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Un roulement d’employés administratifs à Saint-Eugène

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MUNICIPAL. En plus de six mois, quatre personnes ont occupé le siège de la direction générale de la Municipalité de Saint-Eugène. D’anciens employés dénoncent certains comportements de la part des élus municipaux.

Une source ayant travaillé à la Municipalité de Saint-Eugène il y a quelques années a récemment fait savoir à L’Express que la directrice générale et greffière-trésorière, Marie-Ève Cholette, a quitté il y a plus de six mois pour un congé de maladie et que, depuis, plusieurs personnes se succèdent à ce poste.

En consultant les récents procès-verbaux disponibles au moment d’écrire ces lignes — soient ceux du 29 décembre 2025 au 7 avril 2026 — sur le site internet de la Municipalité de Saint-Eugène, L’Express a constaté que deux personnes ont depuis pris en charge la fonction par intérim durant l’absence de Mme Cholette, soit Sylvie Viens et Carmelle Lemire.

Une personne ayant occupé le poste de secrétaire et coordonnatrice aux loisirs a aussi été congédiée, en décembre dernier. Ce poste a depuis été divisé en deux emplois, soit ceux de coordonnateur aux loisirs et d’adjoint administratif.

Trois personnes se sont également succédé depuis le début de l’année dans cette dernière fonction. La Municipalité a d’ailleurs affiché l’ouverture du poste au début du mois de juin pour le pourvoir.

En effectuant une demande d’entrevue pour obtenir des précisions sur les départs et le roulement d’employés, L’Express a constaté qu’une nouvelle personne occupe actuellement le poste de directrice générale et greffière-trésorière par intérim : Maryse Desbiens. Cette dernière a auparavant détenu ce titre pendant plus de 20 ans au sein de la Municipalité.

«Nous ne donnerons pas suite à votre demande, puisque nous ne pouvons commenter le départ d’employés dû aux renseignements personnels que nous ne pouvons pas divulguer», a simplement répondu Mme Desbiens dans un échange de courriel.

«Ils se croient tout permis»

La source a accepté de témoigner à L’Express sous le couvert de l’anonymat et a souhaité être le moins identifiable possible par crainte de représailles potentielles.

Elle accuse plusieurs élus du conseil municipal de Saint-Eugène «de se croire tout permis» et affirme qu’ils se sont immiscés dans le travail ainsi que des décisions prise par les employés de l’administration municipale dans les dernières années.

Celle-ci avance que des conseillères municipales ont engagé des dépenses pour la municipalité, alors qu’elles n’en ont pas le droit, et que certains conseillers dépassaient le code d’éthique et de déontologie pour «faire passer certaines choses».

Des employés ont approché le ministère des affaires municipal et de l’habitation du Québec pour dénoncer leur situation. (Photo : Ghyslain Bergeron)

De plus, la source fait mention de plusieurs actions posées par le maire Gilles Beauregard qui ne relèvent pas de sa fonction, comme se présenter sur des chantiers et dicter des ordres aux employés de la voirie.

L’ancienne secrétaire et coordonnatrice aux loisirs, Karine Landry, qui a été congédiée en décembre dernier, a aussi mis en lumière certaines pratiques discutables des élus municipaux auxquelles elle a été confrontée.

Elle relate que, par exemple, en décembre dernier, des conseillers voulaient préparer la prochaine ligue de soccer, alors qu’elle s’en occupait habituellement qu’à partir du mois de mars. «Je ne préparerai pas une ligue à partir de décembre, s’il se peut qu’elle ne démarre pas. Mais eux, ils n’ont pas l’esprit assez large pour voir tout ça», affirme Karine Landry.

L’ancienne coordonnatrice aux loisirs mentionne également que deux conseillères, dont les enfants étaient inscrits au camp de jour l’été dernier, n’ont pas été d’accord avec une sortie organisée. Les élues ont ainsi voulu s’assoir avec Mme Landry pour «s’assurer que les sorties soient plus adéquates».

Karine Landry indique aussi qu’elle s’est fait réprimander par le maire Beauregard pour avoir affiché sur la page Facebook de la Municipalité, des publications annonçant la tenue des séances du conseil municipal. «Je suppose que c’est pour que la salle soit vide pour qu’il y ait moins de gens qui y assistent et questionnent les décisions du conseil», présume-t-elle.

Selon elle, les élus de Saint-Eugène ont de la difficulté à comprendre la hiérarchie administrative. «Si les conseillers veulent avoir une information administrative, ils doivent passer par le maire, qui doit ensuite passer par la DG et qui va ensuite effectuer un retour. Il n’y a pas de courriel avec tout le monde en copie. Il y a toute une hiérarchie au niveau du municipal», soutient Karine Landry.

«Mais bizarrement, à Saint-Eugène, les conseillers ne comprennent pas cette hiérarchie. Aussi, certaines conseillères siégeant sur le comité des loisirs pensent que, parce qu’elles y siègent, elles ont un peu un droit acquis pour s’ingérer dans les décisions de la coordonnatrice des loisirs», ajoute l’ancienne employée de la Municipalité.

Interpellation auprès du MAMH

Plusieurs employés municipaux ont interpellé le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) ainsi que de la Commission municipale du Québec (CMQ) pour les aider à régler ces enjeux, selon la source anonyme.

«Nous avons surtout communiqué avec le MAMH, qui est supposé être là pour nous accompagner. Je sais que la CMQ a aussi été mise au courant de certaines choses, via des formulaires de plaintes, mais, comme ce n’est pas moi qui les aie faites, je ne suis pas au courant [de leur contenu]. Le MAMH nous a dit de les tenir au courant de tout ce qui se passait, mais aucune action n’a été prise de leur part malgré de nombreux courriels et interactions avec eux», explique la source.

La directrice adjointe des relations publiques du MAMH, Anne Rochette, confirme à L’Express que le ministère a été interpellé par des représentants de la Municipalité de Saint-Eugène au sujet de la situation qui prévaut au sein de leur organisation.

«La direction régionale a répondu aux questionnements des représentants et les a référés aux instances appropriées selon la nature des situations soulevées. La direction régionale du ministère a également informé la direction générale de la Municipalité de son offre d’accompagnement en vertu du Cadre d’intervention en matière d’aide et de soutien en gestion municipale et demeure disponible pour offrir ce service», réitère-t-elle dans une réponse écrite.

L’Express a tenté de rejoindre le maire Gilles Beauregard pour avoir sa version des faits sur certains éléments soulevés par les anciens employés de la Municipalité, mais n’a eu aucun retour de sa part au moment d’écrire ces lignes.

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