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Lors de la précédente législature, la guerre en Ukraine avait poussé la Vivaldi a activé son "plan B" et donc à prolonger la durée d'exploitation de Doel 4 et Tihange 3. Le "plan A" était que la Belgique tourne définitivement la page de l'énergie nucléaire en 2025.
Mais, en dépit du revirement du gouvernement De Croo, Engie souhaitait tout de même fermer ses sept réacteurs nucléaires.
Pour convaincre le groupe français d'opérer un virage à 180 degrés, la Vivaldi avait dû faire de lourdes concessions. Ainsi, Engie a pu transférer la responsabilité des déchets nucléaires à l'État belge, moyennant le paiement d'un chèque de 16 milliards d'euros.
En outre, Engie a obtenu un rendement garanti sur l'argent investi dans la modernisation de Doel 4 et Tihange 3. Jusqu'à présent, un coût de 1,6 à 2 milliards d'euros a été évoqué pour la prolongation des deux réacteurs.
Prolongation de Doel 4 et Tihange 3 : Mathieu Bihet voudrait renégocier avec EngieCe rendement garanti doit être obtenu grâce à un prix de vente garanti de l'électricité produite par Doel 4 et Tihange 3. Ainsi, si les prix du marché sont inférieurs au prix garanti, l'État comble la différence. Et, si les prix sont supérieurs à ce qui est requis, c'est l'État qui reçoit de l'argent.
Notons qu'Engie n'est pas le seul actionnaire de Doel 4 et Tihange 3. En effet, Be-Nuc, une structure détenue à 50 % par l'État belge et à 50 % par Engie, détient 89,8 % des deux réacteurs prolongés. Le reste du capital, soit 10,2 %, est détenu par Luminus.
Le système de prix garanti de l'électricité (ou "strike price", dans le jargon) est actif depuis la prolongation de Doel 4 et Tihange 3, à l'automne 2025. Des paiements ont donc déjà été effectués depuis lors, pour mettre en œuvre le mécanisme.
Notons que le système donne lieu à des paiements entre l'État belge, d'un côté, et les sociétés Be-Nuc et Luminus, d'un autre côté. Ce n'est donc jamais Engie qui touche l'argent directement, même si l'entreprise détient 50 % de Be-Nuc.
Dans quel sens sont allés les paiements ? Selon des chiffres fournis par le SPF Economie, entre la relance des réacteurs à l'automne 2025 et la fin mars 2026, l'État belge a payé davantage que ce qu'il n'a reçu.
En effet, l'État a payé 52,2 millions d'euros à Be-Nuc et 5,8 millions d'euros à Luminus.
En revanche, quand les prix de l'électricité étaient plus élevés, c'est l'État belge qui a reçu 27,7 millions de Be-Nuc et 3,1 millions de Luminus.
Désaccord
Par ailleurs, Engie aurait souhaité que Be-Nuc reçoive davantage d'argent que les montants précités. En effet, il y a un désaccord entre le gouvernement et Engie sur le montant du prix garanti de l'électricité. Pour le moment, le "strike price" a été fixé temporairement à environ 90 euros par MWh. Mais Engie estime que le montant devrait être supérieur.
François Desquesnes interdit à Engie de détruire les tours de refroidissement de Tihange 1 et 2Le gouvernement, de son côté, soupçonne Engie de vouloir faire passer dans le "strike price" des coûts qui n'ont rien à voir avec la prolongation de Doel 4 et Tihange 3.
Ce litige a, pour le moment, été mis de côté. En effet, l'Arizona et Engie négocient une nationalisation du parc nucléaire belge. Dans l'intervalle, le litige est donc mis au frigo.
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