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À quelques mois des élections municipales, Kat Pasquach veut bousculer les façons de faire à l’hôtel de ville de Windsor. Se présentant pour la première fois à une élection, elle brigue le poste de mairesse, avec la volonté d’apporter une perspective qu’elle juge actuellement absente du conseil municipal.
La réponse simple, c’est : pourquoi pas?, lance-t-elle lorsqu’on lui demande pourquoi elle vise immédiatement la mairie plutôt qu’un siège de conseillère municipale.
Installée à Windsor depuis 18 ans, Kat Pasquach y est arrivée pour étudier le commerce à l’Université de Windsor. Elle exploite depuis plus de cinq ans Culture Shock Bead Company, une boutique du centre-ville. Elle est aussi présidente-directrice générale de l’organisme Can Am Urban Native Non-Profit Homes et a auparavant travaillé près de neuf ans à l’Université de Windsor auprès des étudiants autochtones.
Mme Pasquach affirme s’intéresser depuis longtemps à la politique, mais être particulièrement attirée par le palier municipal, car les candidats n’ont pas à s’associer à un parti politique.
Surtout, elle estime que Windsor doit changer de direction.
Je ne suis pas d’accord avec la direction que prend la Ville. Je ne suis pas d’accord avec la façon dont les décisions sont prises. Je ne suis pas d’accord avec la façon dont le budget a été dépensé au cours des 12 dernières années sous la direction de Drew Dilkens.
Plutôt que de gravir progressivement les échelons de la politique municipale, Kat Pasquach dit vouloir remettre en question cette trajectoire traditionnelle. Je ne pense pas que le succès soit une ligne droite, affirme-t-elle.
Une perspective différente à l’hôtel de ville
Sa candidature intervient dans un contexte où les femmes demeurent peu présentes dans la politique municipale à Windsor. La ville n’a eu qu’une seule femme mairesse dans son histoire et une seule femme a siégé au conseil municipal depuis 2010.
Selon Kat Pasquach, les femmes doivent encore travailler deux fois plus fort pour être entendues dans certains espaces de décision.
Cependant, la candidate pense que la représentation ne se résume pas à une opposition entre hommes et femmes.
Il faut des perspectives diverses autour de toutes les tables où des décisions sont prises, soutient-elle, décrivant le conseil municipal actuel comme très largement composé d'hommes cisgenres blancs.
Mme Pasquach estime que son parcours de femme, ses racines autochtones et salvadoriennes, son expérience de commerçante du centre-ville et son travail auprès de la communauté lui permettent d'aborder différemment certains enjeux municipaux.
Elle refuse toutefois que sa candidature soit réduite à ses origines autochtones.
Ce n’est qu’une partie de mon identité, affirme-t-elle. Je suis aussi une résidente de Windsor. J’utilise les mêmes services municipaux et les mêmes installations que tout le monde et je fais face aux mêmes défis.
Logement, itinérance et participation des jeunes
Le logement et l’itinérance figurent notamment parmi les priorités de Kat Pasquach. Elle juge insuffisants les logements abordables et les mesures de soutien social actuellement disponibles à Windsor, et souhaite que la Ville rende ses espaces publics et ses installations plus accessibles.
Mme Pasquach veut également développer des programmes de mentorat destinés aux jeunes, une idée qui s’appuie sur sa propre expérience professionnelle.
Pour la candidate, ces programmes pourraient à la fois contribuer à prévenir certains actes de vandalisme et à intéresser davantage les jeunes aux affaires municipales.
Venez au bureau de la mairesse, venez à l’hôtel de ville, venez voir à quoi ça ressemble. Imaginez-vous dans ces espaces et voyez comment vous pouvez participer à la politique municipale.
La faible participation électorale des jeunes est d’ailleurs un enjeu qui la préoccupe.
Les gens sont désengagés, soit parce qu’ils n’ont jamais été exposés à ces choses, soit parce qu’ils n’ont plus confiance dans ces systèmes, affirme-t-elle. Si nous voulons que cela change, nous devons commencer à rejoindre les jeunes beaucoup plus tôt.
Une campagne écoresponsable
Kat Pasquach applique sa volonté de faire les choses différemment à sa propre campagne. Elle promet notamment de mener une campagne qu’elle qualifie d’écoresponsable, remettant par exemple en question l’utilisation traditionnelle de milliers d’affiches électorales.
Ce sont des outils de marketing à usage unique qui finissent à la poubelle, explique-t-elle, estimant pouvoir utiliser l’argent de sa campagne de façon plus efficace.

Kat Pasquach, candidate à la mairie de Windsor, aimerait que les membres du conseil municipal travaillent davantage ensemble, au-delà des limites de leurs quartiers respectifs, afin que leurs forces puissent profiter à l’ensemble de la ville.
Photo : Radio-Canada / Pratyush Dayal
À l’approche de la fin de la période de dépôt des candidatures, Kat Pasquach espère finalement voir davantage de femmes se lancer dans la course, même si elles ne partagent pas nécessairement ses positions politiques.
Elle dit avoir déjà communiqué avec d’autres candidates afin de créer des liens et leur offrir son aide.
Politiquement, nous ne sommes pas toujours alignées, mais comme femmes, je pense que nous devrions travailler ensemble pour nous soutenir, affirme-t-elle.


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