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Life 14/04/2026 14:35
Loin de le perturber, les rêves garantiraient au contraire un sommeil réparateur, suggère une étude. Et plus ils sont intenses, plus vous avez de chance de vous réveiller reposé.

Pexels / Polina
Loin de perturber le sommeil, les rêves contribueraient au contraire à le rendre plus profond et réparateur.
Le soir, en posant la tête sur l’oreiller, on souhaite tous s’endormir immédiatement et surtout bénéficier d’un sommeil profond et ininterrompu, duquel on se réveillera le lendemain frais et dispos pour entamer une nouvelle journée. Mais cela présuppose-t-il d'avoir un sommeil paisible, sans activité cérébrale effrénée… Et donc dépourvu de rêves ?
Pas nécessairement, si l’on en croit une nouvelle étude publiée dans la revue PLOS Biology. Menée par des chercheurs italiens en neurosciences, elle démontre au contraire que les rêves, loin de perturber le sommeil, contribueraient au contraire à le rendre plus profond et réparateur.
Cette découverte va à rebours de ce que l’on pensait jusqu’alors : que le sommeil profond impliquait un cerveau au repos, ou du moins à l’activité ralentie. Quant aux rêves, ils ont toujours été associés au sommeil paradoxal, et donc reconnus comme reflétant des « éveils » partiels du cerveau. Pourtant, comme les chercheurs l’ont constaté, la phase de rêves intenses est souvent aussi celle où l’on dort le plus profondément.
Rêver rend le sommeil plus profond
Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont recruté 44 adultes en bonne santé, dont ils ont analysé au total 196 nuits passées en laboratoire, en enregistrant leur activité cérébrale par électroencéphalographie (EEG) haute densité. Durant l’expérience, les participants ont été réveillés plusieurs fois pendant la phase de sommeil paradoxal, également appelée phase de sommeil sans rêves. À chaque réveil, les chercheurs leur ont posé une série de questions visant à évaluer leur activité mentale juste avant le réveil, ainsi que la profondeur de leur sommeil : étaient-ils totalement endormis ou en état de somnolence ?
Les auteurs ont été surpris de découvrir qu’environ la moitié des participants affirmant ne pas rêver faisaient état d’un sommeil léger et superfiel, et étaient en réalité dans un état proche de la conscience, « que l’on pourrait décrire comme un sentiment de présence sans contenu spécifique », précise dans un communiqué Giulio Bernardi, professeur de neurosciences à l’IMT School et principal auteur de l’étude.
À l’inverse, les personnes rapportant avoir fait des rêves très vifs et immersifs sont aussi celles qui disent s’être senties profondément endormies et avoir bénéficié d’un sommeil réparateur. « Cela suggère que le rêve peut modifier la façon dont l’activité cérébrale est interprétée par le dormeur : plus le rêve est immersif, plus le sommeil paraît profond », résume Giulio Bernardi.
Des implications possibles pour les insomniaques
Pour les auteurs de l’étude, cette découverte laisse entrevoir le rôle que jouent les rêves dans notre santé globale : ils pourraient contribuer au maintien de la profondeur (et donc de la qualité) du sommeil en favorisant notre sentiment de déconnexion du monde extérieur. Et ce, même si lorsque nous rêvons, certaines zones de notre cerveau sont plus actives.
« Comprendre comment les rêves contribuent à la sensation de sommeil profond ouvre de nouvelles perspectives sur la santé du sommeil et le bien-être mental », se réjouit Giulio Bernardi. « Si les rêves aident à maintenir cette sensation de sommeil profond, des altérations dans leur déroulement pourraient expliquer en partie pourquoi certaines personnes ont l’impression de mal dormir même lorsque les indicateurs objectifs du sommeil sont normaux. » Cette découverte pourrait avoir donc des implications importantes pour les personnes souffrant d’insomnie ou de troubles du sommeil.


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