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« Un retour en arrière » : La ministre des Sports étrille les tests de féminité pour les JO

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Sport 24/04/2026 10:21

La ministre des Sports, Marina Ferrari, s’est indignée du rétablissement des tests génétiques de féminité pour les JO-2028 de Los Angeles.

La ministre des Sports, Marina Ferrari, s’exprime sur la plateau de France Info, le vendredi 24 avril 2026.

Capture d’écran, France Info

La ministre des Sports, Marina Ferrari, s’exprime sur la plateau de France Info, le vendredi 24 avril 2026.

« C’est un retour en arrière ». La ministre des Sports Marina Ferrari a déploré le retour des tests génétiques de féminité à compter des JO-2028 de Los Angeles. « Toutes les athlètes féminines devront présenter un test pour prouver qu’elles sont bien femme. C’est une forme de discrimination, on ne va pas demander à ces messieurs de produire un test de masculinité », a-t-elle déclaré, sur franceinfo, ce vendredi 24 avril.

Le Comité international olympique a annoncé fin mars rétablir ces tests génétiques de féminité. Cette décision va bannir du sport féminin les athlètes transgenres et une grande partie des athlètes intersexes. Elle s’aligne sur la politique de Donald Trump, hôte des JO-2028, qui dès son retour à la Maison Blanche en 2025, avait banni par décret les athlètes transgenres du sport féminin.

Mais cette mesure n’est pas du tout du goût de la France. « Je rappelle que ces tests ont été abandonnés en 1999, précisémment parce que la communauté scientifique remettait en cause leur pertinence », a fait valoir ce vendredi la ministre des Sports.

En effet, le CIO avait renoncé à ces tests chromosomiques, utilisés entre 1968 et 1996, en raison de la pression de la communauté scientifique qui contestait leur pertinence, et de sa propre commission des athlètes. « On n’a aucune mesure de l’impact de ces tests. Je m’explique : vous pouvez aujourd’hui avoir des personnes intersexes qui ignorent qu’elles ont une anomalie génétique et qui vont le découvrir sur un test », a fait valoir Marina Ferrari.

Des tests illégaux sur le sol français

Autre point soulevé : le cadre juridique français. Les tests génétiques sont interdits en France, sauf à des fins médicales ou judiciaires. Dès lors, la ministre s’interroge sur leur mise en œuvre concrète : « Ça veut dire que des athlètes vont faire mettre leur petit bâtonnet dans la bouche par la poste, et puis on va aller se faire tester ailleurs ? », interroge Marina Ferrari.

Reste aussi la question du financement. Ces tests coûteraient plusieurs centaines d’euros chacun. Qui paiera ? « Le CIO ? Je ne pense pas. Les fédérations internationales ? Les fédérations nationales ? Je ne pense pas », estime la ministre, qui exclut en toute prise en charge par l’État français pour des dispositifs contraires au droit national.

La France n’est pas la seule à vivement dénoncer ce « retour en arrière ». Ces derniers mois, les avertissements venant de scientifiques se sont multipliés, mais aussi des rapporteurs des Nations unies, de juristes et d’organisations de défense des droits humains.

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