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À quelques semaines des élections provinciales, et en pleines célébrations du mois des Fiertés à travers la province, la violence en ligne inquiète et pousse certains candidats issus de la diversité sexuelle et de genre à tirer la sonnette d’alarme face à une avalanche de messages haineux les ciblant particulièrement pour leur orientation sexuelle ou leur identité de genre.
Québec solidaire (QS) assure faire face en ce moment à une vague de haine en ligne d’une ampleur «exceptionnelle» et «inquiétante» ciblant ses candidats LGBTQ+.
«On est inquiet et je pense qu’il va falloir que tous les candidats et chefs de parti fassent attention à leur discours», explique en entrevue à La Presse Canadienne la présidente de QS et candidate dans la circonscription de Sainte-Marie–Saint-Jacques, Roxane Milot.
Mme Milot, qui s’identifie comme bisexuelle, estime que cette violence en ligne ciblant les candidats marginalisés empêche certaines personnes issues de la diversité de se lancer en politique.
«Il y a un lien direct. On a vu que (pour) beaucoup de personnes de la diversité, qu’elles soient queers, des femmes ou encore racisées, ça a été plus difficile de les convaincre (de présenter leur candidature), raconte-t-elle. On est très proche des organismes (2ELGBTQI+) et ils nous disent que la situation empire de jour en jour au Québec, c’est très alarmant.»
Mme Milot raconte avoir été la cible, encore une semaine auparavant, de messages haineux et de «trolls» sur les réseaux sociaux.
Son parti a lui-même fait les manchettes récemment, avec le retrait d’une de ses candidates, Vanessa Durand, qui avait proféré des propos haineux en ligne à l’égard des partisans du Parti québécois (PQ) issus des communautés 2ELGBTQI+. Sa publication a ensuite été supprimée. Mme Durand a présenté ses excuses et a mis un terme à sa candidature peu de temps après.
L’ancienne candidate solidaire n’a pas répondu aux demandes de commentaires de La Presse canadienne.
Des menaces inquiétantes
Entré en politique en janvier 2026 sous la bannière péquiste, Philippe Schnobb explique recevoir régulièrement des messages haineux à caractère homophobe, dont certains ont pris récemment la forme de menaces plus inquiétantes.
«Depuis le début de mon engagement en politique, je reçois souvent des propos homophobes, raconte le péquiste Philippe Schnobb, lui aussi candidat dans la circonscription de Sainte-Marie–Saint-Jacques et issu de la diversité sexuelle et de genre. Quand j’étais président de la STM, journaliste ou simple citoyen, je ne recevais pas ce type de commentaire. Ce n’est pas agréable, surtout quand ça tourne aux menaces.»
«Les tapettes on n’en veut pas sur cette planète, si tu viens chez nous, un 2x4 t’attend que je vais te mettre dans ton trou de cul», peut-on lire comme commentaire dans une publication sur les réseaux sociaux du candidat péquiste.
L’individu derrière ce commentaire ciblerait régulièrement le candidat avec des propos «intolérables qui sont ni plus ni moins que des menaces». M. Schnobb indique ne pas vouloir, pour le moment, poursuivre en justice cet individu.
«On est encore au mois de juillet, alors baissons le ton, parce qu’on a encore plusieurs semaines à faire avant les élections, surtout sur des sujets qui sont très personnels et très sensibles», dit le candidat péquiste.
Un problème «pour tous les partis»
Questionné en mêlée de presse lors de la convention du Parti libéral du Québec (PLQ), en février dernier, à savoir si les Québécois étaient prêts à élire un premier ministre homosexuel, Charles Milliard, alors fraîchement élu chef des libéraux, a répondu: «On verra bien, chaque Québécois a le droit de vote, la politique c’est faire les choses publiques et je n’avais pas l’intention de me cacher par rapport à qui je suis pour les Québécois.»
Quelques mois plus tard, il dénonçait, à l’occasion de la journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, les propos homophobes dont il est la cible.
«Le chef est gai et ça paraît», «Hein un homo j’ai tu bien lu?» «Milliard est gai et le Qc n’est pas prêt pour un pm homo», pouvait-on lire sous une publication sur ses réseaux sociaux.
Le conseiller principal, contenu et communications au PLQ, Philip Laflamme, confirme que les commentaires homophobes et transphobes contre les candidats du parti persistent.
«C’est un problème auquel font face tous les principaux partis au Québec, dit-il. Même des candidats qui ne sont pas nécessairement issus de la diversité sexuelle et de genre peuvent recevoir des insultes à caractère homophobe et transphobe, des fois juste parce qu’on est membre du parti et que le chef est gai.»
Selon lui, ce climat doit être dénoncé par tous les partis.
Le directeur des communications de la première ministre et cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, indique qu’une «veille serrée» des réseaux sociaux des candidats est assurée, et qu’il «déplore bien sûr ce genre d’attaque».
Contactée par téléphone, l’équipe du chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, qui est lui aussi ouvertement gai, affirme recevoir de la haine en ligne, mais ne pas vouloir lui donner d’importance.
Assurer un soutien aux candidats
Certains partis confient avoir dû s’adapter au fil des dernières années face à une violence en ligne à l’égard des candidats qui n’a fait que croître.
La présidente de QS explique que des groupes de soutien et un service d’assistance à distance ont été mis en place au sein du parti dans les dernières années pour soutenir les candidats qui en expriment le besoin.
Une structure aurait également été mise en place au sein du PLQ pour apporter le soutien nécessaire aux candidats. Des formations leur seraient aussi proposées pour apprendre à gérer des situations violentes.


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