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La Première Nation de Timiskaming a inauguré officiellement son nouveau poste de police jeudi, en compagnie de la cheffe, du conseil, de membres de la communauté, des agents du service de police et de dignitaires.
Les policiers opèrent depuis plusieurs mois déjà à partir de ce nouveau bâtiment, plus grand que l'ancien et situé sur la route 101.

Un peu plus tôt dans la journée, une coupe de ruban a eu lieu en plus de la levée des drapeaux.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Sean McLaren, vice-chef de la Première Nation de Timiskaming, se dit fier de cette réalisation. Les nouveaux locaux permettront notamment d’accueillir une équipe policière en pleine croissance.
Je pense que ça a amélioré les conditions de travail, considère-t-il. Ça prenait des bureaux pour eux. Puis je pense que d’avoir un poste au bord du grand chemin, ça peut ralentir le trafic.

La Première Nation de Timiskaming tenait un dîner communautaire après l'inauguration du poste de police.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Une dizaine de policiers œuvre dans cette station et cinq autres seront recrutés prochainement. Tous ont des origines autochtones, et la plupart viennent de la Première Nation de Timiskaming. Ça, c’est l’avantage, car les personnes qui ont été élevées ici connaissent leur monde, indique le caporal François Savage.
La police de Timiskaming collabore régulièrement avec la Sûreté du Québec pour la municipalité voisine, mais aussi avec deux autres communautés autochtones, où les défis sont différents.

Le caporal François Savage est chargé des patrouilles et de l'entraînement à la station de police de Timiskaming. Il y est affecté depuis cinq ans.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Très souvent, la communauté de Notre-Dame-du-Nord va nous appeler avant d’appeler la Sûreté du Québec et on di : ''OK, on est en route, mais vous devez les appeler'', explique-t-il.
Les agents de Timiskaming patrouillent également dans les communautés de Long Point et de Kebaowek, grâce à un partenariat signé en 2022. Le caporal rêve d’une force policière anishnabe pour la région, un Anishnabe Police Service, un dossier dans lequel il est impliqué avec les différents gouvernements.
Un bâtiment moderne

Le caporal François Savage nous fait visiter le vestiaire des hommes.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Le poste de police est équipé à la fine pointe de la technologie, a expliqué François Savage à Radio-Canada, alors qu’il nous faisait visiter les lieux. Ce qui est le fun, c’est qu’on est une petite communauté, un petit corps policier, sauf qu’on a toutes les bébelles au monde qui font l’envie de nos confrères, lance-t-il.
Dans le bâtiment, le caporal nous montre une salle d’interrogatoire avec une vitre sans tain, le bureau de surveillance des détenus, les cellules, la salle d'entrevue adaptée pour les personnes vulnérables et les bureaux.

Dans l'une des pièces, on y retrouve les caméras d'intervention, que chaque policier doit porter. Le bloc permet de charger la caméra et d'en extraire les données. Juste devant, le plateau de chargement pour les pistolets Taser.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
On a un technicien en ivressomètre, il a son bureau. On a ce qu’on appelle un ''live scan'' : je ne prends plus les empreintes en beurrant les mains, c’est tout digital. On a la détention où on peut garder quelqu’un pendant 24 heures, cite le caporal Savage en exemple.
La construction a débuté en 2024 et s’est terminée un an plus tard, par l’entrepreneur général Construction CFR. L’ancien poste de police a été transformé en locaux pour le département culturel.

Une cellule de détention où une personne peut y rester pour un maximum de 24 heures. Tout est conçu pour éviter les blessures intentionnelles, nous a expliqué le caporal.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Sécurité publique Canada et le ministère de la Sécurité intérieure du Québec ont investi 8,8 millions de dollars pour ce projet.
Une fierté de servir dans sa communauté
L’équipe, allant des officiers à la maintenance, tire une fierté de ce corps policier, décrit-il. Plusieurs policiers qui ont servi au sein de la Sûreté du Québec, de la Gendarmerie royale du Canada et d’autres corps policiers sont revenus en fin de carrière.

Le nouveau poste de police peut accueillir davantage de policiers et des espaces plus spacieux que l'ancien.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
On effectue un retour à nos racines, si je peux dire. Ça fait une famille, je dirais. Moins quand le caporal doit discipliner, lance François Savage à la blague, mais en bout de ligne, c’est comme entre grands frères.
Avoir des policiers autochtones est important pour une Première Nation, souligne le caporal. Même s’il est Métis d’une communauté en Ontario, il vit aussi le sentiment de proximité avec la communauté de Timiskaming.

La salle des pièces à conviction, où une procédure est mise en place à chaque dépôt de pièce. L'accès est restreint.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
C’est une lame à deux tranchants, car tu connais tout le monde et tout le monde te connaît. Quand tu veux avoir de l’information, souvent, on peut aller chercher de Pierre, Jean, Jacques, parce qu’on est parent, on a été à l’école avec. Mais la même chose se déroule si on fait une infraction au code la route, tu te fais arrêter et là tu dis : ''Mais Pierre, on a été à l’école ensemble!'', illustre François Savage, qui souligne l’importance de s’intégrer avec la population entre deux appels.
Un meilleur bilan
Le vice-chef Sean McLaren constate une amélioration du bilan en matière de criminalité dernièrement. Il y a un gros changement ici, ça fait un petit bout que ça va dans le bon chemin, se réjouit-il.

Sean McLaren, vice-chef de la Première Nation de Timiskaming, est fier du nouveau poste de police.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Il pense cependant que certaines personnes connues des forces policières auraient quitté vers des communautés sans grande présence policière.
Notre département de police est actif, il vient d’ici et ça aide, d’être présent dans la communauté. Quand tu es là, tu peux gérer les affaires tout de suite, mentionne Sean McLaren, en faisant référence à Long Point, qui doit parfois attendre plusieurs heures avant une intervention, faute de desserte policière.


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