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Une guide pratique pour des résolutions durables et bienveillantes

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Chaque année, le rituel des résolutions revient, souvent accompagné d'une pression de performance pour plusieurs. Pour vous aider à y voir plus clair, Radio-Canada a rencontré Marianne Creysson, agente de relations humaines au CISSS de la Côte-Nord. Spécialisée en prévention et en promotion de la santé mentale positive, elle propose des stratégies pour non seulement choisir ses objectifs, mais aussi les tenir sans s'épuiser.

Qu’est-ce qui définit une bonne résolution?

Marianne Creysson : Un bon point de départ, c’est l’objectif SMART. C'est d'abord un objectif spécifique, donc clair et concret. Il doit aussi être mesurable, pour qu'on soit capable de définir si on a réussi ou non.

Ensuite, il doit être acceptable : atteignable, mais assez ambitieux pour représenter un petit défi. Il doit être réaliste. Par exemple, aller courir un peu plutôt que d’escalader l’Everest! Et enfin, c'est un objectif que l'on doit pouvoir définir dans le temps grâce à une échéance précise.

Mais surtout, ce qu'il faut, c'est que la résolution nous corresponde, qu'elle soit en alignement avec nos valeurs. Si la famille ou l'honnêteté ressortent comme des priorités, on peut décider de passer plus de temps avec nos proches ou d'être plus francs. Quand on a des objectifs qui ont du sens, c'est plus facile de les réaliser.

Quelles sont les façons concrètes d'intégrer un objectif à notre quotidien?

M. C. : Si on essaie de faire quelque chose de nouveau, on peut tenter de développer une nouvelle boucle d’habitude. C’est plus facile d’accomplir une tâche lorsqu’elle fait partie de notre routine. Imaginons qu’on veuille aller courir. On pourrait mettre nos chaussures devant la porte. Ce serait notre rappel visuel, notre déclencheur.

On peut même faire un regroupement d'habitudes, comme n'écouter un certain livre audio que lorsqu'on court, pour rendre l'activité attrayante.

Marianne Creysson souriante devant un arbre de Noël décoré.

Marianne Creysson est agente de relations humaines en prévention et en promotion de la santé mentale positive au CISSS de la Côte-Nord.

Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti

À l'inverse, si on veut arrêter quelque chose, comme trop regarder son cellulaire, il faut créer de la friction ou de la distance. Mettre le téléphone dans une boîte dans un placard oblige à faire franchir des étapes pour l'atteindre, ce qui nous donne le temps de réfléchir avant d'agir par réflexe. Ça peut être la même chose pour des cigarettes, par exemple.

Est-il obligatoire de commencer le 1er janvier?

M. C. : Il y a l’effet nouveau départ qui peut vraiment être gagnant, mais on n’est pas obligé de commencer dès la première journée. On peut prendre une date qui est significative pour nous, le jour de la naissance de notre enfant, par exemple. Si on commence notre nouvelle habitude à cette date-là, on a plus de chances d’y arriver.

Que faire si on se rend compte qu'on a été trop ambitieux?

M. C. : Il faut éviter d’être trop exigeant et plutôt essayer d’être bienveillant envers soi-même. Si on n’y arrive pas, l’idée, ce n’est pas d’abandonner, mais plutôt de s’arrêter, d’apprendre et d’adapter nos ambitions.

Les gens ont souvent un discours interne qui n’est pas très positif. C’est rare qu’on soit aussi bienveillant avec soi-même qu’on le serait avec un ami et, pourtant, c’est vraiment important. Les études ont démontré que ce n’est pas en étant strict et sévère envers soi-même qu'on avance le mieux.

Essayons de nous rappeler les professeurs qu’on préférait à l’école. Est-ce que ce sont ceux qui nous criaient dessus? Ceux qui nous laissaient faire tout ce qu’on voulait? Pas tellement. Souvent, ce sont ceux qui étaient encadrants, qui avaient des exigences envers nous, mais à la bonne hauteur. C’est un peu ce qu’on devrait être pour soi-même.

Quelles sont vos résolutions pour la nouvelle année?

M. C. : J’ai décidé de choisir un mot plutôt qu’une résolution! Il y a deux ans, j’ai choisi le mot oser, et c’est cette année-là où j’ai osé beaucoup plus de choses dans la vie. Cette année, ce que je veux, c’est accepter davantage les choses. Alors, accepter sera mon mot!

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