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Vague de consternation après la mort de Bronson Paul, tué par la police

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Une vague de consternation se fait entendre au Nouveau-Brunswick après la mort de Bronson Paul, membre de la Première Nation de Neqotkuk. L’homme a été tué par un tir d’un agent de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), dimanche.

Ils y avaient été appelés pour intervenir au sujet d’une dispute familiale, mais l’intervention policière s’est terminée par la mort de Bronson Paul.

Selon les premiers éléments de l'enquête menée par la SiRT, la police des polices, la situation se serait dégradée. Bronson Paul, tenant une arme tranchante, se serait avancé vers les policiers.

Le panneau d'entrée de la Première Nation Neqotkuk.

La Première Nation de Neqotkuk est aussi connue sous le nom de Tobique.

Photo : CBC

La police affirme qu'une arme à impulsion électrique a été utilisée sans succès et qu'un agent a fait usage de son arme à feu contre l'homme. La victime a été transportée à l'hôpital où il est décédé.

Quatre autochtones tués des mains de la police depuis 2020 au N.-B.

Les six chefs wolastoqey du Nouveau-Brunswick rappellent que, depuis 2020, la police a utilisé la force létale à six reprises au Nouveau-Brunswick. Dans quatre cas, les personnes tuées étaient autochtones.

Elles se nommaient Chantel Moore, Rodney Levi, Steven “Iggy” Dedam et Bronson Paul.

Ross Perley.

Ross Perley est le chef de la communauté wolastoqey de Neqotkuk, au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Mike Heenan

 Tout le monde doit reconnaître qu’il s’agit d’un problème profondément enraciné et l’appeler par son nom : le racisme systémique mène à un nombre disproportionné et inutile de morts de personnes autochtones , déclarent les chefs wolastoqey dans un communiqué.

 C’est un moment très douloureux. Il est normal de ressentir de la tristesse, de la colère, de la confusion et du désespoir , ont-ils ajouté à l’attention des membres de leur communauté.

Une enquête transparente réclamée

L'Assemblée des Premières Nations (APN) un organisme national de défense des intérêts des communautés autochtones, a offert ses condoléances aux membres de la communauté Neqotkuk, mardi et réclame une enquête transparente et une plus grande responsabilisation policière.

Mi’gmawe’l Tplu’taqnn Inc. (MTI), l’organisme qui représente les communautés mi’kmaq au Nouveau-Brunswick, lance le même appel.

 Cette mort est dévastatrice. Elle survient au moment même où les Premières Nations de notre territoire pleuraient déjà des Autochtones tués lors d’interventions policières, peut-on lire dans un communiqué du Mi’gmawe’l Tplu’taqnn Inc.

Logo de la Première Nation, composé notamment d'un poisson.

Un homme de la Première Nation de Sipekne’katik, en Nouvelle-Écosse a été tué par la police la semaine dernière.

Photo : CBC / Robert Short

La semaine dernière, des policiers ont tué un homme par balle dans la Première Nation mi’kmaw de Sipekne’katik, en Nouvelle-Écosse. Une enquête est également en cours par la SiRT.

 Comme l’ont répété à maintes reprises les chefs des Premières Nations, ces incidents montrent une tendance inquiétante , déclare Mi’gmawe’l Tplu’taqnn Inc.

La famille de la victime dévastée

Cette tendance inquiétante ravage des familles et des communautés autochtones entière.

La marraine de Bronson Paul, Doreen Paul, s'est effondrée quand elle a reçu un appel de sa fille dimanche soir lui annonçant sa mort.

 J’ai hyperventilé. J’étais dans mon lit, je ne pouvais plus bouger, j’ai crié. J’étais complètement dévastée , partage -t-elle.  C’était un gars gentil et adorable. Tout le monde l’aimait.

Elle déclare que les enfants de Bronson Paul, âgés de 7 et 8 ans, étaient à domicile lors de l’intervention et ont été témoins du tir.

 Pouvez-vous vous imaginer le traumatisme qu’il vont avoir pour le reste de leur vie , lance Doreen Paul, qui se dit  fâché contre le système.

Le message que j’ai envie de donner à la GRC, c’est : ''qu’est ce qui vous donne le droit de venir dans nos réserves, nos communautés et tirer sur des gens? ''

 La vie des Autochtones compte aussi. Nous avons une famille qui nous aime, nous sommes des mères, pères, sœurs, grands-mères, cousins. Tout ça doit cesser. 

Doreen Paul ajoute avoir reçu beaucoup de soutien de sa communauté autochtone.  On est tissé serré , explique-t-elle.

Dans le lot des accolades : celle de Martha Martin, la mère de Chantel Moore,qui a été tuée par la police à Edmundston en 2020. Le policier responsable de sa mort n’a fait l’objet d’aucune poursuite judiciaire.

