Récemment, trois grands médias ont mené une enquête importante s’appuyant sur des fuites de documents confidentiels. Lors d’une rencontre russo-chinoise portant sur la collaboration militaires des deux pays, les deux acteurs ont discuté de moyens de ralentir, brouiller voire même détruire la constellation Starlink de SpaceX.
La preuve d’une véritable collaboration entre la Chine et la Russie
Depuis déjà quelques temps, le projet Starlink n’est autre que la plus grande constellation de satellites de l’histoire humaine qui d’ailleurs, se trouve en situation de quasi-monopole sur l’orbite basse. A l’heure où sont écrites ces lignes, le projet compte environ 9 820 satellites opérationnels en orbite. A terme, cette constellation devrait en compter plus de 40 000. Or, le bruit court depuis peu que la Chine et la Russie auraient l’intention de nuire au projet.
Le média d’investigation russe en exil The Insider a collaboré avec les médias européens Le Monde et Der Spiegel dans le cadre d’une enquête sur le sujet, publiée le 9 juillet 2026 – reprise peu après par le Washington Post. Cette publication évoque des documents confidentiels et détaille la tenue du Troisième Forum secret sur la coopération russo-chinoise à Guangzhou (Chine), en 2023. Durant cet événement, les deux pays auraient partagé des présentations tactiques décrivant des moyens de venir à bout de la constellation étasunienne.
« Ces documents révèlent un partenariat qui a largement dépassé le stade des déclarations communes pour se transformer en un programme structuré et multidisciplinaire visant à développer des armes qu’aucun des deux pays ne pourrait concevoir seul.« , peut-on lire dans l’enquête.
Crédit : The Insider / Le Monde / Der Spiegel
Crédit : The Insider / Le Monde / Der Spiegel
Recours juridiques, systèmes de contre-mesures mobiles et attaques cybernétiques
L’idée est relative à un « plan d’usure cybernétique » s’articulant autour d’une stratégie en trois étapes. Dans un premier temps, il est question d’une pression juridique et diplomatique pour freiner l’expansion de la constellation. La Chine et la Russie pensent à créer une coalition internationale ayant pour but de dénoncer le quasi-monopole de SpaceX en orbite basse. Il s’agit aussi de déposer des recours conjoints auprès des instances de régulation mondiales – notamment l’Union internationale des télécommunications (UIT) – afin de contester l’attribution des fréquences.
La seconde phase du plan est de saturer l’espace et couper le signal localement, en fusionnant les programmes de guerre électronique. Ceci permettra de concevoir des systèmes de contre-mesures mobiles capables de couper la liaison entre les terminaux au sol et les satellites dans des zones de combat spécifiques. En ce qui concerne la dernière étape, l’enquête évoque des attaques directes sur les satellites, notamment cybernétiques. Il s’agit ici principalement de malwares ayant pour objectif d’injecter des virus, usurper des accès et geler les systèmes de contrôle des terminaux et des satellites.
Si l’U.S. Space Force prend évidemment la menace avec sérieux, il est cependant nécessaire de rappeler que pirater ou saturer un réseau maillé et évolutif comme Starlink n’est pas chose aisée. En effet, SpaceX effectue constamment des mises à jour et ce, justement pour limiter les risques.
Un possible recours à des armes physiques
Au sujet des attaques, il est également possible que les satellites doivent faire face à des menaces d’ordre physique. En effet, l’enquête révèle que la Chine et la Russie penseraient à utiliser des missiles ou des vecteurs dispersant des nuages de projectiles métalliques à haute densité, par exemple des billes d’acier. Une autre idée implique des nuages de micro-satellites kamikazes de type CubeSat qui permettraient de détruire plusieurs satellites à chaque impact.
Concernant ce dernier point, l’information est à prendre avec des pincettes. En effet, il ne fait aucun doute que la destruction physique de milliers de satellites Starlink saturerait l’orbite basse de millions de fragments incontrôlables. Ces débris détruiraient indifféremment d’autres satellites de communication ou militaire et ce, peu importe leur nationalité. Au passage, soulignons tout de même que toute attaque pourrait aussi menacer la nouvelle constellation chinoise SpaceSail, qui compte aujourd’hui environ 240 objets.


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