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Trois candidats de la circonscription électorale d’Abitibi-Ouest ont croisé le fer pour la première fois, mardi soir, devant 70 personnes au Club de golf Beattie à La Sarre.
L’événement était organisé par la MRC d’Abitibi-Ouest, la Chambre de commerce et d’industrie d’Abitibi-Ouest, le Carrefour jeunesse-emploi d’Abitibi-Ouest ainsi que le Forum jeunesse de l’Abitibi-Témiscamingue.
Ce sont six élèves de 5e secondaire de la Cité étudiante Polyno qui ont animé la soirée et posé les questions à la députée sortante Suzanne Blais, de la Coalition avenir Québec (CAQ), Joanie Bolduc, de Québec solidaire (QS), et Sébastien D’Astous, du Parti québécois (PQ).
Tour à tour, ils ont pu se prononcer sur six grands enjeux d’intérêt local et, bien qu’ils avaient la possibilité de répliquer entre eux, l’événement n’a pas vraiment généré beaucoup d’échanges entre les trois candidats.

Les trois candidats ont pu présenter leurs positions dans six grands thèmes, soit le coût de la vie et le logement, la santé, l'immigration et la main-d'œuvre, l'environnement et les ressources naturelles, l'éducation ainsi que l'économie et le développement régional.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Suzanne Blais a surtout présenté son bilan des huit dernières années, mettant l’accent sur des réalisations, comme la construction de la nouvelle piste d’athlétisme et du nouveau pavillon Phénix-du-Savoir de l’école primaire L’Envol à La Sarre. Les autres candidats ont mis davantage l’accent sur les propositions de leur parti pour les enjeux soulevés.
La sensibilité de l’immigration
Le dossier de la main-d'œuvre et de l’immigration a été l’un des seuls à soulever un échange entre deux candidats. Mme Blais a parlé d’un dossier difficile, notamment avec le fédéral, et a vanté les nouvelles mesures mises en place avec l’arrivée de Christine Fréchette à la tête du gouvernement caquiste.
On a le certificat de sélection [dans le cadre du nouveau Programme de sélection des travailleurs du Québec] qui est tout nouveau et qui donne accès à la résidence permanente. Ils ont commencé à en émettre et on en a eu en région. Ça se passe bien, a-t-elle déclaré.
Joanie Bolduc a rappelé que Québec solidaire souhaite rehausser les seuils d’immigration et investir pour mieux accueillir les nouveaux arrivants, après avoir dénoncé la teneur de certains discours des derniers mois sur l’immigration, qu’elle a qualifiés d’horribles.
Québec solidaire va créer le PEQ-Régions, un programme qui va faciliter l’accès à la résidence permanente aux immigrants qui travaillent déjà en région et qui s’engagent à y demeurer pendant au moins trois ans. On va aussi offrir des cours de francisation rémunérés, pendant les heures de travail, et investir massivement en intégration, a-t-elle insisté.
Sébastien D’Astous a d’abord reconnu que l’immigration est essentielle dans la région, pour ensuite se coller à la ligne de son parti et proposer un ralentissement de l’immigration, le temps de rétablir un certain niveau de services.

Sébastien D'Astous a rappelé son expérience politique, à titre de maire d'Amos et préfet de la MRC d'Abitibi. Il en est à sa 9e campagne électorale.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Comment on a pris 2 millions de population en 15 ans au Québec? C’est sûr qu’il y a eu beaucoup d’immigration et ce qu’on dit, c’est que ça a mis une pression, pas pour mettre le blâme sur personne, mais il y a une pression sur nos services sociaux parce qu’il y a eu un laxisme de l’État. On n’a pas assuré le nombre de logements, les services de santé et les soins pour tout ce beau monde-là qui est arrivé chez nous, a-t-il déclaré.
Pour une rare fois, Joanie Bolduc a utilisé son droit de réplique pour relancer M. D’Astous sur cette affirmation.
Ça fait trois décennies que les taux d'inoccupation pour le logement sont vraiment très bas. En quoi les immigrants ont-ils contribué?
Je ne dis pas qu’ils ont contribué. Ce que je dis, c’est que quand on augmente la population, il faut s'assurer qu'il y a plus de CPE, plus d'écoles, plus de maisons… Puis, si on n'a pas mis les politiques en place pour accueillir tout ce beau monde-là, peu importe d'où ils viennent, bien, on a manqué le bateau, a-t-il réitéré.

