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La crise interne qui se déroule au Festival international de cinéma et d’art Les Percéides a des répercussions sur certains des partenariats de l’organisme.
Par communiqué, quatre professionnelles du milieu culturel, qui ont collaboré de près ou de loin avec l'événement dans les dernières années, appellent à une gouvernance plus transparente pour l’organisme. Esther Bourdages, Cécile Martin, Marcelle Lean et Judith Bélanger disent s’inquiéter pour l’avenir des Percéides.
Au-delà des débats sur la gouvernance de l’organisme, cette période d’instabilité soulève des questions chez certains partenaires du Festival. Alors que certains se rallient derrière le conseil d’administration (CA), le festival Ciné Franco a décidé de mettre sa collaboration sur pause.
Un partenaire qui appuie sur les freins
Le festival Ciné Franco de Toronto collabore avec les Percéides depuis 2016 pour offrir des résidences de création à de jeunes cinéastes francophones. En raison du conflit interne, la fondatrice et directrice de Ciné Franco, Marcelle Lean, a décidé de prendre un pas de recul.
Moi, de l'extérieur, qu'est-ce que je vois? Je vois un conseil d'administration qui s'est défait par la démission d'un certain nombre de personnes expérimentées. [...] Je me suis dit : j'aimerais bien me retirer pour voir comment ça se passe, et ensuite reprendre, j'espère, ce très beau partenariat.

Marcelle Lean est la fondatrice et la directrice de Ciné Franco. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Cosignataire de la lettre qui demande une gouvernance plus transparente de la part du Festival Les Percéides, Marcelle Lean n’a toutefois pas l’intention de s’immiscer dans la gestion interne de l’organisme. Elle perd un partenaire d’affaires en François Cormier et s’inquiète de l’avenir du partenariat entre le festival percéen et Ciné Franco sous une nouvelle direction.
Elle a donc choisi de mettre la relation entre les deux organismes sur pause, afin de ne pas investir dans des résidences qui ne se concrétiseraient pas.
Des appuis indéfectibles des institutions locales
Alors que Ciné Franco fait preuve de prudence, les instances locales se rassemblent plutôt en bloc derrière le conseil d’administration actuel, réduit à trois membres, dont le président, Benoît S. Pilon.
La commissaire du Bureau du cinéma et de la télévision de la Gaspésie, Sabrina Merceron, rappelle que le Festival international Les Percéides constitue un moteur crucial pour l’industrie régionale. Elle affirme qu’il est impératif de mettre de côté les guerres personnelles au profit de la survie de ce fleuron gaspésien.
Je trouve extrêmement dommage ce qui se passe et le Bureau du cinéma soutient à 100 % le CA actuel et Benoît Pilon.

Le maire de Percé, Daniel Leboeuf (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Luc Manuel Soares
Même son de cloche à la Ville de Percé. Le maire, Daniel Leboeuf, rappelle que Percé soutient l’événement depuis ses débuts et il écarte l’idée de bloquer le financement municipal. Selon lui, l’organisme possède tous les outils pour régler la situation et il réitère sa pleine confiance envers la direction actuelle afin d’assurer une restructuration.
Une tempête nécessaire, selon Esther Bourdages
Malgré ces appuis locaux, les anciennes collaboratrices de François Cormier maintiennent leur demande de suspendre l’aide financière consentie au Festival pour le projet de rénovation du Centre communautaire de Percé.
Ce groupe comprend notamment Esther Bourdages, ancienne commissaire de la Grande rencontre des arts médiatiques qui collaborait avec Les Percéides depuis 2015, et Judith Bélanger, qui se présente comme membre du comité de développement du Centre d’art communautaire de Percé.
Elles estiment qu’un redressement majeur est nécessaire pour protéger les fonds publics et assurer la pérennité de l’organisme.
Les cosignataires demandent également la mise sous tutelle de l’organisme, alors que la Loi québécoise ne prévoit pas ce genre de mécanisme pour les organismes à but non lucratif (OBNL). Joint par courriel, Logement, Infrastructures et Collectivités Canada (LICC) aussi indiqué que le ministère ne joue pas de rôle administratif dans la gestion des projets financés.
Tout comme François Cormier, les deux dames demandent une modification des règlements généraux de l’organisme, disant craindre qu’une équipe de trois personnes n’ait pas les reins assez solides ou la légitimité de gérer de telles sommes. Esther Bourdages dit vouloir remobiliser la communauté autour du projet du Centre d’art communautaire de Percé. Ça leur appartient, entre autres, ce projet de Centre d’art. On veut que leur voix soit entendue, ajoute-t-elle.
Le président et directeur par intérim des Percéides, Benoît S. Pilon, abonde dans le même sens, mais déplore que la médiatisation actuelle de la crise interne vienne fragiliser puis inquiéter autant la population que les organisations. Il souhaite lui aussi renouveler l’intérêt de la communauté pour le Festival, alors que deux sièges sont présentement vacants au conseil d’administration.

Benoît S.Pilon est le président du conseil d'administration du Festival international de cinéma et d’art Les Percéides et de La Grande rencontre des arts médiatiques de la Gaspésie. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Julien Gautrot
M. S. Pilon ajoute que certaines personnes auraient même déjà manifesté leur intérêt en raison de la restructuration.
Il y a déjà des gens qui lèvent la main pour venir nous rejoindre [...]. Donc, ça, c’est quand même assez encourageant. On a des commerçants, des organismes du milieu qui veulent revenir en partenariat avec nous [...].
Benoit S. Pilon souhaite avant tout livrer une 18e édition conforme aux attentes et aux standards. La programmation 2026 devrait être dévoilée la semaine prochaine.
Avec les informations de Marguerite Morin


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