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Une résidente de la région de Québec poursuit un médecin et Santé Québec pour les dommages qu’aurait causés une vis cassée restée près d’un an dans son corps après une opération.
Sophie Roy réclame un peu plus d’un million de dollars au Dr Stéphane Pelet et à la société d’État en raison de séquelles permanentes qui l’empêcheraient aujourd’hui d’exercer son métier d’infirmière auxiliaire.
Selon la poursuite civile déposée au greffe de la Cour supérieure, la vis fautive aurait été placée en octobre 2023 et retirée en septembre 2024, endommageant entre-temps des tissus et un tendon.

Le Dr Stéphane Pelet
Photo : Site internet du Chu de Québec - Université Laval
Épaule instable
Gauchère, la résidente de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier souffrait d’instabilité à cette épaule lorsqu’elle a été opérée une première fois en janvier 2015 par le Dr Pelet.
À la suite d’un accident de travail ayant entraîné une nouvelle luxation de son épaule gauche, le Dr Pelet a réalisé une autre intervention, en 2016, pour fixer un bloc de Latarjet à l’aide de deux vis. L’une de ces vis a été retirée lors d’une opération subséquente en 2022.
Le 17 octobre 2023, le chirurgien a encore une fois opéré Mme Roy pour stabiliser son épaule. Le médecin orthopédiste a alors fixé un morceau d’os à l’épaule avec deux vis.
Selon la poursuite, dont les allégations restent à prouver, la tête de la première vis s’est brisée au moment de son insertion. Le Dr Pelet aurait constaté le bris, mais aurait décidé de laisser la vis en place, en assurant à Mme Roy qu’elle ne présentait aucun risque.

Les séquelles permanentes empêcheraient Sophie Roy d’exercer son métier d’infirmière auxiliaire. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / iStockPhoto
Retrait 11 mois plus tard
La demande indique que la vis brisée est demeurée dans son épaule jusqu’au 5 septembre 2024, date à laquelle l’orthopédiste l’a retirée. Le médecin aurait alors constaté une déchirure du tendon sous-scapulaire, possiblement irrité par la vis devenue proéminente.
La poursuite allègue que la vis aurait aussi fragilisé l’artère axillaire, située dans l’aisselle. Cette artère aurait ensuite cédé en décembre 2024, provoquant un important hématome qui aurait comprimé les nerfs du bras gauche.
Mme Roy soutient qu’elle vit maintenant avec une atteinte nerveuse grave, des douleurs chroniques ainsi qu’une perte importante de force et de mobilité au bras gauche.
Dans sa poursuite, la femme de 40 ans indique ne plus pouvoir vaquer normalement à ses occupations, étant incapable de lever son bras dominant à plus de 90 degrés.

La plaignante doit multiplier les suivis médicaux. (Photo d'archives)
Photo : Envato / Wavebreak Media LTD
Maladroit ou négligent
Elle reproche au Dr Pelet d’avoir posé un geste maladroit ou négligent et de l’avoir mal informée des risques liés au fait de laisser la vis endommagée dans son corps.
À titre de séquelles, la demande judiciaire soutient que la mère de quatre enfants ne peut plus faire de sport et est grandement limitée dans ses loisirs. Elle porte des attelles et des gants de compression pour réduire ses douleurs et doit multiplier les suivis médicaux.
Elle vit aujourd’hui avec le deuil de sa vie telle qu’elle aurait dû être.
L’ex-infirmière auxiliaire ne serait plus en mesure d’accomplir plusieurs tâches de la vie quotidienne ni d’entretenir sa maison.
À elle seule, sa réclamation pour l’aide personnelle et les soins à domicile s’élève à 500 000 $, soit près de la moitié des 1,07 M$ réclamés au total en raison des manquements allégués du médecin et de Santé Québec.
La poursuite soutient que Santé Québec est responsable de la sécurité du matériel utilisé dans les hôpitaux. Elle ajoute qu’aucun rapport d’incident ou d’accident ne figurerait au dossier de Mme Roy, ce qui constituerait, selon elle, une faute lourde et un manquement important à la loi.
Santé Québec et le Dr Stéphane Pelet n’ont pas souhaité commenter le dossier. Me Jean-Sébastien D’Amours, du cabinet Tremblay Bois Mignault Lemay, représente Sophie Roy. Cette dernière a refusé notre demande d’entrevue.


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