La formule adoptée à La Sarre permettait aux candidats de répondre à chaque question pendant deux minutes, puis ils pouvaient relancer un autre candidat avec un droit de réplique de 30 secondes.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
L’importance de la santé
Le dossier de la santé est aussi un sujet important en Abitibi-Ouest, où la population s’est mobilisée pour la Grande Séduction. M. D’Astous a repris l’engagement de son parti d’abolir Santé Québec pour décentraliser les budgets vers les régions.
On va reprendre l'argent, on va la mettre dans les centres de services de santé, on va envoyer l'argent où elle doit être.
Joanie Bolduc s’est insurgée contre le fait que la population ait eu à se mobiliser pour sauver les soins de santé à La Sarre. Elle a aussi insisté sur l’importance de recruter et retenir des médecins omnipraticiens.
Il n'y a pas eu d'augmentation depuis 20 ans des primes, ce qui fait en sorte qu'on a de la difficulté aussi à avoir des médecins de famille en Abitibi, a-t-elle soulevé, en ajoutant qu’elle et son parti sont solidaires du milieu communautaire, qu’il faut aussi mieux soutenir.
Suzanne Blais, en revanche, s’est dite très fière de la mobilisation de la population dans la Grande Séduction, citée partout au Québec et même à l’international. Elle veut avant tout travailler avec la population dans les dossiers de la santé.
Avec le gouvernement, je peux vous assurer d’une chose, c’est qu’on va être porte-parole tous ensemble pour améliorer nos soins de santé, développer notre première ligne, qui est très importante, a-t-elle déclaré, rappelant que, dès janvier, les pharmaciens se joindront aux équipes de première ligne.

«Mon souci de préserver nos acquis et développer notre territoire, ça fait partie de mon ADN», a déclaré Suzanne Blais, lors du débat.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Redevances et gazoduc
Il a aussi beaucoup été question des ressources naturelles, notamment de l’industrie forestière et des redevances minières, ainsi que du gazoduc.
Les trois candidats ont rappelé les engagements de leur parti pour hausser les redevances minières destinées aux municipalités et aux régions qui en subissent les impacts. Sébastien D’Astous a aussi insisté sur l’importance d’adopter rapidement un nouveau régime forestier avec l’accord des Premières Nations.
C’est sûr que, sans régime forestier, ça crée une instabilité, une imprévisibilité. La filière forestière est mise à mal de tout bord. Il y a des usines qui ferment tous les mois, c’est une catastrophe. Je ne comprends pas qu’il n’y ait pas eu de décisions prises plus rapidement pour aider le secteur forestier. Nous, on dit que le régime, on va régler ça d’ici le 1er janvier 2027 et ce sera fait avec les Premières Nations et les entreprises, a-t-il promis, avant de devoir préciser qu'il avait exagéré sur la fréquence des fermetures des usines en forêt, répondant à une réplique de Suzanne Blais.

Joanie Bolduc s'est présentée comme étant militante syndicale, ingénieure et féministe.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Invités à se prononcer sur le projet de gazoduc mené par Marinvest Énergie Canada et Kino Aski, M. D’Astous et Suzanne Blais ont joué de prudence. Ils ne se sont pas engagés à soutenir ou à s’opposer au projet. Le candidat du PQ a parlé d’un projet encore embryonnaire qu’il faudra évaluer à sa valeur, et tous deux ont parlé d’une acceptabilité sociale nécessaire.
C’est toujours l’acceptabilité sociale et les analyses qui doivent être faites de manière très pointue au niveau de l’environnement.
Nous sommes le seul parti contre les gazoducs et les pipelines. Parce qu’on trouve que ça ne fait pas de sens. Même si l’impact n’est pas grand dans la forêt boréale, les impacts à long terme sur le climat sont importants. Pour nous, pour une transition écologique, c’est complètement non négociable, a insisté la candidate solidaire Joanie Bolduc.

Les candidats entourent les élèves Megan Lavoie, Ophélie Brassard, Ethel-Ann Picard, Daphnée Hamel, Emma Bonniol et Alice Nadeau, qui ont animé la soirée et posé les questions.
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
Les trois adversaires politiques participeront à une deuxième activité publique d’échanges et d’informations, cette fois du côté d’Amos, le 22 septembre en soirée, à l’invitation de la Chambre de commerce et d’industrie d’Amos-Harricana.


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