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Une vingtaine de personnes se sont réunies samedi dans les locaux de l’Accueil francophone, dans le quartier de Saint-Boniface, pour participer à un atelier consacré à la vérité et à la réconciliation. L’objectif, sensibiliser les immigrants francophones à cet enjeu incontournable de l’histoire et de la société manitobaine.
Avant d'entamer les discussions, les participants ont pris part à une cérémonie de purification. Au centre de la pièce, quelques couvertures disposées sur le sol annonçaient l'exercice central de la rencontre.
L'événement était organisé par l’Amicale de la francophonie multiculturelle du Manitoba (AFMM) en partenariat avec le Conseil jeunesse provincial (CJP). Selon le président de l’AFMM, Alphonse Lawson, une telle démarche vise à bâtir une francophonie multiculturelle solidaire.
Nous voulions offrir cette occasion aux immigrants d'expression française afin qu'ils puissent s'immerger dans la culture des Premières Nations et prendre part au processus de vérité, de réconciliation et de justice , explique-t-il.
Pour M. Lawson, réussir son intégration dans son pays d'adoption exige de comprendre son histoire, ses réalités et ses institutions. Bien que la salle fût composée en majorité d'adultes, il juge essentiel de transmettre cette mémoire aux jeunes générations.
Un atelier intimiste
Découpée en trois temps, la rencontre proposait d'abord une cérémonie de purification, suivie de l'exercice des couvertures, pour se conclure par un cercle de partage et de réflexion.
L'activité s'est déroulée à huis clos, réservée exclusivement aux participants afin de favoriser un espace d'écoute.
Résidente de Winnipeg, Carine Coréa avait déjà vécu une cérémonie de purification dans un cadre scolaire. C’est aussi dense qu’intense, confie-t-elle.
Ce matin, quand j'ai revu la même histoire, les larmes me sont venues. Cela m'a rappelé le passé et j'ai appris beaucoup de choses. Comme je travaille dans l'enseignement, je pourrai partager cela avec mes élèves.

Carine Coréa, participante à l'atelier vérité et réconciliation, indique avoir vécu la cérémonie de purification avec intensité.
Photo : Radio-Canada / Rachid Nahli
Originaire du Bénin, Mme Coréa établit des parallèles entre son propre héritage et le parcours des peuples autochtones : Cela me rappelle l'histoire africaine, la traite négrière et l'esclavage, lorsque nos ancêtres ont été déportés.
Émue aux larmes, elle souligne avoir été profondément touchée par le témoignage partagé lors du cercle de discussion. L’intervenant nous a raconté qu’il a passé toute sa vie en famille d'accueil après avoir été retiré à la sienne. Cela m'a donné la chair de poule, relate-t-elle.

Gracias Noukpoakou souligne qu'elle était très ravie de participer à cet atelier.
Photo : Radio-Canada / Rachid Nahli
Déconstruire les préjugés
Pour sa part, l’auxiliaire d'enseignement Gracias Noukpoakou s’est réjouie de vivre une expérience qui bouscule les perceptions.
Elle confie qu’à son arrivée au pays, des préjugés défavorables lui avaient été transmis au sujet des Autochtones, incitant à la méfiance. Après ce que j'ai entendu ce matin, cela m'incite au contraire à aller vers eux et à tisser des liens, confie-t-elle.
Elle insiste elle aussi sur les blessures communes partagées par les communautés noires et autochtones, notamment le traumatisme du déracinement : Les Noirs déportés ont énormément souffert. Il faut rappeler tout cela ici.
Mme Noukpoakou invite d'ailleurs les pouvoirs publics à multiplier ce type d'ateliers pour faire progresser la réconciliation. Il y a un aspect qui fait particulièrement mal, c'est le fait d'arracher des enfants à leur famille. Pour une mère, se retrouver séparée de ses enfants est une douleur immense, conclut-elle.


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