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Jeudi soir, des dizaines de personnes, touchées de près ou de loin par le deuil périnatal, marcheront à travers les rues de Baie-Comeau. Celle qui l’organise, Rebecca Lacasse, fait aussi partie des marcheuses. Pas seulement comme coordonnatrice à la Maison de la famille de Manicouagan, mais aussi comme maman qui a elle-même vécu cette épreuve dans la dernière année.
Rebecca Lacasse et son conjoint ont d’abord eu deux enfants. L’arrivée de la troisième, la petite Alice, était une surprise. Ses parents et ses deux grandes sœurs l’attendaient avec impatience, mais Alice est décédée pendant la 19e semaine de grossesse.
Je ne voyais pas vivre ça toute seule de mon côté. On doit vivre notre deuil périnatal en communauté, parce qu’on se sent tellement seule quand ça arrive, mais on ne l’est pas vraiment.
Rebecca Lacasse avait partagé avec son entourage les moments heureux de sa maternité, mais quand celle-ci s’est transformée en épreuve, elle a hésité à en parler, de peur que les personnes qui ont recours à ses services de périnatalité changent leur façon de la voir. Elle s’est cependant ravisée.
Je veux qu’on en parle plus, pour le normaliser et l’intégrer dans la société comme un deuil à part entière.
L'intervenante s'est donnée pour mission de donner une voix aux parents endeuillés. Le fait de raconter son histoire lui donne l'impression de préserver la mémoire d'Alice.
Marcher en famille
La marche en soutien au deuil périnatal est une invitation aux parents, mais aussi à tous les membres de la famille qui vivent eux aussi le deuil d'un enfant.
La charge émotionnelle pour la femme qui l’a porté est vive, mais eux aussi ont ce besoin de dire "cet enfant a existé, on avait des rêves pour lui”, explique la directrice générale de l’organisme, Stéphanie St-Gelais, en entrevue à l’émission Bonjour la Côte.
La marche, qui part de la Maison de la famille, sur le boulevard Jolliet, se terminera par une cérémonie commémorative et des témoignages. L'an dernier, 70 personnes y ont pris part.
Un banc pour se souvenir
Au parc Manicouagan, à l’embouchure de la rivière et du fleuve Saint-Laurent, faisant face à la plage et aux va-et-vient des vagues, un banc discret a fait son apparition. Tout le monde peut s’y asseoir pour admirer l’une des plus belles vues du parc, selon Stéphanie St-Gelais.
C'est une initiative de son organisme pour apaiser les personnes qui traversent un deuil périnatal.
Là où les marées changent, l’amour demeure. Ce banc est dédié aux petites âmes qui ont effleuré nos vies, comme des vagues brèves mais infinies, est-il inscrit.


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