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L’ancien ministre était invité dans l’émission pour répondre aux questions de Tristan Waleckx sur ses relations avec le milliardaire. Un échange très tendu pour sa première prise de parole depuis sa démission de l’Institut du monde arabe.
Ce nouveau numéro de «Complément d’Enquête» était dédié aux victimes françaises et potentiels complices français du prédateur sexuel américain. Un épisode que n’a pas voulu regarder Jack Lang, pourtant invité sur le plateau de l’émission pour une interview exclusive. «Entendre répéter, répéter les mêmes stupidités, les mêmes erreurs, les mêmes mensonges... Ras-le-bol, ras-le-bol, ras-le-bol !», souffle-t-il. Le ton est donné.
La première partie de l’épisode est consacrée aux crimes commis par Jeffrey Epstein. L’occasion pour l’ex-ministre de la culture d’affirmer une nouvelle fois qu’il n’était pas au courant de ces atrocités. «C’est un personnage qui, partout dans le monde, était accueilli par tout le monde. Personne ne savait que derrière cette face aimable, il y avait un monstre», explique-t-il. Un monstre dont il estime qu’il n’est pas le seul à s’être fait manipuler, mettant également en cause Bill Clinton. «Le président Bill Clinton, que j’aime beaucoup par ailleurs, l’a reçu à la Maison Blanche plusieurs fois. Pourquoi est-ce que le petit Français que je suis aurait été mieux informé que le grand Clinton, entouré de services de renseignement ?», se défend-il.
Interrogé sur ses liens avec le financier, il refuse aussi de reconnaître toute relation amicale. «Ce n’était pas un ami, c’était une connaissance. Comment je l’ai connu ? Je l’ai connu grâce au cinéaste Woody Allen», raconte-t-il. Pourtant les messages échangés entre les deux hommes montrent le contraire. Dans des mails, mis en avant par les équipes de «Complément d’enquête», Jeffrey Epstein dit à sa fille, Caroline Lang : «Je me sens faire partie de la famille», il décrit aussi Jack Lang comme étant «un grand ami», de «très bons amis». Ce dernier, lui-même, écrit : «Votre amitié et votre extraordinaire générosité nous ont beaucoup touchés.» Enfin, un ami commun écrit à Jeffrey Epstein que «Jack a personnellement insisté pour que tu viennes à son anniversaire, c’est réservé à son cercle d’amis proches, et ça compte beaucoup pour lui.»
Jack Lang se raidit et dément. Le criminel n’aurait pas participé à cet anniversaire. «Je ne l’ai pas invité à la maison. Il venait à Paris, selon moi, une ou deux fois par an. Qu’est-ce qui l’intéressait, croyais-je ? C’était que je l’aide à visiter des expositions, il aimait les arts», se justifie-t-il, expliquant également signer beaucoup de lettres par le terme «amitiés», une simple formule de politesse d’après lui. «Je suis quelqu’un de chaleureux. Je réponds aux lettres. Souvent, je mets un mot amical. Vous pourriez trouver des milliers de lettres ou de mails de moi qui se termineraient par «chaleureusement» ou «amitiés»», affirme-t-il.
«Complément d’enquête» a aussi diffusé des images de la décoration douteuse de la résidence de Jeffrey Epstein, dans laquelle des photos de femmes et de filles nues étaient accrochées aux murs. Invité à déjeuner une fois dans cet appartement, Jack Lang s’agace : «Pourquoi doutez-vous de ma parole ? J’ai été invité une fois dans sa salle à manger, qui était simple, triste. Je n’ai vu aucune décoration, je ne sais pas pourquoi vous insistez sur des choses aussi mineures», grogne-t-il.
Je ne suis pas co-auteur des crimes de ce type
Jack LangLe ton monte alors que Tristan Waleckx et Jack Lang n’en finissent plus de se couper la parole. «En quoi j’assumerais cette affaire ? Elle n’est pas la mienne. Je ne suis pas co-auteur des crimes de ce type», s’énerve l’homme politique. Et quand on évoque une probable rencontre entre le financier et Dominique Strauss-Kahn, rendue possible grâce à Jack Lang, il s’insurge. «Ça suffit ! Je n’ai jamais été un intermédiaire monsieur. Ni commercial, ni politique, ni rien du tout».
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En fin d’entretien, le sujet de sa démission de l’Institut du monde arabe est posé sur la table. «Je ne voulais pas qu’en raison de cette campagne de calomnies, l’Institut puisse être terni», révèle-t-il, démentant tout aveu de culpabilité. Il lui en faut apparemment plus pour être déstabilisé, lui qui a déjà défendu Roman Polanski et Gérard Depardieu, accusés d’agressions sexuelles. «Vous êtes d’une incroyable ignorance ! Dans ma vie j’ai soutenu des milliers de personnes. Par ailleurs, ça aggravera mon cas. Oui; Polanski est un grand cinéaste, oui Gérard Depardieu a été un grand acteur. Ça n’excuse pas pour autant les délits qu’ils auraient pu commettre. pour autant, je ne suis pas pour la mise au pilori». Bien qu’il nie toute implication dans l’affaire Jeffrey Epstein, les documents rendus publics par la justice américaine mentionnent son nom à 673 reprises dans des échanges avec le pédocriminel.


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