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Une campagne numérique appelant à « protéger » l’excision au Mali est devenue virale à la mi-août. La preuve pour de nombreux observateurs que le combat mené sur le continent pour faire interdire les mutilations génitales féminines, qui tuent chaque année des dizaines de milliers de filles et de femmes, est loin d’être gagné.

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Capture d’écran d’une vidéo postée le 24 août 2026 sur le compte YouTube de Voix d’Afrique, dans laquelle l’influenceur malien Abdoul Niang plaide pour le droit d’exciser les femmes. Capture d’écran d’une vidéo postée le 24 août 2026 sur le compte YouTube de Voix d’Afrique, dans laquelle l’influenceur malien Abdoul Niang plaide pour le droit d’exciser les femmes.

La démonstration, filmée, se prétend d’une rigueur incontestable. Debout face caméra, l’influenceur malien Abdoul Niang, suivi par plus de 258 000 abonnés sur Facebook, plaide pour le droit d’exciser les femmes. « C’est une pratique millénaire que je respecte », commente sur un ton docte cet habitué des médias proches des militaires arrivés au pouvoir à Bamako en 2020, dans une vidéo publiée le 24 août.

Celui qui se présente comme « journaliste, spécialiste des sciences criminelles, du terrorisme et de la coopération internationale » détaille ses arguments, schémas à la main, et qualifie de « légendes » et de « thèse » les effets néfastes de l’excision.

Des effets néfastes pourtant attestés et prouvés par de nombreuses études scientifiques. En 2023, l’une d’elles, publiée dans la revue Nature, estimait que l’ablation partielle ou totale du clitoris, des petites ou des grandes lèvres ou encore l’infibulation – les différentes formes de l’excision –, causaient environ 44 000 décès par an dans quinze pays africains, dont le Mali.

C’est une cause majeure de mortalité chez les filles et les jeunes femmes dans les Etats où elles sont pratiquées. Sans oublier les traumatismes physiques et psychologiques subis par les survivantes, dépossédées de leur droit au plaisir sexuel. Republiée par des partisans de la junte très suivis en ligne, la vidéo d’Abdul Niang a cumulé près d’un million de vues en quelques jours.

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