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Alors que les casiers à homard sont prêts à être mis à la mer, la Coopérative des pêcheurs des Îles-de-la-Madeleine se tourne d'urgence vers les tribunaux. Elle conteste une restriction imposée sur son permis d'acquéreur par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ).
La réglementation restreindrait l’approvisionnement en homard aux détenteurs inscrits sur la liste de la Coopérative.
Or, celle-ci a récemment perdu l’un de ses 32 membres sociétaires en raison d'un décès. La Coopérative souhaite donner la chance à un nouveau pêcheur d'occuper cette place pour la saison de pêche débutant samedi.
On nous a tout simplement refusé notre demande, dénonce le président de la Coopérative, Olivier Renaud. Il estime que ce refus entraînerait une perte de 3 % du chiffre d'affaires de l’entreprise.

Le MAPAQ aurait refusé la demande de la Coopérative de modification de la liste de membres liée à ses permis d'acquéreur afin d’y intégrer un nouveau pêcheur. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Une demande de pourvoi en contrôle judiciaire et une ordonnance de sauvegarde ont été déposées devant la Cour du Québec.
Le président ne mâche pas ses mots : on parle d’un préjudice irréparable!, lance-t-il au micro de l’émission Première Escale.
On doit faire affaire dans un marché compétitif où on sollicite nos pêcheurs et on se fait refuser le droit de remplacer un pêcheur pour des motifs vraiment tristes.

Selon Olivier Renaud, le refus de modification du MAPAQ est une première dans l'industrie de la pêche. (Photo d'archives)
Photo : La Course folle/Télé-Québec
L’horloge tourne
Olivier Renaud martèle qu'à trois jours du début de la saison de pêche au homard, la Coopérative a des contrats et des responsabilités à honorer envers ses clients sur le volume de crustacés à fournir.
Les investisseurs dans notre coopérative, ils vont se dire : “Le prochain pêcheur qui décède ou qui décide d'aller pêcher pour une autre entreprise, sont-ils capables de remplacer? Que vaut mon investissement si la Coopérative n'est pas capable de garantir ses approvisionnements?"
Outre les inquiétudes financières, l'organisme considère que Québec exerce un contrôle excessif sur le droit d'association des pêcheurs.
On s'est mis ensemble pour disposer collectivement de notre produit et là on contrôle le nombre de pêcheurs qui peuvent se joindre à la coopérative par le nombre d'approvisionnements, ajoute-t-il.

La Coopérative des pêcheurs des Îles-de-la-Madeleine affirme qu'elle représente 26 emplois et un investissement de six millions de dollars dans la communauté de l’archipel. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
La coopérative est née en 2023 des cendres d'une faillite industrielle d’une entreprise de transformation, afin de leur permettre de disposer collectivement de leurs produits. La plupart des 32 pêcheurs membres actionnaires de la coopérative ont perdu plusieurs milliers de dollars dans cette saga.
Le député péquiste des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, a réagi au recours judiciaire à travers une lettre au ministre du MAPAQ. Il y écrit que le refus du ministère risque d’entraîner un préjudice financier grave à la coopérative.
Si cette logique est maintenue, elle mènerait inévitablement à une érosion complète de sa base de membres, compromettant ainsi sa pérennité. Une telle situation équivaut, ni plus ni moins, à une asphyxie graduelle de l’entreprise.

La Coopérative dispose d'un permis d'acquisition et peut acheter et mettre en marché du homard vivant, sans transformation. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Lorsque la Coopérative des pêcheurs des Îles a reçu son permis d’acquéreur, elle s’est installée dans un bâtiment industriel sur la pointe de Havre-aux-Maisons. La saison 2026 de pêche au homard, dont le départ est prévu samedi, serait la deuxième saison de la Coopérative à titre d’acquéreur du crustacé.
Contacté par Radio-Canada, le MAPAQ répond par courriel qu'il ne souhaite pas commenter, étant donné que le dossier est judiciarisé.
Avec les informations de Maria Juneau et Renée Dumais Beaudoin


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