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Visite d’un centre censé régler la crise des drogues toxiques, selon Doug Ford

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Des affiches sont collées sur les portes des toilettes et aux entrées du Regent Park Community Health Centre (RPCHC), au centre-ville de Toronto, pour prévenir les clients par rapport à une récente hausse de surdoses et les inciter à vérifier leur approvisionnement en drogue.

Pour Phoenix Babiak, qui travaille à l’établissement de santé, la situation est profondément ironique. C'est un service que nous offrions auparavant sur place, explique-t-elle. Nous ne pouvons plus le faire.

Il y a un peu plus d’un an, le gouvernement Ford a commencé à fermer des centres de consommation supervisée à travers la province, comme celui du RPCHC, afin de les convertir en carrefours d’aide aux sans-abri et de lutte contre les dépendances (carrefours AIDE), qui fournit un nouveau modèle de soins.

Ces centres sont présentés comme un modèle axé sur l'abstinence, offrant des services de traitement et de rétablissement. Ils ne permettent pas, cependant, de vérifier les drogues, d'échanger des seringues ou de s'injecter des drogues, ce qu’autorisait auparavant le centre de santé communautaire.

Une enseigne en papier avec les mots « HART Hub Space » sur une porte givrée.

Le carrefour d’aide aux sans-abri et de lutte contre les dépendances est au premier étage du centre communautaire.

Photo : Radio-Canada / Haydn Watters

Depuis ce changement, de nombreux clients que Mme Babiak voyait lorsque le centre était un site de consommation supervisée ne s'y rendent plus. Elle explique que ceux qui se présentent pour ces services sont orientés vers des sites de consommation supervisée voisins, comme ceux exploités par les organismes Fred Victor et le South Riverdale Community Health Centre.

La province a toutefois annoncé dernièrement qu’elle cesserait de financer ces deux établissements, ce qui pourrait mener à leur fermeture.

Je m’inquiète par rapport à tant de gens chaque jour. Je n’arrive pas à dormir, témoigne Phoenix Babiak. Nous ne pouvons répondre à leurs besoins immédiats et ils sont repoussés. Ils se sentent abandonnés par le système et par tous ces changements.

Les morts n’ont pas besoin de traitement

La salle où les clients pouvaient autrefois s’injecter des drogues a été rénovée et a été meublée à l’aide d’une table de conférence et des chaises. Des rencontres de programmes de rétablissement y sont organisées.

Les clients peuvent avoir accès à des gestionnaires de cas, à des intervenants de crise, à des conseillers en dépendance et à des soins primaires, entre autres. Plusieurs de ces ressources existaient avant la création du carrefour AIDE, mais leur capacité a augmenté depuis l’entrée en vigueur du nouveau système.

Mme Babiak affirme qu'une grande partie du travail qu'elle effectue actuellement au carrefour AIDE est similaire à celui qu'elle effectuait lorsque le centre de consommation supervisé était ouvert. Elle estime que le travail du RPCHC serait beaucoup plus efficace si le centre de consommation supervisé existait toujours.

Elle pose pour une photo dans un bureau.

Nicola Holness, la directrice de la santé mentale intégrée au centre.

Photo : Radio-Canada / Haydn Watters

La réduction des méfaits fait partie intégrante du processus de rétablissement. Elle en est indissociable , a-t-elle déclaré. Les morts n'ont pas besoin de logement. Les morts n'ont pas besoin de traitement. Les morts n'ont pas besoin d'accompagnement social.

Nicola Holness, la directrice de la santé mentale intégrée au centre, admet que la transformation de l’établissement en carrefour AIDE a été pénible pour son personnel. Elle explique que plusieurs employés ont commencé à travailler quand le centre de consommation supervisé était toujours ouvert.

Je pense que les carrefours AIDE représentent un investissement nécessaire , dit-elle. J’aurais toutefois aimé avoir l’occasion de faire ce travail en même temps que celui du centre de consommation supervisée, au lieu de faire l’un ou l’autre.

Beaucoup de gens subissent des surdoses

À l’entrée du centre, Elizabeth Ann Murphy occupe un coin de la salle d’entente, passant à travers ses sacs et sa valise remplis de linge. Elle doit faire sa lessive. Tout le monde la connaît par son surnom, Mumsie.

Je suis ici depuis 38 ans et donc, quand vous atteignez un certain âge — j’ai maintenant 70 ans —, vous recevez votre diplôme de la rue et on vous appelle "Mumsie", raconte-t-elle.

Elle pose pour une photo avec des lunettes fumées dans une salle d'attente.

Elizabeth Ann Murphy est aussi connue sous le nom « Mumsie ».

Photo : Radio-Canada / Haydn Watters

Elle est sobre depuis maintenant huit mois et attribue son succès au centre de santé.

J’ai connu des difficultés pendant longtemps. J’ai cessé de consommer puis recommencé car j’ai été dépendante au crack pendant 38 ans, dit-elle. J’ai perdu mes enfants, mon esprit et je me suis perdu pendant 38 ans.

Mme Murphy n’avait pas le droit de se servir du centre de consommation supervisée car ce dernier n’autorisait que l’injection de drogues, mais ne permettait pas de fumer. Mais elle a utilisé d’autres services au centre et était une régulière dans la communauté, donc elle a constaté les changements.

Depuis que le centre de consommation supervisé a fermé, beaucoup de gens subissent des surdoses. J’ai enterré quelqu’un mardi , confie-t-elle. C’est un trou si noir, froid et profond.

Avec les informations de Haydn Watters de CBC News

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