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Un rapport d’évaluation recommande que l’ensemble des articles vendus en épicerie dans les communautés nordiques soit subventionné par le programme Nutrition Nord.
Actuellement, la subvention fédérale de vente au détail subventionne seulement des articles et aliments jugés essentiels, comme des couches et des médicaments en vente libre.
Le programme a été créé en 2011 et opère dans 124 communautés à travers les trois territoires et dans quelques communautés isolées en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario, au Québec et au Labrador.
Or, le programme a reçu de nombreuses critiques de la part des communautés nordiques au fil des ans, qui affirment qu’il ne fonctionne pas aussi bien qu’il le devrait.
L’évaluation a été menée par Aluki Kotierk, l’ancienne présidente de Nunavut Tunngavik. Celle-ci a été nommée représentante spéciale du ministre des Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord (RCAANC) en 2025 et avait pour mandat d’évaluer l’efficacité de Nutrition Nord et de formuler des recommandations à son égard.
Ce n'est pas parce que nous vivons dans l'Arctique que nous sommes moins Canadiens et que nous devrions réduire nos attentes.
Le rapport, publié en juin, est le fruit des rencontres d’Aluki Kotierk avec des organisations autochtones nationales et régionales, des détaillants et des fournisseurs de transport.

Lancé en 2011, le programme Nutrition Nord Canada vise à faciliter l’accès aux aliments sains dans les communautés nordiques pour réduire l’insécurité alimentaire qui persiste dans le Nord. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey
D’autres recommandations y figurent, comme l’organisation d’un rassemblement pour échanger des expériences sur le fonctionnement du programme et pour réduire le fardeau administratif auquel des détaillants sont confrontés lorsqu’ils présentent une demande.
Dans son évaluation, Mme Kotierk note avoir entendu des préoccupations concernant certaines communautés qui pourraient grandement bénéficier du programme Nutrition Nord, mais qui n'y sont actuellement pas admissibles. Le rapport ne nomme pas ces communautés.
Un rebrassage inutile?
Selon Duane Wilson, vice-président des relations avec les intervenants à Arctic Co-operatives, tous les programmes fédéraux sont un compromis.
Le gouvernement fédéral a octroyé plus de 160 millions $ à Nutrition Nord au cours de l'exercice financier 2025-2026. Si le programme ratissait plus large, il faudrait soit en augmenter le budget, soit diminuer le taux de subvention par produit, soulève Duane Wilson.
Si c’est le cas, alors on est juste en train de faire un rebrassage inutile et d’échanger le coût d’un article pour un autre.
Selon lui, c’est le taux élevé de pauvreté qui empêche plusieurs membres des communautés nordiques de pouvoir payer leur épicerie.
Toute cette histoire de subvention du coût est farfelue si les gens n’arrivent même pas à acheter les aliments à un prix moindre, déplore-t-il.
Réorienter le programme
La députée du Nunavut, Lori Idlout, a souvent critiqué le programme au fil des ans. Elle craint qu’un simple élargissement du programme sous sa forme actuelle ne permette pas de résoudre le problème de l’insécurité alimentaire.
Selon elle, il faudrait plutôt réorienter le programme complètement en finançant des infrastructures, comme les usines de transformation alimentaire et les congélateurs communautaires dans le Nord.
Lori Idlout aimerait également que la subvention pour le soutien aux chasseurs-cueilleurs soit élargie. Ce programme fédéral soutenant la chasse traditionnelle dans les communautés autochtones a été financé à hauteur de 40,3 millions $.
[Il faut] la réformer pour qu'elle soutienne les chasseurs, les cueilleurs, pour que ce soient ces personnes qui en bénéficient réellement et non pas seulement les consommateurs.
L’organisation Inuit Tapiriit Kanatami demande quant à elle l’abolition du programme et son remplacement par une subvention plus efficace, dans la stratégie de réduction de la pauvreté pour la région de l’Inuit Nunangat, publiée le mois dernier.
Selon Statistique Canada, près de 60 % des ménages du Nunavut ont déclaré être en situation d’insécurité alimentaire en 2024.
En juillet, le centre alimentaire Qajuqturvik, à Iqaluit, affirme avoir constaté une augmentation de 45 % de la demande quotidienne de repas.
Le ministère des Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord n’a pas répondu à une demande de commentaires sur l’évaluation du programme.
D'après un texte d'Arty Sarkisian (nouvelle fenêtre)


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