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Young Sherlock (Prime Vidéo) : les années facétieuses d’un apprenti détective

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Dónal Finn et Hero Fiennes Tiffin incarnent respectivement James Moriarty et Sherlock Holmes. Complices, ils ne sont pas devenus encore des ennemis jurés.

Dónal Finn et Hero Fiennes Tiffin incarnent respectivement James Moriarty et Sherlock Holmes. Complices, ils ne sont pas devenus encore des ennemis jurés. Daniel Smith/Prime

Après l’avoir ressuscité sur grand écran, le réalisateur Guy Ritchie imagine la jeunesse aventureuse du limier, en série. Un grand spectacle généreux et familial.

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Après l’avoir dépoussiéré sur grand écran avec Robert Downey Jr, le réalisateur Guy Ritchie replonge dans l’univers de Sherlock Holmes avec la série Prime Video Young Sherlock, qui retrace les premiers pas maladroits du limier dans les années 1870. Brillant, curieux et observateur, ce jeune Sherlock (Hero Fiennes Tiffin, neveu des acteurs Joseph et Ralph Fiennes) est en délicatesse avec la loi en raison de ses talents de pickpocket. Il est admis à Oxford en tant que portier. Les ennuis l’y rattrapent vite. Plusieurs professeurs en vue sont assassinés, une princesse chinoise fait des siennes.

La comédie d’action virevoltante s’appuie sur une populaire série de romans jeunesse imaginé par Andrew Lane. « Sherlock Holmes est un homme extraordinairement détaché et distant. Young Sherlock veut répondre à la question : comment en est-il arrivé là ? Dans La Résurrection de Sherlock Holmes, Conan Doyle fait dire à son limier qu’il aurait pu être un excellent criminel. Peut-être que s’il comprend aussi bien les malfrats c’est qu’il a failli en devenir un ? », confie au Figaro le showrunner de la série Matthew Parkhill. La première fois que le spectateur pose les yeux sur le jeune homme, il est d’ailleurs en prison pour vol à la tire !

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Cet impulsif Sherlock, sans casquette ni pipe, n’est pas encore méthodique. Certaines de ses conclusions sont totalement erronées. Fan de la performance de Benedict Cumberbatch dans le rôle-titre de la série de la BBC Sherlock, Hero Fiennes Tiffin le campe encore un peu émerveillé, même si les tragédies familiales l’ont forcé à se replier sur lui-même. Les Holmes ne se sont jamais remis de la noyade de la petite Béatrice. La mère de Sherlock a été internée en asile. Le père entrepreneur Silas (Joseph Fiennes) parcourt le monde, laissant Sherlock au soin de son frère aîné Mycroft (Max Irons), haut fonctionnaire à la moustache formidable, perpétuellement excédé et attendri par les 400 coups de son cadet. « Si Mycroft, bien plus intelligent que son indolence ne le suggère, cherche à changer le système de l’intérieur, Sherlock veut le contourner », prévient Matthew Parkhill.

À Oxford, Sherlock rencontre un élève boursier s’appelant James Moriarty (Donal Finn, La Roue du temps ), son futur ennemi juré. Mais la série n’en est pas encore là. Les jeunes gens, à la marge de leurs snobs condisciples, se lient immédiatement. Matthew Parkhill est conscient que cette amitié fera jaser. « Parfois les plus grandes inimitiés naissent d’une complicité fusionnelle blessée. Cela m’amusait de suggérer que Sherlock avait essayé de répliquer ce compagnonnage avec Watson. C’était aussi l’occasion de s’interroger sur la nature humaine. Pourquoi certains esprits tournent mal et d’autres pas ? », note-t-il. Ce Moriarty n’est pas un acolyte benêt (à la Watson) mais l’égal en intellect et en ruse de Sherlock.

Autre pari audacieux, recruter Joseph Fiennes pour jouer le patriarche Holmes et jouer sur la familiarité entre le méchant de The Handmaid’s Tale et son neveu. « Je connais Hero depuis que je l’ai eu bébé dans les bras. Nous jouons la comédie ensemble depuis qu’il balbutie. C’était un honneur de partager ce projet avec lui et de brouiller les lignes entre fiction et réalité », apprécie l’intéressé. Et d’ajouter : « Conan Doyle disait : “Quand vous vous sentez abattu, enfourchez votre vélo et partez en promenade.” C’est exactement ce que cette série procure, tout en explorant des problématiques plus profondes de classes, de domination, de naissance du mouvement des suffragettes et de l’émancipation féminine. »

Guy Ritchie utilise à bon escient ses tics de mises en scène : montage au cordeau, répliques qui se chevauchent, ralentis, retours en arrière, musique rock. Lui et les réalisateurs qui lui succèdent créent une Angleterre victorienne bardée de couleurs. Ils flirtent avec le western. Le résultat est un grand spectacle généreux et tout public.

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