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Doit-on avoir le droit de vieillir dans la langue officielle de son choix au Nouveau-Brunswick? Si oui, comment doit-on s’y prendre? Ces questions ont été au cœur des consultations en vue de la révision de la Loi sur les langues officielles, jeudi à l’Assemblée législative.
L’Association francophone des aînées et aînés du N.-B. (AFANB) a comparu devant le Comité permanent des langues officielles, composé de députés provinciaux du Parti progressiste-conservateur, du Parti libéral et du Parti vert.
La présidente de l’AFANB, Norma Dubé, a demandé que les foyers de soins soient assujettis à la LLO. Les 79 établissements de ce genre – qui sont privés, parfois gérés par des organismes à but non lucratif – hébergent plus de 5000 personnes de 65 ans et plus qui ont besoin de soins continus.

Norma Dubé, présidente de l'Association francophone des aînées et aînés du Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue
Que je sois anglophone ou francophone, il faut que je puisse recevoir des services dans ma langue, que je puisse me faire comprendre, que je comprenne mon pourvoyeur de services. ll faut que l’on donne une certaine dignité à ces personnes qui sont là, probablement pour la dernière période de leur vie, a dit cette haute fonctionnaire provinciale retraitée.
Norma Dubé a ajouté que l’AFANB veut aussi que les foyers de soins spéciaux soient explicitement mentionnés dans la LLO. On parle là de 424 établissements, habituellement de plus petite taille, où sont hébergés des milliers d’adultes et d’aînés qui n’ont pas besoin de soins infirmiers continus.
On sait que c’est le secteur privé. Mais la majorité des résidents dans ces foyers de soins spéciaux là sont subventionnés par la plèarovince, donc la province a un droit de regard. La province a une certaine imputabilité vis-à-vis ces gens vulnérables, a-t-elle ajouté.
De plus, l’AFANB souhaite que la LLO garantisse aux aînés de la province le droit d’obtenir des soins à domicile dans la langue officielle de leur choix.
L’organisme ne demande toutefois pas que tous les établissements de soins de longue durée soient désignés bilingues et que tous les travailleurs qui interagissent avec les aînés parlent obligatoirement l’anglais et le français.

Marcel Larocque, directeur général, et Norma Dubé, présidente de l'Association francophone des aînées et aînés du Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue
L’AFANB – comme la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick d’ailleurs – propose que la LLO garantisse un accès aux soins dans les deux langues dans chaque région de la province en s’assurant qu’un nombre suffisant de foyers peuvent répondre à la demande.
Norma Dubé tient à ce que le secteur soit mentionné dans la LLO et que le gouvernement ne se contente pas d’adopter des stratégies ou des politiques.
Sans le poids qui vient avec la Loi, on n’avancera jamais [...] S’il n’y a pas cette pression-là, on va être ici dans cinq ans et on va dire "ben, on n’a pas fait énormément de progrès".
Faisons ceci de façon raisonnable et de façon soutenable
Des représentants de l’Association des foyers de soins du Nouveau-Brunswick (AFSNB) ont aussi comparu devant le Comité permanent des langues officielles, jeudi à l’Assemblée législative.
Le directeur général de l’organisme, l’ancien député libéral provincial Richard Losier, a dit qu’il est favorable à ce que le droit d’obtenir des services dans les deux langues soit reconnu. Mais il a répété plusieurs fois que cela ne peut pas être fait n’importe comment.
Il faut bouger sur le dossier, ça ne fait aucun doute. Mais faisons ceci de façon raisonnable et de façon soutenable [...] Il faut arriver avec une approche qui est réalisable, a-t-il dit.

Richard Losier, directeur général de l'Association des foyers de soins du Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue
Richard Losier a reconnu que personne – ni la SANB, ni l’AFANB – ne demande que tous les établissements de soins de longue durée de la province soient tenus d’offrir des services dans les deux langues officielles.
Il croit que la désignation de foyers bilingues dans chaque région serait une approche soutenable. Mais il faut selon lui, éviter à tout prix d’adopter des changements brusques et englobants qui risqueraient de créer des problèmes majeurs dans ce secteur déjà durement éprouvé par la pénurie de travailleurs.
Nous favorisons que chaque résident ait le droit d’être servi dans sa langue, d'être soigné dans sa langue à travers la province. Là où je suis un peu hésitant, c’est comment on veut s’y prendre [...] Je pense qu’il faut être précis pour avoir du succès, a affirmé Richard Losier.
Richard Losier a d’ailleurs rapporté qu’un nouveau groupe de travail sur les droits linguistiques dans les établissements de soins de longue durée – qu’il copréside en compagnie d’un haut fonctionnaire du ministère du Développement social – a tenu deux rencontres jusqu’à maintenant.
D’autres intervenants, dont des groupes tels que l’AFANB, seront invités à y participer prochainement, selon lui. Richard Losier souhaite que cette nouvelle entité propose une approche sur mesure pour le secteur et que cette approche soit prise en compte lors de la révision de la LLO.


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