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Près de trois décennies après le mandat de Susan Thompson, seule femme à avoir dirigé Winnipeg, la course à la mairie de cet automne ne compte aucune candidate. Une situation qui relance le débat sur les obstacles systémiques freinant les femmes en politique.
Plus de 150 ans après la fondation de la capitale manitobaine, Susan Thompson demeure à ce jour l'unique femme à s'être assise dans le fauteuil de maire, de 1992 à 1998. Alors que la date limite de dépôt des candidatures approche pour le scrutin d'octobre, les onze aspirants inscrits sont tous des hommes.
Selon Susan Thompson, il est grand temps que la gouvernance municipale reflète la démographie locale.
Notre ville a plus de 150 ans, et je suis toujours la seule femme à en être devenue la mairesse. Nous devons changer cela. Cela fait plus de 30 ans qu'il n'y a pas eu de femme à la tête de la ville, et il est temps.
Mme Thompson a rappelé que la question du genre constituait déjà un enjeu lors de ses campagnes dans les années 1990, et que plusieurs de ces freins persistent encore aujourd'hui.
Bien que les femmes représentent la moitié de la population de la ville, elles n'occupent actuellement que 37 % des sièges au conseil municipal.
Des barrières et un climat toxique pointés du doigt
Cette absence de candidatures féminines à la mairie ne surprend pas les observateurs de la scène politique.
Selon Kelly Saunders, professeure de sciences politiques à l'Université de Brandon, le climat hostile et les attaques personnelles jouent un rôle dissuasif majeur. Ce n'est pas que les femmes ne sont pas intéressées. C'est le fait qu'il existe des barrières structurelles et systémiques beaucoup plus larges qui rendent le parcours nettement plus difficile, soutient-elle.
Mme Saunders a également souligné que le harcèlement en ligne et les menaces envers les élues peuvent être particulièrement violents et teintés de sexisme. Elle rappelle qu'à l'échelle canadienne, les femmes n'occupent en moyenne qu'un tiers des sièges électifs, tous paliers de gouvernement confondus.
La conseillère sortante de Waverley West, Janice Lukes, a elle aussi reconnu l'exigence du milieu. La politique n'est pas pour les personnes craintives. Cela peut devenir très difficile, mais avec du dévouement et de l'engagement, on peut déplacer des montagnes, a-t-elle affirmé.
Une sous-représentation visible à l'échelle provinciale
La situation constatée à Winnipeg se reflète ailleurs au Manitoba. À Brandon, deuxième ville de la province, aucun profil féminin ne figure non plus sur le bulletin de vote pour la mairie, et une seule femme siège au conseil actuel composé de 11 membres.
La cofondatrice du collectif Her Seat at the Table, Tracy Baker, a affirmé que son organisme redouble d'efforts pour encourager l'engagement. Nous voulons littéralement notre place à la table. L'égalité des genres est essentielle, tout comme la diversité des idées apportées par l'ensemble de la collectivité,a-t-elle insisté.
Pour la présidente de l'Association des municipalités du Manitoba, Kathy Valentino, la mixité demeure indispensable au bon fonctionnement démocratique. Une municipalité est faite d'expériences et de perspectives diversifiées, et c'est ce qui en fait la richesse. Nous avons besoin que des gens de tous les horizons fassent un pas en avant, a-t-elle déclaré.
Mme Thompson a conclu en lançant un appel direct à la population pour appuyer les vocations émergentes avant l'échéance : Si vous connaissez une personne qui ferait une excellente candidate, encouragez-la. Winnipeg compte des femmes exceptionnelles, mais cela prend une communauté entière pour les soutenir.
Avec les informations de Lauren Scott, Information Radio, Radio Noon et Up to Speed


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