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Alors que la recherche scientifique met en évidence l’impact de la profession d’infirmière sur la santé mentale des personnes dans ce milieu, le Syndicat des infirmières et des infirmiers du Manitoba cherche des solutions, tout en dénonçant les raisons de la souffrance des infirmières.
Une étude menée par des chercheuses de l’Université laurentienne révèle que 41 % des 134 infirmières interrogées ont indiqué avoir eu des pensées suicidaires depuis le début de leur carrière. Cette étude s’intéresse aux infirmières qui comptent moins de cinq ans d’expérience et travaillent dans des milieux hospitaliers à travers le pays.
La présidente du Syndicat des infirmières et des infirmiers du Manitoba, Darlene Jackson, n'est pas particulièrement surprise par ces chiffres. Elle précise que la violence dans les établissements de santé, la charge de travail et les heures supplémentaires imposées contribuent au mal-être des infirmières.
Les problèmes de santé mentale auxquels les infirmières sont confrontées aujourd’hui sont plus graves que jamais.
Le syndicat regroupe 97 % des infirmières et infirmiers de la province, soit environ 1300 membres.
Lors du renouvellement de sa convention collective, en 2024, le syndicat a négocié pour la création d’une structure dédiée à la santé mentale des infirmières et infirmiers, afin de répondre aux besoins spécifiques de la profession. Les décisions concernant le financement et l’emplacement de ce service devraient avoir lieu dans les prochaines semaines, indique Darlene Jackson.
Je pense que ce sera extrêmement bénéfique pour les infirmières du Manitoba, car cette structure fonctionnera de manière indépendante, tant vis-à-vis de l'employeur que du syndicat. Tout y sera strictement confidentiel, souligne-t-elle.
Darlene Jackson conseille aux infirmières de ne pas attendre pour demander de l’aide lorsqu’elles éprouvent de la détresse psychologique.
Demandez de l’aide et parlez à un collègue, à un conseiller, à quelqu’un en qui vous avez confiance, mais faites-le avant que la situation n’atteigne le stade de la crise.
Des répercussions sur le terrain
Le Syndicat des infirmières et des infirmiers du Manitoba lance souvent des alertes sur les conditions de travail de ses membres.
Il a notamment publié un livre blanc en février 2025, qui dresse un portrait alarmant du système de soins de santé de la province, et souligne des répercussions sur la qualité des soins.
Depuis l’an dernier, le syndicat tient de nouveau une liste grise d’établissements dans lesquels il recommande aux infirmières de ne pas postuler en raison de conditions de travail dangereuses ou inappropriées. Il n’avait pas eu recours à cette mesure depuis 2007. À l'époque, il avait inscrit l'Hôpital de Dauphin, dans l'ouest du Manitoba, sur cette liste grise.
L’inscription d’un établissement sur la liste grise intervient après un vote des membres du syndicat. Lorsque ce dernier estime que les conditions de travail dans un hôpital ne sont plus acceptables, ses membres sont appelés à se prononcer sur son inscription.
En août 2025, 94 % des votants avaient souhaité que le Centre des sciences de la santé de Winnipeg rejoigne la liste grise. En février 2026, l'Hôpital Saint-Boniface a, à son tour, fait son apparition sur cette liste après que 94 % des votants se sont de nouveau exprimés en ce sens.
Les conditions de travail dégradées des infirmières du Manitoba ont un impact direct sur le taux de rétention dans la province.
En avril dernier, des documents obtenus par CBC à travers une demande d’accès à l’information ont révélé que la province perdait l’équivalent de plus de la moitié des infirmières embauchées, malgré les efforts pour augmenter leur nombre dans le système de santé.
Sur 100 infirmières ou infirmiers embauchés, 57 quittent le système de santé du Manitoba, selon des données provinciales. Ces pertes comprennent les infirmières qui ont démissionné, qui ont pris leur retraite et qui sont parties travailler pour une agence privée.
Une étude de l’Institut économique de Montréal fondée sur des chiffres de 2023 montrait, quant à elle, que l’exode des infirmières était particulièrement marqué chez celles de moins de 35 ans.


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