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Le dernier rapport du Conseil consultatif provincial sur les forêts de la Colombie-Britannique affirme que le secteur forestier de la province doit être « repensé » pour faire face à des « difficultés profondes » et à un « moment charnière ».
Le Conseil consultatif provincial sur les forêts de la Colombie-Britannique dresse le portrait d’un secteur où les difficultés sont multiples : une législation complexe, un manque de coordination entre les ministères, un système conçu à l’ère de l’expansion industrielle, les ravages des changements climatiques et une industrie dépendante des marchés américains. Pour y parvenir, selon les auteurs, il ne faut pas attendre pour agir.
Shannon Janzen, coprésidente du Conseil consultatif provincial sur les forêts de la Colombie-Britannique et coauteure du rapport, voit dans les défis auxquels fait face l’industrie l’analogie de deux personnes dans un canot qui rament dans toutes les directions et à qui il faut redonner une seule et même direction.
Les gens crient depuis la rive et nous tournons en rond, puis nous commençons à voir que le courant de la rivière nous emporte vers quelque chose, résume-t-elle.
Il faut repenser le système pour qu’il fonctionne mieux, affirme pour sa part Garry Merkel, coprésident du Conseil consultatif provincial sur les forêts et coauteur du rapport intitulé Du conflit à la protection : l'avenir des forêts en Colombie-Britannique.
Mais n'ajoutons pas encore plus de gestion, de complexité et de politique avant d'avoir compris comment fonctionne cet autre système, ajoute Gary Merkel. Il insiste sur le fait que les parties prenantes du secteur forestier demandent d’une seule voix plus de prévisibilité et un plan pour suivre une même direction.
Dans le document de près de 80 pages (nouvelle fenêtre) (en anglais) publié lundi, le Conseil consultatif provincial sur les forêts de la Colombie-Britannique fait 10 recommandations pour s'attaquer aux problèmes profonds du secteur et propose un horizon de 5 ans pour leur mise en oeuvre.
Il est notamment question d’améliorer le transfert et le partage d’information sur l'état des forêts, de mettre en place une entité chargée de compiler les données, de passer d’un modèle de gestion forestière basé sur le volume à une gestion basée sur les surfaces forestières, d'améliorer la collaboration pour réduire le risque d’incendie ou encore de se pencher plus précisément sur l’état des forêts anciennes.
Les recommandations du dernier rapport du Conseil consultatif provincial sur les forêts de la Colombie-Britannique
- Développer un inventaire forestier et écosystémique fiable et accessible au public, incluant les parcs et les zones protégées.
- Créer un organisme indépendant chargé de la gestion des données sur les espaces forestiers et les forêts.
- Réaliser une évaluation indépendante de la valeur écologique des forêts anciennes.
- Mettre en place de nouvelles zones régionales de gestion forestière par voie législative.
- Lier les plans de gestion aux zones de gestion.
- Établir des zones de gestion dans les zones urbaines à proximité immédiate de zones forestières.
- Créer un organisme indépendant de surveillance de l'état des forêts.
- Jeter les bases de nouvelles voies de réconciliation et collaborer en vue d'une gestion forestière par zone.
- Lancer la transition vers la mise en œuvre de la gestion par zone à l'échelle de la province avec des essais sur le terrain.
- Mettre fin aux parties des initiatives actuelles qui ne sont pas alignées sur la transition vers une gestion foncière par zone et une prise de décision régionale, à commencer par BC Timber Sales (BCTS).
Source : dernier rapport du Conseil consultatif provincial sur les forêts de la Colombie-Britannique
Le système forestier s'appuie sur des fondations centenaires qui s’écroulent peu à peu, estiment les auteurs du rapport.
Un élément clé de la réforme proposée par les auteurs du rapport réside dans le passage vers une gestion forestière basée sur les territoires plutôt que sur le volume.
C’est un système qui date du début des années 1900 et qui n’est plus adapté aux réalités d'aujourd'hui, précise pour sa part Shannon Janzen, qui travaille dans l’industrie depuis près de 30 ans.
En suivant un système basé sur les territoires et les espaces de forêt, la quantité de bois à récolter n’est pas décidée à l’avance : elle est plutôt adaptée à la forêt et à ce dont dispose chaque territoire.
Il y a eu trop de changements. Il y a eu trop de perturbations autour de nous, nous devons aller de l'avant, accepter notre réalité et être capables de nous adapter.
Un rapport salué et un besoin de changement
Aux côtés des auteurs, Ravi Parmar, le ministre des Forêts, précise que le gouvernement et les différents ministères se pencheront en détail sur les recommandations du rapport.
De son côté, le Parti vert a salué la nécessité de changement pour le secteur forestier à un moment critique. Le parti aurait toutefois souhaité que la protection des forêts anciennes soit plus directement abordée d'une manière soutenue par les Premières Nations.
Pour le président du Conseil Na̲nwak̲olas, Dallas Smith, les recommandations proposées dans le rapport sont un pas dans la bonne direction.
Il s'interroge cependant sur l’ordre dans lequel ces mesures seront mises en place et souhaite que les Premières Nations fassent partie de chaque étape. Il croit qu’il ne faudra pas attendre pour mettre en œuvre ces recommandations et qu’il vaut mieux apprendre au fur et à mesure plutôt que d'attendre que tout soit parfait.
Les auteurs du rapport précisent que les recommandations doivent fonctionner ensemble et qu’elles ne sont pas une réponse à des problèmes à court terme, mais bien aux difficultés structurelles du secteur.


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