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Uber s’oppose farouchement à la proposition du conseil municipal d’Halifax de soumettre ses chauffeurs aux mêmes normes de vérification que les chauffeurs de taxi et de limousine. Les deux parties discuteront de ces modifications réglementaires lors d’une prochaine réunion, dans deux semaines.
Dans la capitale de la Nouvelle-Écosse, les chauffeurs de taxi et de limousine doivent se soumettre à une vérification de leur casier judiciaire, à une recherche dans le registre des cas d'abus d'enfants, ainsi qu'à une vérification policière spécifique pour ceux qui sont appelés à travailler auprès des personnes vulnérables.
Les chauffeurs de plateformes comme Uber ou Lyft sont soumis aux mêmes vérifications, à la seule différence qu’ils soumettent les résultats à leur employeur et non à la Municipalité.
Le mois dernier, des membres du personnel municipal ont recommandé un amendement au règlement qui exigerait que les données de tous les chauffeurs soient centralisées au même endroit.
Uber a déclaré que ces changements entraîneraient une hausse des tarifs, une bureaucratie excessive, des frais supplémentaires pour les chauffeurs et aucune amélioration de la sécurité des passagers.
L'utilité des changements remise en question
D’après le professeur à l'Institut national de la recherche scientifique du Québec, Mircea Vultur, la compagnie privée n'a aucune légitimité à prendre part aux décisions dans le cadre de ces débats d'ordre public. Il faut discuter, à mon avis, plutôt des effets sur les chauffeurs, sur les clients et évidemment la Municipalité régionale d’Halifax, a-t-il suggéré.
De son côté, le directeur adjoint de l'Agence pour le choix du consommateur, Yaël Ossowski, reste sceptique quant à l'efficacité de ces modifications pour la sécurité des clients d'Uber. Toutes ses compagnies-là sont responsables [...] de leurs chauffeurs. Si jamais il se passe quelque chose, ce sont elles les responsables. Donc, c’est dans leur intérêt de renforcer les règles, de suivre toutes les lois, a-t-il déclaré.
Le maire en sens inverse
Le maire Andy Fillmore a déclaré mardi qu'il s'opposait aux changements recommandés, affirmant qu'ils ajouteraient de la lourdeur administrative pour les chauffeurs et la Municipalité, tout en augmentant les coûts pour les usagers et les chauffeurs.

Le maire d'Halifax a rappelé qu'il est toujours possible de consulter les données des chauffeurs Uber en formulant une demande auprès de la compagnie. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Darren Calabrese/La Presse Canadienne
Le bureau canadien d'Uber a déclaré que ses chauffeurs détiennent déjà des permis via la plateforme de l'entreprise et que les changements proposés par la Municipalité créeraient des formations redondantes ainsi que des frais supplémentaires de 135 $.
L'entreprise a précisé qu'une fois les exigences initiales remplies, les chauffeurs d'Uber devront payer 100 $ additionnels tous les deux ans.
Dans une brève déclaration mardi, la porte-parole d'Uber Canada, Keerthana Rang, a exprimé sa gratitude au maire qui a repoussé les débats de deux semaines afin que les parties préparent mieux leurs arguments.
Nous sommes impatients de collaborer avec la ville sur les prochaines étapes, a-t-elle écrit.
Un modèle peu populaire au pays
Au Canada, seules quatre villes, soit Calgary et Red Deer en Alberta, et Regina et Saskatoon en Saskatchewan partagent un modèle similaire à celui proposé pour Halifax.
Andy Fillmore suggère plutôt qu'Uber et les autres entreprises concluent un accord de partage de données avec la Municipalité qui exigerait des mises à jour régulières des informations sur les chauffeurs.
Des messages de protestation
Vendredi dernier, Uber Canada a appelé tous ses chauffeurs de la région d'Halifax à envoyer des messages de protestation aux membres du conseil. Le conseiller Sam Austin a déclaré à La Presse canadienne avoir reçu entre 100 et 200 courriels de chauffeurs le week-end dernier.
Le conseil d'Halifax devrait discuter de ces modifications règlementaires le 27 janvier prochain.
Avec des informations de La Presse canadienne


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