.
Un constat que voient défiler, au quotidien, les créateurs de robes de mariée. Rebecca Schoneveld, à la tête d'une marque inclusive en matière de tailles, a longtemps entendu des futures mariées lui promettre qu'elles se délesteraient de leurs kilos superflus avant leur union. Le plus souvent, ces bonnes résolutions restaient lettre morte. Mais depuis 2024, «la perte de poids est spectaculaire», confie-t-elle. L'effet Ozempic est passé par là, rappelle The Guardian.
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Depuis l'année dernière, les futures épouses attendent le dernier moment pour acheter leur tenue, de peur de devoir multiplier les retouches. Les magasins ont dû revoir leurs habitudes et intègrent désormais dans leurs contrats des clauses relatives à la prise de poids. «Si vous prévoyez de perdre beaucoup de poids, veuillez en informer notre équipe commerciale. Vous pourriez être amenée à acheter une autre robe si celle-ci est de plus de trois tailles supérieures», peut-on lire dans les conditions de la créatrice de robes Anne Barge.
De leur côté, les mariées demandent de nouveaux ajustements au niveau de la coupe, notamment pour dissimuler le relâchement cutané provoqué par une perte de poids rapide. «Nous abaissons donc le dos en forme de V, ce qui cache mieux l'excès de peau qu'un dos droit sans bretelles, détaille Susan Ruddie, propriétaire de The Wedding Dresser, une entreprise spécialisée dans les retouches. Nous proposons toute une gamme de drapés et de manches qui recouvrent les bras des clientes.»
Les corsets lacés dans le dos, stars de la fin des années 90, ont le vent en poupe. Faciles à ajuster jusqu'au jour du mariage, ils plaisent à une génération de femmes pour qui les injections amaigrissantes et la chirurgie esthétique sont banalisées.
23 kilos en moins entre l'essayage et la livraison de la robe
Pour autant, toutes les futures mariées ne prennent pas du GLP-1 pour affiner leur silhouette. Laura s'est par exemple vu prescrire un traitement à base de sémaglutide pour des raisons médicales en octobre 2024, soit onze mois avant ses fiançailles. Lorsqu'elle est allée choisir sa robe en décembre, elle ignorait totalement quel serait son poids le jour J. Au total, elle a perdu près de 23 kilos entre l'essayage et la livraison de sa tenue.
«C'était angoissant, raconte-t-elle. J'y pensais sans arrêt. Les délais de fabrication sont tellement longs pour une robe sur mesure qu'on ne peut pas simplement changer d'avis au dernier moment et en choisir une autre. En plus, cet achat est tellement important et coûteux.» Lors de son dernier rendez-vous avec la couturière, quelques semaines avant le grand jour, celle-ci l'a suppliée de «ne plus perdre un seul kilo». La robe sans bretelles commençait presque à glisser.
Prescriptions médicales sous conditions
Outre-Atlantique, seuls les GLP-1 commercialisés sous les marques Wegovy et Zepbound sont approuvés par la Food and Drug Administration (FDA), le gendarme américain des médicaments. En France, trois molécules sont aujourd'hui disponibles dans le cadre du traitement de l'obésité: le sémaglutide, par le biais de son médicament Wegovy, le tirzépatide, avec le traitement Mounjaro et le liraglutide, vendu sous l'étiquette Saxenda. Aux États-Unis comme en France, ces médicaments sont principalement prescrits à des patients ayant un IMC élevé. Cependant, de nombreuses personnes dont l'indice corporel est situé dans la norme parviennent à s'en procurer, estiment plusieurs spécialistes.
Pour le chirurgien plasticien new-yorkais Darren Smith, le sémaglutide a «transformé la composition de (s)a patientèle». Avant la vague des GLP-1, les interventions prémariage concernaient essentiellement la liposuccion des bras ou du menton. Depuis deux ans, la demande a changé de visage: le médecin opère davantage pour corriger le relâchement cutané lié à une perte de poids importante. Il pratique également «un nombre considérable d'augmentations mammaires de petit volume», pour des futures mariées ayant perdu du poids là où elles ne le désiraient pas.
Sur les réseaux sociaux, le sémaglutide s'est imposé dans les contenus destinés aux futures mariées. Un marketing féroce, qui s'étend jusqu'au secteur du bien-être. De nombreux spas et instituts proposent désormais des programmes nuptiaux spécifiques intégrant ces traitements amaigrissants. À Chicago, le Pure Med Spa a lancé un «forfait sur mesure de perte de poids et de soins esthétiques» baptisé Semaglutide for Brides. En Inde, où le Mounjaro se hisse au rang de médicament le plus vendu du pays, une clinique de bien-être de New Delhi propose des offres spécialement pensées pour la «mariée Mounjaro».
Au fond, l'Ozempic ne transforme pas seulement les silhouettes. Il redessine aussi tout un écosystème bâti autour du mariage, des créateurs de robes aux chirurgiens esthétiques. Derrière la molécule se cache une injonction tenace: celle d'être la plus jolie pour le plus beau jour de sa vie, quel qu'en soit le coût.





























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