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Trois ans après l'adoption de la controversée Loi sur les droits parentaux, les répercussions demeurent vives au sein de la communauté transgenre de la Saskatchewan. Samedi, des dizaines de résidents, de jeunes et de familles se sont réunis à Saskatoon pour réclamer l'abrogation de la mesure et dénoncer un climat scolaire jugé de plus en plus hostile.
Organisée par le Red Bear Party et l'organisme Queer Momentum, cette manifestation visait à dresser le bilan de cette loi. Sanctionnée à l'automne 2023 par le gouvernement de Scott Moe, elle oblige les écoles à obtenir le consentement des parents avant que les élèves de moins de 16 ans puissent utiliser le prénom ou le pronom de leur choix.
Pour Valerie Sutton, qui fréquentait l'école secondaire au moment de l'adoption du texte législatif, l'impact a été immédiat.
Au départ, je gardais ma transition discrète pour assurer ma propre sécurité. Après l'adoption de la loi, je ne me sentais plus du tout en sécurité à l'école. J'ai fini par décrocher, relate Valerie Sutton, qui tenait à manifester pour rappeler que la communauté ne se laissera pas effacer.
Peu importe le nombre de lois adoptées pour nous réprimer, pour nous dévoiler sans notre consentement ou pour tenter de nous effacer, nous sommes là. Nous avons toujours été là et nous continuerons d'être là.
Une vulnérabilité accrue pour les jeunes
Même constat pour Kai Creighton, qui a lui-même grandi en tant qu'adolescent transgenre dans le système scolaire provincial. Selon lui, obliger l'autorisation parentale expose inutilement certains élèves à des tensions au sein de leur foyer.
Cette loi cible ouvertement les jeunes trans. Elle est dangereuse, car elle contraint des enfants qui vivent auprès de proches violents ou hostiles à révéler ce qu'ils ont de plus intime à des personnes susceptibles de leur faire du tort, tant sur le plan physique qu'émotionnel, déplore-t-il.
Nous ne sommes pas des ennemis. La plupart d'entre nous ne sont que des enfants qui tentent simplement de vivre leur vie comme n'importe qui d'autre, ajoute M. Creighton.

Kai Creighton (à gauche) et Valerie Sutton (à droite) ont participé au rassemblement pour soutenir les jeunes transgenres.
Photo : Radio-Canada / Halyna Mihalik
Le gouvernement maintient sa position
Interpellé sur les contestations entourant la mesure, le premier ministre Scott Moe a réitéré au printemps dernier la position de son gouvernement, affirmant que les tuteurs légaux doivent demeurer au cœur du cheminement scolaire de leurs enfants.
La Loi sur les droits parentaux a été adoptée pour s'assurer que les parents participent à l'éducation de leurs enfants et aux décisions prises dans nos écoles à l'échelle provinciale.
Selon M. Moe, l'objectif demeure d'inclure les familles dans les choix faits par leurs enfants.
Dans une déclaration transmise plus tôt cette année, le gouvernement du Parti saskatchewanais a fait valoir que la législation offre des balises claires aux divisions scolaires tout en protégeant les droits des parents.
L'argument ne convainc pas Carmen Finnigan, mère de deux enfants venue manifester aux côtés de sa famille. Pour elle, la loi porte atteinte à l'intimité des jeunes et au lien de confiance avec le milieu scolaire.
Les enfants ont besoin de pouvoir explorer une nouvelle identité, de se confier à un adulte bienveillant en dehors du cercle familial. Les parents ne peuvent pas tout combler, souligne-t-elle.
Mme Finnigan estime que l'État s'ingère indûment dans ces dynamiques. Au lieu de s'enliser dans des contestations judiciaires qui nuisent aux enfants, il faudrait plutôt consacrer les ressources nécessaires pour veiller à leur sécurité et à leur éducation.
Son enfant, Ariel Finnigan Myrie, qui s'identifie comme non binaire, a rappelé que l'affirmation de son identité constitue un cheminement personnel exigeant du temps et de la compréhension.
Une grande partie de notre avenir se joue dans ce genre de mobilisation citoyenne, a conclu Ariel Finnigan Myrie.
Avec les informations de Halyna Mihalik et de Randi LaRocque


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