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Une frégate russe a ouvert le feu pendant 30 minutes au large de Plymouth : la Royal Navy observait sans intervenir

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Une lueur de tir sur l’horizon, à seulement 75 kilomètres des côtes anglaises. Une frégate russe a ouvert le feu pendant trente minutes au large de Plymouth, prévenant au préalable le patrouilleur britannique HMS Tyne de s’écarter. La Royal Navy a observé, sans intervenir. Un message envoyé quelques heures à peine après le changement de locataire à Downing Street.

Ce que vous allez apprendre :

  • Pourquoi la Royal Navy a laissé faire un tir réel russe à 75 km de ses côtes, sans y voir une violation
  • Comment ce tir s’inscrit dans une série d’incidents russes dans la Manche depuis le mois de juin
  • En quoi l’arrivée d’Andy Burnham a immédiatement durci le ton entre Londres et le Kremlin

Trente minutes de tirs à 75 km des côtes anglaises

L’événement a de quoi surprendre. Selon le ministère britannique de la Défense, un navire de guerre de la flotte de Moscou a mené un exercice de tir réel dans la Manche, à environ 40 milles nautiques au sud de Plymouth, soit près de 75 kilomètres des côtes du sud-ouest de l’Angleterre. L’opération a duré une trentaine de minutes, une durée suffisamment longue pour transformer un simple exercice en démonstration de force particulièrement visible.

Le détail le plus frappant tient à la manière dont les choses se sont déroulées. Le bâtiment russe a d’abord prévenu le patrouilleur britannique HMS Tyne, présent dans la zone, de son intention de procéder à ces tirs, lui demandant de se repositionner à une distance plus sûre. Un avertissement en bonne et due forme, presque protocolaire. La Royal Navy, de son côté, a choisi de surveiller l’exercice sans intervenir, tout en assurant continuer de suivre de près l’activité du navire et se tenir prête à protéger la sécurité nationale du Royaume-Uni.

Pourquoi cette apparente passivité ? Parce que la zone concernée se situe en dehors des eaux territoriales britanniques. Ces dernières sont limitées à 12 milles marins, soit environ 22 kilomètres. À 75 kilomètres des côtes, le navire russe se trouvait donc dans des eaux internationales, où de telles manœuvres, aussi provocatrices soient-elles, ne constituent pas juridiquement une violation. D’où le choix de l’observation plutôt que de la confrontation.

La frégate Neustrashimy, un navire de 1988 toujours armé pour frapper

Selon plusieurs médias britanniques, le bâtiment concerné serait la frégate Neustrashimy. Mise en service en 1988, elle affiche déjà un âge respectable, mais reste taillée pour le combat. Longue de 130 mètres et rattachée à la flotte de la Baltique, elle est dotée de missiles de croisière antinavires, d’un canon de 100 mm et d’un lance-roquettes anti-sous-marins. Autrement dit, un navire ancien mais loin d’être inoffensif.

Son rôle actuel éclaire tout le reste. La Neustrashimy est notamment chargée d’escorter des navires de la flotte fantôme russe, cette armada parallèle censée contourner les sanctions occidentales, en particulier dans le domaine pétrolier. On comprend mieux, dès lors, que sa présence dans la Manche ne relève pas du hasard : elle incarne une stratégie de contournement et de démonstration à la fois.

Coups de semonce, pétrolier fantôme : la Manche devient une zone de friction

Cet épisode n’est pas isolé. Depuis le mois de juin, la Manche s’est transformée en véritable zone de friction. À la mi-juin, les forces britanniques ont ainsi intercepté un pétrolier de la flotte fantôme russe. Deux jours plus tard, un voilier immatriculé au Royaume-Uni signalait avoir reçu des coups de semonce tirés par un navire de guerre russe, alors qu’il naviguait au sud de l’île de Wight, là encore en dehors des eaux territoriales britanniques.

Les versions divergent sur cet incident. Le Premier ministre d’alors, Keir Starmer, avait dénoncé une action imprudente, tandis que le ministère russe de la Défense affirmait au contraire que le voilier s’approchait dangereusement de la frégate russe. Face à cette multiplication des tensions, le gouvernement britannique avait, quelques mois plus tôt au printemps, annoncé que ses forces armées seraient désormais autorisées à arraisonner les navires soupçonnés d’appartenir à la flotte parallèle russe. Un durcissement progressif qui dessine, incident après incident, une ligne de front maritime au large des côtes européennes.

Burnham à Downing Street, le Kremlin ferme déjà la porte : ce qu’il faut retenir

Le calendrier de cet exercice de tir n’a rien d’anodin. Il a coïncidé avec la nomination d’Andy Burnham au poste de Premier ministre du Royaume-Uni, en remplacement de Keir Starmer à la tête du parti travailliste. Un tel enchaînement, à quelques heures d’intervalle, ressemble fort à un signal envoyé vers Londres au moment précis où un nouveau visage s’installait au 10 Downing Street.

La réponse du Kremlin n’a d’ailleurs pas tardé. Moscou a indiqué n’avoir aucun espoir d’amélioration des relations avec Londres après l’arrivée au pouvoir de Burnham, dénonçant le soutien inconditionnel à l’Ukraine affiché par le nouveau Premier ministre. La porte diplomatique, si tant est qu’elle ait été entrouverte, semble donc déjà refermée.

Reste une question de fond. Tant que ces manœuvres se déroulent en eaux internationales, elles échappent à toute qualification de violation, laissant la Royal Navy dans une posture d’observatrice. Mais jusqu’où cette logique du geste calculé, à la lisière des règles, peut-elle se poursuivre avant qu’un incident ne bascule dans l’irréparable ? C’est peut-être là que se joue, discrètement, l’équilibre fragile de la Manche.

Brice L.

Rédigé par Brice L.

Brice est un journaliste passionné de sciences. Il collabore avec Sciencepost depuis plus d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.

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