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Une fillette inca sacrifiée d'abord puis transportée au sommet du volcan : les scanners dévoilent un rituel méconnu

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Grâce à de nouveaux examens par tomodensitométrie, des chercheurs ont étudié quatre enfants incas sacrifiés il y a environ 500 ans lors du rituel de la capacocha. Ces jeunes victimes, une fillette de 8 ans, une autre de 10 ans, une adolescente de 14 ans et la célèbre « Dame d'Ampato », aussi appelée « Vierge des glaces » ou « Momia Juanita », elle aussi sacrifiée à 14 ans, avaient été abandonnées près des sommets andins pour devenir des « messagers des dieux ».

Trois des momies proviennent du volcan Ampato, au Pérou, où la « Dame d'Ampato » fut découverte en 1995 dans un sanctuaire d'altitude. La quatrième a été retrouvée près du volcan Sara Sara, à environ 160 kilomètres de là. Conservés par l'air extrêmement sec à près de 5 800 mètres d'altitude, leurs corps constituent des témoignages exceptionnels du monde inca.

Mais les scanners ont révélé un détail inédit : la fillette de 10 ans retrouvée près de l'Ampato n'aurait pas été tuée sur place. Ses organes thoraciques et abdominaux avaient été retirés, remplacés par des pierres et des textiles, avant que son corps ne soit installé en position assise, genoux repliés contre le menton. Il s'agit de la première preuve qu'un de ces enfants a été délibérément préparé pour la momification, et transporté après sa mort jusqu'au sommet. Ces travaux sont publiés dans Journal of Archaelogical Science.

Des parties du corps d'une momie du mont Ampato ont été retirées puis remplacées par des textiles avant son embaumement, révèlent les scanners. © D. Socha

Des corps loin de l’« idéal » décrit par les Espagnols

Les analyses médicales livrent une autre surprise. Contrairement aux récits espagnols affirmant que les victimes étaient toujours « parfaites » et sans défaut, les examens montrent que certains enfants souffraient de maladies. La fillette de 8 ans présentait un œsophage dilaté, possiblement lié à la maladie de Chagas, une infection parasitaire, ainsi que des cicatrices pulmonaires compatibles avec la tuberculose.

Ces pathologies, probablement courantes dans l'Empire inca, invitent à relire les sources historiques avec prudence. Les chroniqueurs européens ont peut-être mal interprété ce que les Incas considéraient comme un corps « idéal ».

Les méthodes d'exécution variaient selon les cas. Si certains récits évoquent la strangulation ou l'étouffement, les examens indiquent que les quatre enfants étudiés auraient été tués d'un violent coup à la tête, sans doute porté avec une massue.

Une présence active après la mort

Le rituel de la capacocha figurait parmi les plus importants du monde inca. Des enfants et adolescents, garçons comme filles, étaient sacrifiés puis laissés sur les hauteurs afin d'agir comme intermédiaires entre les vivants et les Apus, les divinités andines.

Selon certains témoignages anciens, des membres de la communauté continuaient à rendre visite aux momies pour solliciter leur approbation, notamment avant des mariages. Les nouvelles analyses confirment que ces enfants ne furent pas seulement des victimes rituelles. Ils ont continué, symboliquement et socialement, à jouer un rôle de médiateurs longtemps après leur mort.

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