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Les gouvernements du Canada et du Nouveau-Brunswick ont tenté par divers moyens au cours de la dernière année de faire baisser le prix de l’essence, après la suppression de la taxe carbone. En vain ou presque, car le prix n'a cessé d’augmenter. En cause, il y a des facteurs internationaux sur lesquels Ottawa comme Fredericton ont bien peu de pouvoir.
La tentative la plus récente relève du gouvernement fédéral.
Ottawa a suspendu la taxe d’accise fédérale, du 20 avril jusqu'à la fête du Travail, le 7 septembre.
La décision doit permettre aux automobilistes d’économiser 10 ¢ le litre, au prix de 2,1 milliards de dollars en revenus pour le gouvernement fédéral.
De son côté, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a d’abord tenté de mettre fin à la majoration liée au carbone.

La majoration liée au carbone, dite aussi « ajusteur carbone », a été abolie en décembre 2025. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov
Ce dispositif, mis en place par le gouvernement de Blaine Higgs, permettait aux entreprises pétrolières de refiler les coûts du règlement fédéral sur les combustibles propres aux consommateurs.
Si le gouvernement de Susan Holt a réussi à y mettre fin, la Commission de l’énergie et des services publics du Nouveau-Brunswick a réalisé le même transfert par un autre moyen.
Effet nul donc, puisque Fredericton a modifié peu de temps après la manière dont le prix maximum de l’essence est déterminé par la commission. Le gouvernement provincial disait que cette mesure devait permettre des économies de 5 à 7 ¢ le litre.
Des économies?
La semaine dernière, les stations-service du Nouveau-Brunswick pouvaient facturer jusqu’à environ 1,83 $ le litre.
C’est plus qu’il y a un an jour pour jour. Le prix maximum s’établissait alors à environ 1,47 $.
C’est donc dire que, malgré des économies de 17 ¢, les Néo-Brunswickois déboursent 36 ¢ de plus le litre. Les efforts des gouvernements ont donc, au mieux, permis de réduire la taille de l’augmentation.
Des facteurs internationaux
Pour bien comprendre ce qui se produit, il faut s’intéresser à la manière dont est fixé le prix maximum pour l’essence.
C’est la Commission de l’énergie et des services publics qui se charge au Nouveau-Brunswick d’appliquer la formule.

Une audience sur l'électricité organisée par la Commission de l'énergie et des services publics du Nouveau-Brunswick. (Photo d'archives)
Photo : CBC
D’abord, elle doit fixer un prix de référence, un exercice qui se base sur le prix au port de New York.
Ce prix est révisé au moins une fois par semaine par la commission.
C'est ce calcul qu’a modifié le gouvernement Holt en espérant des économies de 5 à 7 ¢ le litre.
Ensuite s’ajoutent le coût du transport, les taxes et les marges de profit pour les stations-service et les fournisseurs d’essence.
La marge de profit des stations-service fait d'ailleurs l’objet d’une révision par la commission. Certaines d'entre elles estiment qu’il en va de leur survie.
Mais, ce qui a fait augmenter principalement le coût de l’essence au cours de la dernière année, ce n’est ni les marges de profit ni les taxes.
Plutôt, c’est le prix de référence, très sensible au rapport de l’offre et de la demande pour le pétrole dans le monde.
Par exemple, le conflit en Iran provoque le blocage du détroit d’Ormuz, par où transite un cinquième du pétrole dans le monde.
Dans sa déclaration du 14 avril pour annoncer la suspension de la taxe d’accise fédérale, le premier ministre du Canada, Mark Carney, y fait d’ailleurs allusion.
Les conflits mondiaux et les perturbations persistantes de l’approvisionnement au Moyen-Orient font grimper le prix du carburant partout dans le monde, peut-on lire dans un communiqué du cabinet du premier ministre.

Des navires à l’ancre dans le détroit d’Ormuz, au large de la ville portuaire de Khasab, sur la péninsule de Musandam, au nord d’Oman, le 17 mai 2026.
Photo : afp via getty images / -
Dans ce contexte, et alors que la guerre se poursuit, le gouvernement du Canada pourrait-il donc décider de prolonger la suspension de la taxe d’accise après le 7 septembre?
John Fragos, l'attaché de presse du ministre des Finances et du Revenu national, ne formule aucune réponse définitive à ce sujet.
Le gouvernement continuera de travailler avec les provinces afin de mettre en œuvre des mesures qui favorisent la croissance et la compétitivité, réduisent les coûts et s’attaquent aux facteurs qui les font augmenter, tout en répondant au contexte économique mondial difficile auquel le Canada, comme le reste du monde, est actuellement confronté, explique-t-il par écrit.


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