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Le livre Truth Before Reconciliation: Confronting Residential School Denialism (La vérité avant la réconciliation : lutter contre le déni des pensionnats pour Autochtones) a pour objectif de contrer les idées qui minimisent, voire dénient, le mal causé par les pensionnats à l'égard des communautés autochtones du Canada.
Erin Millions est professeure d’histoire à l’Université de Winnipeg et l'une des auteurs du livre. Elle se concentre plus particulièrement sur la colonisation des peuples sur les autres.
Un moment marquant en 2023 l’a poussé à prendre la plume alors que l’un de ses étudiants lui a demandé si des enfants étaient vraiment décédés dans les pensionnats pour Autochtones.

Erin Millions indique que constater une recrudescence des fausses informations concernant les pensionnats pour Autochtones parmi ses élèves l'a amenée à s'intéresser davantage au négationnisme lié à ces établissements.
Photo : Radio-Canada / Maeve Ellis
C'était vraiment la première fois qu'un élève reprenait tel quel ces discours négationnistes sur les pensionnats, indique-t-elle.
C'est l'un de ces moments qui m'ont fait me dire : "Bon, je vais devoir commencer à aborder cette question de manière plus directe".
Mme Millions, accompagnée d’experts issus du monde universitaire et de militants, s’est alors mise à écrire le livre.
Sean Carleton est l’un des deux éditeurs du livre. Il montre du doigt, lui aussi, les personnes qui transmettent des idées déniant le tort causé par les pensionnats pour Autochtones.
Ce sont ces personnes qui participent de manière hypocrite au débat public sur les pensionnats, en essayant de minimiser les préjudices et les souffrances causés par ce système, estime Sean Carleton, également professeur d’histoire et d’études autochtones à l’Université du Manitoba.
Il prend en exemple le média Rebel News, qui a annoncé à la fin du mois d'août la sortie de nouveaux chandails sur lesquels sont inscrites des phrases comme : Il n’y a pas de preuves, ou encore le Canada a été construit, pas volé.

Rebel News a lancé une nouvelle collection de vêtements négationnistes à l'approche de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.
Photo : Capture d’écran/rebelnewsstore.com
Nous n'avons pas besoin d'agir ainsi. Nous pouvons remettre en question la source d'information d'où provient souvent ce déni et trouver des moyens de tisser des liens les uns avec les autres, affirme M. Carleton.
Erin Millions, elle, est d'avis que montrer des traces de reconnaissance du passé dans l’espace public, en changeant le nom de rues, peut être un moyen d’avancer et d’accompagner un processus de guérison.
Ça remplit une double fonction : c’est à la fois éducatif et apaisant, souligne-t-elle.
Michelle Good fait partie de la Nation crie Red Pheasant et est l’autrice d’un des chapitres du livre.
Selon elle, les pensionnats pour Autochtones ont causé un génocide, comme celui dont été victimes les juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Elle demande que des actions légales soient lancées contre les personnes qui dénient cette affirmation.
En 2022, la Chambre des communes a voté à l'unanimité pour demander au gouvernement fédéral de reconnaître que les pensionnats pour Autochtones du Canada sont à l'origine d'un génocide.
D’après un texte de Maeve Ellis


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