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Dossier itinérance sur la Côte-Nord

Par Morgane Busson 5:00 AM - 3 novembre 2026 Initiative de journalisme local
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Patrick Desbiens d’Homme Aide Manicouagan (à gauche) et Fabrice Labrie du CRÉAM (deuxième en partant de la droite), sont tous deux membres du Comité Vigilance en itinérance Manicouagan. Photo Karianne Nepton-Philippe
L’itinérance trouve écho dans la société québécoise avec le travail de sensibilisation non partisan de l’ex-première ministre Pauline Marois et de son conjoint, qui depuis un an, ont fait de cette « crise humanitaire » une affaire personnelle. À peine porté au pouvoir, Paul St-Pierre Plamondon a annoncé 28 M$ le 23 octobre, dont 671 079 $ pour la région. Mais concrètement, où ira cet argent ? Sur le terrain, personne ne sait encore vraiment. Or, une chose est certaine, tout le monde en a besoin, car avec l’arrivée du froid sur la Côte-Nord : c’est une question de vie ou de mort.
C’est une question de vie ou de mort durant les grands froids : il faut une halte-chaleur à Baie-Comeau, fait valoir un organisme de soutien et d’entraide local.
« Une halte-chaleur, c’est nécessaire. Dans un campement, le risque d’être malade ou de mourir est beaucoup plus grand », lance Fabrice Labrie, coordonnateur du CRÉAM, en entrevue avec le Journal. Toutefois, ce n’est pas encore prévu.
Près de 24 personnes seraient en situation d’itinérance à Baie-Comeau, selon le codirecteur et travailleur de sentier chez Homme Aide Manicouagan, Patrick Desbiens.
Si 17 se trouvent dans des bâtiments abandonnés ou des squats, 7 autres se sont installées dans les boisés qui entourent la ville. Une réalité parfois peu visible, mais bien présente sur le territoire, selon des intervenants du terrain.
À l’approche de l’hiver, ces derniers réclament plus de ressources pour mettre les personnes à l’abri lors des grands froids. D’après Fabrice Labrie, des discussions sont prévues, entre autres avec la députée Odette Lavigne, afin de trouver du financement et un lieu permettant d’accueillir les personnes durant des épisodes de froid intense.
Le 23 octobre, le nouveau gouvernement péquiste a débloqué un fonds d’urgence de 28 millions de dollars pour faire face à l’itinérance, dont 671 079 $ seront alloués à la Côte-Nord.
« C’est réaliste pour agir rapidement », réagit M. Labrie, mais il ajoute que cette somme ne suffira pas à long terme. Il réclame un renforcement des équipes de proximité et du soutien aux organismes communautaires qui accompagnent les personnes vulnérables.
Le logement, un enjeu central
Le coordonnateur du CRÉAM souligne que certains appartements se louent entre 1 800 $ et 1 900 $ par mois, des montants difficiles à assumer pour de nombreux ménages.
« Une personne qui travaille à temps plein au salaire minimum peut avoir du mal à couvrir ses dépenses courantes, une fois le loyer payé », affirme-t-il, en ajoutant que les besoins ne se limitent pas à trouver un toit : l’alimentation, les vêtements et le transport doivent également être pris en compte.
Morgane Busson
Initiative de journalisme local
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