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Jordan Bardella ou Marine Le Pen en 2027, comment leurs adversaires guettent le tournant du 7 juillet

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Date couperet pour le Rassemblement national, la décision de la Cour d’appel de Paris pourrait aussi donner un nouveau virage à la campagne présidentielle de chacun.

Marine Le Pen et Jordan Bardella photographiés à Nice au mois d’octobre (illustration)

VALERY HACHE / AFP

Marine Le Pen et Jordan Bardella photographiés à Nice au mois d’octobre (illustration)

Et si 2027 démarrait vraiment le 7 juillet ? Ce jour-là, c’est toute la classe politique qui scrutera avec attention la décision de la Cour d’appel de Paris dans le cadre de l’affaire des assistants parlementaires du Front national. De ce moment judiciaire décisif dépendra le nom du candidat du Rassemblement national pour la prochaine présidentielle, qui pourrait demander à ses concurrents d’ajuster leur stratégie.

Pourtant, que Marine Le Pen soit présidentiable ou qu’elle soit empêchée et remplacée par Jordan Bardella, ses adversaires préfèrent éviter de donner trop d’importance au moment. « Le 7 juillet, ce n’est pas une date fatidique pour nous, sinon, ce serait un aveu de faiblesse. Mais par contre ça fait partie du sujet, » assure par exemple le député LR Julien Dive au HuffPost.

La France insoumise minimise aussi les répercussions de la décision judiciaire : « Nous ne combattons pas les personnes, nous combattons les idées, expliquait la députée Clémence Guetté sur le plateau de l’émission Dimanche en politique le 28 juin sur France 3. Je pense que ça ne reconfigure pas de façon majeure ce qui va se passer dans cette élection présidentielle, l’extrême droite est très haute et de toute façon nous avons idéologiquement à contrecarrer tout ce qu’elle propose ».

La grande « clarification » idéologique

Sauf que le choix du champion du parti d’extrême droite aura une incidence sur la forme, bien sûr, mais également sur le fond de sa campagne présidentielle. Obligés ces dernières semaines de se contredire voire de rétropédaler sur certains sujets, tels que la réforme des retraites, les cadres du RN semblent embourbés dans un sur-place programmatique.

« Le 7 juillet sera un moment de clarification sur le fond, car plusieurs lignes sont possibles et on ne sait rien pour le moment, explique ainsi l’eurodéputée Horizons Nathalie Loiseau au HuffPost. « Ils changent tout le temps d’avis sur les plateaux télé en fonction des semaines et des personnes, abonde Prisca Thévenot, députée Renaissance et soutien de Gabriel Attal. Nous, ce qui nous importera, c’est de connaître la ligne du RN. »

Quand on lui demande si elle a un adversaire préféré, Prisca Thévenot éclate de rire : « Vous avez vraiment mis les mots “préféré” et “Rassemblement national” dans la même phrase ? » Difficile cependant de nier que la campagne ne sera pas la même, qu’elle soit menée par Marine Le Pen ou Jordan Bardella. C’est le moins qu’on puisse dire, tant les deux présidentiables ont montré leurs divergences ces dernières semaines, mais aussi compte tenu de l’expérience de l’un et de l’autre, et de l’image qu’ils renvoient.

Un candidat moins pris au sérieux ?

Et ça forcément, ça joue. Si la droite sera plus à même d’attaquer le programme économique de Marine Le Pen jugé « plus à gauche » que celui de Jordan Bardella, la gauche n’hésitera pas à attaquer « Jordan de Monaco » et ses bourdes de précampagne. « La Formule 1 je pense que c’est une connerie qui peut lui coûter cher, » juge-t-on au parti socialiste auprès du HuffPost. Pour Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, il est « le visage du bling-bling, du rapprochement avec le milieu des affaires et du grand patronat. Et c’est sûrement plus facile à attraper. »

Car les deux candidats ne bénéficient pas toujours de la même considération. « Jordan Bardella est une coquille vide, qui ne réfléchit pas et récite, assène une députée écologiste auprès du HuffPost. Je ne dirais pas ça de Marine Le Pen, qui a beaucoup plus de fond. » Prudence, avertit Nathalie Loiseau : « Je me garderais de les sous-estimer, l’un comme l’autre. Ceux qui ne le prennent pas au sérieux sont ceux qui ne regardent pas les sondages. » Quel que soit le candidat désigné, la campagne sera âpre. Et ça, personne ne le minimise.

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