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Pour la quatrième édition des indicateurs clés du changement climatique, les chercheurs notent en outre une accélération de la hausse du niveau des mers.
Passer la publicité Passer la publicitéOn transpire et ce n’est pas fini, le pire est devant nous ! Ainsi pourrait se résumer la quatrième édition des indicateurs clés pour le changement climatique planétaire, publiée jeudi 11 juin, dans Earth System Science Data. Réalisée par 73 scientifiques de 56 instituts et de 17 pays, dont certains sont également des auteurs des rapports du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), cette étude vise à exploiter les dernières observations de la Terre pour mettre à jour les prévisions sur le réchauffement entre deux séries de rapports du Giec, dont les derniers ont été publiés en 2022 (avec les données de 2020) et les prochains sont attendus à partir de 2027 (le premier document sera consacré aux villes face aux vagues de chaleur).
Un rythme de réchauffement inédit de + 0,27 °C par décennie
Le réchauffement aurait déjà atteint + 1,37°C en 2025 par rapport à l’ère préindustrielle et les dernières observations dressent un tableau encore plus sombre que ce qui était anticipé. Ce rapport indique que « le rythme de réchauffement augmente de + 0,27°C par décennie, un niveau sans précédent », ce qui permet d’anticiper un réchauffement « de +1,5°C autour de 2030 » par rapport à la fin du XIXe siècle, précise Aurélien Ribes, chercheur à Météo-France et au CNRM (Centre national de recherche en météorologie qui dépend également du CNRS) à Toulouse et coauteur de la dernière publication. Les températures moyennes augmentent plus vite, comme le prévoyaient les scénarios du Giec. Mais « au lieu d’une hausse attendue à + 1,55°C au-dessus des terres, les derniers indicateurs avancés évaluent le réchauffement actualisé à + 1,92°C sur les continents, en moyenne pour la période 2016-2025 », précise Christophe Cassou, directeur de recherche au CNRS au LMD (Laboratoire de météorologie dynamique).
Un bilan qui s’explique par la hausse continue des émissions de gaz à effet de serre et par la réduction des émissions de certaines particules fines, qui avaient un effet masquant pour le rayonnement solaire. Même au-dessus des mers, la hausse de la température maximale de surface est révisée à + 1,26 °C, près de 2 dixièmes au-dessus de ce qui avait été anticipé par les précédents rapports du Giec. Cette publication sur les indicateurs clés du changement climatique évalue, pour la première fois, la durée moyenne des vagues de chaleur marine qui s’accélèrent depuis 2015. Elles ont duré 58 jours par an en moyenne sur la période 2016-2025 sur les différents bassins océaniques, contre 36 pour la période 2007-2016.
« La hausse du niveau de la mer s’accélère »
Valérie Masson-Delmotte, directrice de recherche au CEA au LSCE, à Gif-sur-YvetteLes émissions de gaz à effet de serre atteignent un record de 56,8 milliards de tonnes de CO2 équivalent (prenant ainsi en compte les émissions de méthane et d’oxyde nitreux). La concentration de gaz carbonique dans l’atmosphère « est 52 % au-dessus de celle de son niveau préindustriel», rappelle Pierre Friedlingstein, directeur de recherche au CNRS et premier auteur du Global Carbon Budget qui évalue chaque année les émissions mondiales. Quant à la concentration en méthane, elle est plus de deux fois et demie plus importante ! Au rythme actuel des émissions de gaz à effet de serre, le réchauffement planétaire dépassera le seuil de + 1,5°C avant 2030, +1,7°C en 2038, et +2°C aux alentours de 2050. Il est donc impératif de les réduire au plus vite «pour les ramener à zéro », rappelle le scientifique.
D’autant que ces perturbations du système climatique se traduisent déjà « par une accélération de la hausse du niveau de la mer (...) évaluée à 3,7 mm par an pour la période 2006-2025 », ajoute Valérie Masson-Delmotte, directrice de recherche au CEA au LSCE, à Gif-sur-Yvette. La précédente estimation du GIEC évaluait la hausse moyenne à 1,73 mm par an.


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