A-t-on mal compris? D’après Elisa Liepsch, directrice du Belluard Bollwerk, la grande parade qui ouvrait les feux de la 43e édition du festival devait être composée d’habitants du Schönberg, quartier multiculturel fribourgeois dans lequel Tyna Might (alias Martin Schick) s’était immergé plusieurs mois pour aller à la rencontre de cette population migrante, forte de 80 nationalités. En réalité, à part la DJ et sa team sur son mini-char, la poya qui, jeudi dernier, a dévalé ce faubourg métissé, comprenait les spectateurs du festival, des acteurs culturels romands et des drag-queens n’ayant rien à voir avec le Schönberg. D’où le mortel ennui de ce cortège interminable…
Heureusement, la soirée s’est animée avec la proposition identitaire de Jamila Baioia, danseuse d’origine marocaine qui, dans Zmagria, s’est libérée du carcan de la tradition avec sa vision émancipée du mariage. Mais le vrai coup de cœur n’était pas sur scène. Avec son exposition consacrée aux essais atomiques français dans le Sahara algérien, Samia Henni a jeté une lumière crue sur une pratique criminelle dont les contaminations sont encore à l’œuvre aujourd’hui. Le festival se poursuit jusqu’à samedi avec, notamment, Wixal, une performance qui traque astucieusement la culture mapuche, un atelier où développer son courage et Lila, l’évocation de citoyennes roumaines arrêtées par la Securitate dans les années 1950.


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