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Une première victoire sans Matthias Van Halst

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La température était idéale, le soleil plombait sur le Stade Saputo et le CF Montréal est parvenu à décrocher une deuxième victoire d'affilée. Malgré tout, grisaille et lourdeur planaient sur la galerie de presse samedi après-midi.

Plus tôt en journée, le journaliste sportif Matthias Van Halst a annoncé son grand départ, un mois après avoir publié un message expliquant la raison pour laquelle il devait ralentir.

Malheureusement, ce crabe qui me sert de coloc a décidé de prendre de plus en plus de place dans l’appartement qu’est mon corps, et ma santé se détériore, avait-il écrit.

Depuis cinq ans, il avançait malgré un cancer et, samedi, ce qui restait de temps ajouté s’est écoulé. Il a pu dire adieu, avoir le temps de lire les nombreux témoignages. Aujourd’hui, le monde du soccer québécois est en deuil.

Depuis son arrivée au pays en 2002, Matthias Van Halst a travaillé d’arrache-pied pour offrir une visibilité, une voix, au soccer d’ici.

Samedi, c’était un après-midi comme il aurait adoré. Une superbe journée de printemps, un match de soccer au Stade Saputo et une victoire de 1-0 du onze montréalais contre le New York City FC.

On a l’impression que ce n’est pas anodin, ou le fruit du hasard, si son grand départ est survenu un jour de match, à peu près au même moment où les joueurs foulaient la pelouse.

Au Stade Saputo, il était chez lui. Cette fois, il y avait des affiches concoctées à la dernière minute par les Ultras. L’entraîneur-chef par intérim Philippe Eullaffroy a commencé son point de presse en lui rendant hommage.

Et il y avait ce siège, le 12, qui était vide sur la galerie de presse.


J’ai connu Matthias Van Halst en 2008 lorsqu’il était rédacteur en chef du journal Québec Soccer. J’étais alors étudiante au baccalauréat en journalisme et il m’avait offert un stage. Et c’est là, dans ces petits bureaux de la Petite Italie, que j’ai acquis des fondations qui m’ont permis de devenir la journaliste que je suis aujourd’hui.

Je me souviens d’avoir ri, d’avoir appris, d’avoir grandi. Des discussions sur le soccer, sur l’Impact de Montréal. Je me rappelle que nous avions parié quand l’entraîneur allait être congédié, quand Nick De Santis allait quitter. Comme quoi certaines choses ne changent jamais…

Dans chacun de mes articles, il y a un peu de Matthias. Il y a cette base qu’il m’a inculquée.

Il y a les connaissances journalistiques, comment bâtir un article, faire des entrevues, trouver des angles originaux, mais ce n’est pas que ça.

Personne n’a couvert l’Impact de Montréal, puis le CF Montréal, comme il l’a fait. Avec passion, avec loyauté, avec justesse. Jusqu’à tout récemment, il était toujours là, beau temps, mauvais temps. Peu importe les résultats, peu importe les controverses entourant l’équipe.

Le Belge s’était donné pour mission de donner une voix à ces joueurs d’ici qui étaient trop souvent ignorés. Ces Québécois qui avaient du succès à la maison, ou ailleurs. Il voulait que le soccer devienne un sport qui est pris au sérieux.

La collaboration s’est poursuivie à différents moments au cours de nos carrières. Parfois, il faisait appel à moi, et à d’autres moments, les rôles étaient inversés. Mais toujours, il y avait un respect mutuel.

Dans un milieu où les égos et la superficialité prennent souvent trop de place, sa présence pouvait paraître contrastante. Un humain d’exception, une personne fondamentalement bonne. Un homme qui a fait ce métier pour les bonnes raisons. Pour cet amour des mots, pour cet amour du foot.

Le mois dernier, dans son texte, il a pris le temps de remercier des gens qui ont eu un impact sur son parcours depuis son arrivée au Québec. Il remerciait, au passage, la petite stagiaire que j’ai été. Et Matthias, c’était ça. Il n’oubliait pas. Un gars loyal, généreux.

À notre tour de ne pas oublier.

Et si la galerie de presse du Stade Saputo était renommée en son honneur?

Pour se souvenir, pour poursuivre la mission.

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