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À La Remaudière (Loire-Atlantique), une salle polyvalente hors d’eau depuis 2014, jamais utilisée, va être démolie. Coût initial : 2,2 millions d’euros. La seule décision que la commune parvient à prendre est de payer une seconde fois… pour détruire.
En 2023, la commune de La Remaudière a rasé sa salle des fêtes à 2,2 millions d’euros… jamais ouverte. Après dix ans d’abandon, la commune a décidé de la démolir : après avoir payé pour construire un bâtiment inutilisable, les habitants vont désormais payer pour le faire disparaître.
Un projet pharaonique devenu un bâtiment fantôme
Tout commence en 2013. La municipalité lance la construction d’un complexe polyvalent de 1 089 m², avec une hauteur sous plafond de 14 mètres, pour un coût annoncé de 2,2 millions d’euros. Pour financer l’opération, la fiscalité locale augmente de 30 % et la dette municipale triple, atteignant ensuite 1 114 euros par habitant.
Loire-Atlantique. Une salle des fêtes qui n’a pas servi bientôt démolie. Un gaspillage à plus de 2 millions d’euros
Faute de pouvoir financer l’achèvement des travaux, la commune de La Remaudière a finalement décidé de raser une salle polyvalente à 2,2 millions d’euros !
Contribuables AssociésJean-Baptiste Leon

Mais dès 2014, le chantier s’arrête. Le bâtiment est hors d’eau, les murs et les fenêtres sont en place, mais la commune n’a plus les moyens d’achever l’équipement. La salle restera ainsi figée pendant une décennie, monument involontaire aux limites d’une gestion publique où la décision de construire précède parfois celle de savoir comment financer durablement le projet.
L’affaire ne s’arrête pourtant pas à ce premier fiasco. En 2015, le tribunal administratif annule les marchés de construction. Une enquête préliminaire aurait également été ouverte sur leurs conditions d’attribution.
Une addition qui continue de s’allonger
En 2018, la chambre régionale des comptes, saisie par la mairie, dresse un constat sévère : la gestion budgétaire et comptable a manqué de rigueur et le projet de 2,2 millions d’euros a placé la commune dans une situation financière délicate.
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Un audit de KPMG chiffre alors l’achèvement à 1,7 million d’euros supplémentaires, voire 2,6 millions en intégrant études et travaux annexes. La démolition, elle, coûterait entre 150 000 et 350 000 euros. Le choix est donc désormais celui du moindre mal : dépenser encore pour effacer les conséquences d’une première dépense.
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Et même la dette continue de produire ses effets. Après la nullité prononcée en 2021 concernant le prêt contracté par l’ancienne municipalité, le capital restant dû doit être remboursé. La commune a ainsi dû souscrire un nouveau prêt de 743 894 euros.
Ce dossier illustre un mécanisme tragique de la dépense publique : lorsqu’un investissement privé échoue, le capital disparaît ; lorsqu’un investissement public échoue, la collectivité peut continuer à emprunter, rembourser, restructurer… puis recommencer. À La Remaudière, les contribuables auront finalement financé une salle des fêtes, son abandon, sa dette et bientôt ses gravats.























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