 On est maintenant en 2026 et rien n’a changé , déplore Martha Martin. C’est horrible de penser qu’une fois encore, nous perdons un membre de la communauté autochtone aux mains de la police. 

Chantel Moore.

Chantel Moore, originaire de la Première Nation Tla-o-qui-ah, a été abbatue d'une vérification de bien-être effectuée par la police d'Edmundston en juin 2020.

Photo : archives

Martha Martin interpelle le gouvernement à monter le niveau d’un cran pour s’assurer que les choses changent.  Nous ne pouvons pas continuer à perdre des personnes autochtones, tranche-t-elle.

La classe politique réagit

Pour l’instant, les six chefs wolastoqey appellent les dirigeants à reconnaître l’existence d’un racisme systémique au sein de leurs forces policières et à s’engager à le combattre pour l’éradiquer de leurs institutions.

Ils réclament aussi une représentation autochtone au sein de la SiRT, qui n’a aucun membre issu des Premières Nations.

La première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt, s’est dite profondément attristée par la mort de Bronson Paul et a indiqué que son gouvernement avait offert son soutien au chef Perley et au conseil.

Une femme regarde un journaliste.

La première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt. (Photo d'archives).

Photo : Radio-Canada

Elle s’engage à ce que l’enquête se déroule de manière juste, transparente et rapide, afin que la famille et la communauté obtiennent les réponses et les solutions à long terme dont elles ont besoin.

Vendredi, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a publié sa première réponse officielle à un rapport de 2022 sur le racisme systémique, mais la province ne s’est pas encore engagée à donner suite aux principales recommandations concernant le racisme dans les services policiers.

Le chef du Parti vert et député de Fredericton-Lincoln, David Coon, estime que la question presse.  Il y a un enjeu. Les gens ne devraient pas mourir après une intervention de la GRC, mais c’est une réalité ici au Nouveau-Brunswick , dit-il en entrevue à Radio-Canada, mardi.

David Coon parle à des journalistes.

Le député David Coon, chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick, le 12 décembre 2025.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Il réitère aussi sa demande d’une mise en place d’une enquête menée par les Autochtones sur le racisme systémique dans les systèmes judiciaire et policier. David Coon invite également le commissaire de la GRC, Mike Duheme à ouvrir une enquête sur cette question et  de mettre fin à cette situation. 

 Y a-t-il un problème systémique dans la formation des agents de la GRC qui conduit à l’utilisation de la force meurtrière plutôt qu’à la désescalade ? , s’interroge-t-il.  Il semble bien que ce soit le cas. 

En plus d'offrir également ses condoléances, le chef de l’opposition officielle, Glen Savoie, a pour sa part déclaré mardi, qu'il faut faire preuve de respect envers la famille en deuil pendant toute la durée de cette enquête.

Ni Susan Holt ou Glen Savoie n'était disponible pour des entrevues mardi.

L’importance du dialogue

Dans le cas de Bronson Paul, le chef Perley a déclaré que les membres de la communauté tentent toujours de comprendre ce qui s’est passé et pourquoi les services de sécurité tribaux n’ont pas été sollicités.

Le chef Perley et le conseil affirment qu’avant la fusillade, la GRC n’a pas demandé l’aide du conseil de la Première Nation, de l’équipe de liaison, ni des membres des services de sécurité tribaux. Dans le passé, précise la déclaration, de telles demandes ont généralement permis de  désamorcer ces situations.

Il existe pourtant des exemples dans la province où la collaboration et le dialogue entre police et Autochtones sont efficaces. C’est le cas à la Première Nation Pabineau, selon son chef Terry Richardson.

Terry Richardson, chef de la Première Nation de Pabineau.

Terry Richardson, chef de la Première Nation de Pabineau.

Photo : Radio-Canada / Bader Ben Amara

Dans cette communauté, une intervention policière la semaine dernière a nécessité six heures d’intervention de la police régionale de Bathurst. La personne en difficulté a finalement pu être sortie de son domicile et apportée à l’hôpital sans escalade de violence.

 On a un bon rapport avec la GRC et la police locale de Bathurst. On parle avec eux, on fait des réunions, on travaille ensemble pour la sécurité de la communauté, dit Terry Richardson.

Carte avec toutes les communautés autochtones au Nouveau-Brunswick

Pabineau est la seule communauté autochtone dans la circonscription d'Acadie-Bathurst

Photo : Radio-Canada

La GRC est aussi présente tous les mardis matins lors d’un petit déjeuner communautaire. Leur présence, dit-il, permet aux membres de la communauté de mieux les connaître. Il ne sont plus que des uniformes.

Selon Terry Richardson, c’est par là que tout commence : le désir des policiers de travailler avec les peuples autochtones.

On est chanceux, parce que ce n’est pas comme ça dans toutes les communautés autochtones, admet-il.

Avec des informations de Sam Farley, CBC, de la Presse canadienne et de Margaud Castadère

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