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Une ferme hydroponique construite dans une ancienne école primaire de Saint-Léolin, dans la Péninsule acadienne, est à vendre. Ce n'est pas que les affaires ne soient pas bonnes, bien au contraire. C'est plutôt la difficulté de trouver des employés qui force les propriétaires à mettre la clef sous la porte.
Après sept ans à faire pousser des laitues et des micropousses pour des épiceries et des restaurants en plus de confectionner des repas préparés, les propriétaires d’Enogrow sont épuisés par l’énorme charge de travail que leur demande leur entreprise.

Daniel Ratté a fondé cette entreprise en 2019, avec son épouse, Chantal Gagnon.
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
Écoute, à 67 ans, je travaille 70 heures par semaine, puis Chantal [Gagnon], des fois, elle fait jusqu'à 80. À un moment donné, ça devient trop, explique Daniel Ratté.
Malheureusement, le succès de cette entreprise avant-gardiste s’est transformé en un fardeau pour ses propriétaires. En raison d'un manque de main-d'oeuvre, il doivent constamment mettre les bouchées doubles.
De la laitue, des micropousses et des repas
Enogrow, construite dans une ancienne école, se spécialise dans l’agriculture hydroponique. Elle fait pousser 80 000 têtes de laitue par année et des micropousses afin de fournir des épiceries et des restaurants de la région. Elle confectionne aussi jusqu'à 400 plats préparés par semaine.

Dans les installations d'Enogrow, le soleil est remplacé par des rayons de lampes DEL.
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
Chaque mercredi, le couple charge sa voiture et livre en main propre les commandes à ses clients de la région.
David Friolet, propriétaire d'une épicerie à Shippagan, a déclaré qu'Enogrow lui avait fourni des produits frais de manière fiable pendant deux ans, malgré les perturbations de la chaîne d'approvisionnement et les aléas climatiques liés aux expéditions hors province.
Il n’y a pas une seule fois où Enogrow n’a pas été en mesure de nous soutenir, de nous fournir des produits, a-t-il assuré.
Victime de son succès
Mais ça fait longtemps qu'on est victimes de notre succès! Honnêtement, ça fait depuis qu'on est ouverts, estime Daniel Ratté.
Mais parce que ses propriétaires travaillent sans relâche et manquent de main-d’œuvre, Enogrow est en vente depuis deux ans. Des deux millions de dollars demandés au départ, le prix de vente a baissé à 860 000 dollars.

Deux employés d'Enogrow placent les laitues dans leur emballage avant l'expédition.
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
On a des acheteurs qui se présentent à gauche, à droite, mais la plupart n'ont pas nécessairement l'argent nécessaire, ou le montant est trop élevé, malgré qu'on a déjà baissé de beaucoup, dit-il.
Actuellement, six employés, dont le couple, assurent à bout de bras le fonctionnement de l’entreprise.
Ce n'est pas parce que ça marche pas. Au contraire! On a de la demande qu'on n'a pas été capable de remplir, poursuit Daniel Ratté.

Chantal Gagnon confectionne jusqu'à 400 plats préparés par semaine.
Photo : Radio-Canada / Réal Fradette
Les propriétaires affirment qu'ils peinent à trouver des employés fiables qui acceptent de travailler toute l’année.
Quand on engage quelqu'un, ça nous coûte entre 3000 et 4000 $. Je ne peux pas engager quelqu'un pour un mois qui ne connaît pas le domaine. On était obligés de prendre le relais, moi et ma femme.
Reste maintenant à trouver un acheteur qui assurera la continuité de ce succès.
Avec des informations d’Olivia Zhong, de CBC


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