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L’organisation Femmes Autochtones du Québec (FAQ) a présenté sa « cartographie » des femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones disparues ou assassinées, ce mardi. Les concepteurs de cet « espace de mémoire » ont recensé 124 cas pour l’ensemble du territoire québécois entre 1950 et 2026.
« Le droit à la sécurité est fondamental », a expliqué la présidente de FAQ, Marjolaine Étienne, un trémolo dans la voix. « La cartographie que nous dévoilons aujourd’hui permet de sonner l’alarme, même si depuis trop longtemps nous crions l’urgence d’agir. Les données sont claires. Elles révèlent une réalité grave et impossible à ignorer. »
Les régions les plus représentées sur la carte sont le Nunavik avec 39 cas, Montréal (13 cas) et l’Outaouais (11 cas). Le Nord-du-Québec, la Côte-Nord et la Montérégie suivent de près avec 10 cas. Les Inuites représentent 36 % des victimes.
Les trois quarts des cas de disparition ont eu lieu en dehors des communautés autochtones, selon l’inventaire. « Ça nous rappelle que cette réalité concerne l’ensemble de la société », a expliqué Marjolaine Étienne.
En ajoutant les « décès suspects ou survenus dans des circonstances aggravantes », les concepteurs de la cartographie arrivent à un total de 220 vies brisées. « La réalité n’est pas toujours tranchée », a indiqué Marjolaine Étienne. « Elle ne rentre pas toujours dans des catégories simples. »
Surreprésentation
L’étude de la FAQ a été réalisée en partenariat avec l’Université du Québec en Outaouais (UQO). Elle a bénéficié du soutien financier de Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada.
Le point de presse a été tenu en banlieue de Québec devant quelques dizaines de femmes autochtones. Il a été précédé d’une cérémonie de purification et d’une prière à la Terre Mère.
« Aujourd’hui, nous ne voulons pas seulement informer. Nous voulons aussi rappeler que, derrière les chiffres, il y a des vies humaines et que la sécurité des femmes, des filles et des personnes bispirituelles autochtones doit devenir une responsabilité collective. »
Plus de 2 500 dossiers liés à la violence ont été ouverts à travers les services policiers autochtones québécois pour la seule année 2024. Le nombre de cas serait toutefois trois à quatre fois plus élevé dans la réalité, selon Pierre Simard de l’Association des directeurs de police des Premières Nations et Inuits du Québec.
« Les communautés [autochtones] représentent 2,5 % de la population du Québec et, en termes de cas recensés, on parle de 20 % », a-t-il détaillé. « Cette cartographie-là ne nous montre pas seulement où la violence existe, elle nous montre où notre responsabilité commence. »


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