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Dans cette série déjantée et touchante, des sexagénaires anglaises forment un groupe de musique amateur pour faire entendre leurs voix invisibilisées.
Passer la publicité Passer la publicitéPetite ville pittoresque du Yorkshire, Hebden Bridge servait de cadre à la série policière exigeante, poignante mais sombre Happy Valley, portraits d’une flic endeuillée dure au mal, et du violeur qui avait causé la mort de sa fille. Une vision peu idyllique de la localité anglaise, pourtant réputée pour être un havre de paix bohème dans la campagne morose du Nord de l’Angleterre. Alors, la scénariste Sally Wainwright a voulu réparer le « mal » qu’elle avait causé avec Riot Women . Dans cette comédie déjantée à découvrir ce samedi et le suivant sur Téva, tout récemment primée à l’IGS Festival, le Séries Mania italien, la showrunner met à l’honneur ce que la société appelle « les femmes d’un certain âge » : les grands-mères, les retraitées, celles que le passage des ans a rendues invisibles.
Le tout porté par un humour corrosif. En témoigne la scène d’ouverture coup de poing : Beth (Joanna Scanlan) prépare la corde avec laquelle elle compte se pendre dans sa cuisine. Elle est interrompue dans son geste par un coup de fil de son frère, furieux qu’elle ait placé leur mère, qui souffre d’Alzheimer, dans une maison de retraite, qui va grignoter leur héritage… À peine a-t-elle raccroché que le téléphone sonne à nouveau. Son amie Jess lui propose de former un groupe de rock amateur et de participer à un concours local de talents. Dans la musique, Beth, Jess et leurs trois autres comparses vont trouver un exutoire à la rage et à la charge mentale qui les habitent !
«Avoir la sensation de disparaître»
« Avec ce quintette d’héroïnes, je voulais écrire sur ce que les femmes traversent mais qu’on ne montre pas : la ménopause, les enfants qui quittent le nid, les maris absents, les parents vieillissants qui perdent leur autonomie , souffle Sally Wainwright. Beth veille ainsi sur des gens qui l’aiment et ne sont plus en mesure de lui rendre la pareille et des proches qui la désertent.» Et de confesser : «J’avais besoin de raconter ce que furent pour moi ces années sans verser dans le pensum. La santé de ma mère s’effondrait et elle souffrait de démence. C’était éprouvant. À 50 ans, je me suis retrouvée à encaisser des gros coups de mou, à jongler avec énormément de choses tout en ayant souvent la sensation de disparaître. »
Pour Sally Wainwright, la musique était un composant essentiel et nécessaire pour infuser de la légèreté et montrer comment « la renaissance et l’estime de soi surgissent dans la créativité ». Elle a convaincu ses actrices de se mettre au chant et aux instruments ! Elle a aussi auditionné des dizaines de formations musicales pour découvrir Hannah Pidduck et Clara Townsend, les compositrices du titre phare de la série : Seeing Red (« voir rouge » en français). L’enthousiasme a été communicatif. «Mon professeur de guitare était si touché par le message de la série que cela l’a inspiré comme les protagonistes à se lancer un défi et dans une discipline qu’il n’avait jamais pratiquée : le marathon», se remémore la comédienne Tamsin Greig, qui campe Holly, la policière tout juste mise à la retraite.


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