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Une récession? Quelle récession?

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Il paraîtrait que l’économie canadienne est en récession technique ! Selon la définition du terme, c’est peut-être le cas, mais ça ne l’est pas si l’on examine les facteurs fondamentaux.

Voici les faits : l’économie canadienne a enregistré deux baisses consécutives de son produit intérieur brut (PIB) au quatrième trimestre de 2025 et au premier trimestre de 2026. C’est effectivement conforme à la définition stricte du terme récession. Cependant, la baisse observée au premier trimestre de 2026 n’était que de 0,1 % ; c’est pourquoi certains économistes ont qualifié cet épisode de « récession technique ».

Qu’il s’agisse d’une « récession » technique ou non, le terme inquiète les ménages et les entreprises, et doit donc être utilisé avec une grande prudence. L’utilisation généralisée du terme récession dans les médias peut avoir une incidence négative sur la confiance des consommateurs et des entreprises et entraîner potentiellement une baisse de la consommation, des investissements des entreprises, voire les deux. De plus, des données empiriques laissent entendre que les récessions peuvent être autoréalisatrices. Il convient donc de faire preuve de prudence lors de l’utilisation de ce terme.

Lorsqu’on y regarde de plus près, l’économie canadienne n’est pas en récession. D’abord, le taux de chômage s’établissait à 6,5 % en juin. Bien que ce chiffre soit en hausse par rapport au creux de 4,8 % enregistré en juillet 2022, il s’inscrit tout à fait dans la moyenne observée au cours des 15 dernières années (si l’on exclut les conditions liées à la pandémie de COVID-19 entre 2020 et 2022). De plus, il est bien loin du pic de 8,8 % atteint lors de la crise financière mondiale de 2008-2009 ainsi que du sommet de 12,1 % enregistré pendant la récession du début des années 1990.

Un rebond solide

Par ailleurs, les statistiques mensuelles du PIB ont affiché un rebond solide en avril, avec une hausse de 0,5 % par rapport à mars, ce qui donne à penser que s’il y a eu une récession au Canada, elle a non seulement été modérée, mais aussi d’une durée minimale (deux trimestres). Il faut également souligner que la baisse de 0,1 % constatée au premier trimestre de cette année pourrait encore être révisée à la hausse par Statistique Canada.

La croissance économique devrait s’accélérer au second semestre de 2026 et se poursuivre en 2027, grâce aux mesures de relance budgétaire et à la baisse des prix du pétrole, qui devraient soutenir l’activité économique. Cette dernière donnera aux consommateurs un répit dont ils ont grandement besoin, ce qui leur permettra de dépenser pour d’autres choses que l’essence. Les investissements des entreprises devraient également connaître une reprise modérée au cours du second semestre de cette année. Dans l’ensemble, la croissance économique au Canada devrait osciller autour de 0,5 % par trimestre à partir du deuxième trimestre de 2026 et jusqu’à la fin de l’année.

Bien que l’on note déjà une reprise de la croissance économique au Canada, il est essentiel de continuer de suivre de près l’évolution de la situation mondiale. L’accord de paix entre les États-Unis et l’Iran semble fragile, et les risques d’une remontée des cours du pétrole et d’une nouvelle fermeture du détroit d’Ormuz sont toujours possibles. De plus, les négociations concernant l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) prendront la forme d’examens communs annuels, et tout indique que les droits de douane actuels demeureront en vigueur pour le moment.

Un taux directeur stable

Le déclin démographique, occasionné par l’importante réduction des cibles d’immigration, freinera également la croissance de la demande intérieure. Tous ces facteurs pourraient limiter les perspectives de croissance de l’économie canadienne.

Malgré ces risques à la baisse, la reprise escomptée de la croissance économique, jumelée à une bonne maîtrise de l’inflation sous-jacente (qui exclut les prix des denrées alimentaires et de l’énergie), devrait inciter la Banque du Canada à maintenir le statu quo jusqu’à la fin de l’année 2026. Le taux directeur de la Banque du Canada devrait demeurer à 2,25 % cette année, niveau auquel il s’établit depuis le 29 octobre 2025. La Banque attendra que l’économie canadienne soit sur des bases plus solides en 2027 avant de relever son taux directeur pour le ramener au niveau neutre estimé de 2,75 %.

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