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« Vieillir en étant noir » était le thème du premier symposium l'Harambee Alliance for Health, Wellness & Aging Society (HAHWAS) qui s'est tenu samedi à Vancouver. Créée en 2025, cette jeune organisation, portée par un mouvement citoyen, dénonce les lacunes du système de santé dans le traitement des personnes noires.
Nous savons que de nombreuses personnes noires évitent de consulter un médecin parce qu'elles ne sont pas certaines de la qualité des soins qu'elles vont recevoir, affirme la fondatrice et directrice générale de l'HAHWAS, Elvenia Gray-Sandiford.
Selon la Dre Tomilola Fadeyi, (candidate à la résidence) et étudiante conseillère en santé mentale, ce genre de symposium est nécessaire pour donner à ces personnes un espace pour s'exprimer, notamment aux personnes âgées.
Les personnes noires qui vont chercher des soins font souvent face au racisme, mais aussi l'absence d'écoute et le manque de compréhension des professionnels de santé.
L'un des plus grands problèmes est que nos besoins, en tant que personnes noires, ne correspondent pas à ce qui nous est offert, confie-t-elle.
Une collecte citoyenne de données
Pendant des mois, l'organisation a collecté des données, mais aussi recueilli des témoignages auprès des membres de la communauté noire au sujet de leur expérience avec le système de santé de la Colombie-Britannique.
Son objectif est d'obtenir les informations nécessaires pour poser les jalons d'un futur Plan provincial pour la santé des Noirs, dans le même esprit que celui qui existe déjà en Ontario. Ce plan serait comme une feuille de route et non un service d'assurance comme la Croix bleue, maintient Elvenia Gray-Sandiford.
Cette collecte n'a pas été faite dans les standards des recherches universitaires ou gouvernementales. Elle a été faite sur le terrain, sans critères ni nomenclature, privilégiant le contact direct.
Nous sommes allés là où les personnes étaient, au lieu de leur demander de venir vers nous. Ainsi à chaque fois qu'un évènement était organisé là où nous savions qu'il y aurait beaucoup de personnes d'origine africaine, nous nous rendions sur place [...] Nous avons donc parlé à des centaines de personnes et leur avons posé la même question.
La question qui leur a été posée était Comment vous débrouillez-vous avec le système de santé?
Une telle démarche force à se demander pourquoi une organisation citoyenne en est réduite à mener ses propres recherches de terrain. Rien n'est fait en pensant à nous, et certainement pas le système de santé, lance Mme Gray-Sandiford.
La réalité est que les recherches menées par les institutions sont souvent incomplètes.
La communauté noire n’est pas un monolithe.
Nos origines comptent. La géographie et les déterminants sociaux de la santé influencent grandement la façon dont les données sont analysées. Nous devons savoir précisément par rapport à quoi nous nous mesurons, renchérit-elle.
Sensibiliser les professionnels de santé
Selon Kandy Lee Crook Smith, présidente du conseil d'administration de l'HAHWAS, les personnes noires souffrent de troubles de santé que beaucoup de médecins ignorent.
Si le professionnel de santé n'est pas sensibilisé aux réalités culturelles, nos symptômes sont ignorés. Nous ne pouvons pas être comparés aux manuels médicaux qui existent depuis la nuit des temps, où toutes les illustrations montrent des peaux blanches, souligne-t-elle.
Ainsi, l'élaboration du Plan pour la santé des Noirs aidera à pallier ces lacunes et surtout réduire les iniquités, croit l'HAHWAS.
Notre prochaine étape consiste à créer un comité consultatif afin de réunir les gens autour d'une table pour discuter de la manière dont nous allons mettre en œuvre ce plan, prévoit pour sa part Elvenia Gray-Sandiford.
Avec les informations de Janella Hamilton


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