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Mais jusqu'où les chercheurs sont-ils capables d'aller pour découvrir une nouvelle espèce? Les spécialistes des nénuphars des jardins botaniques royaux de Kew, au Royaume-Uni, ne comptent pas les kilomètres. Tout a commencé alors que Carlos Magdalena, horticulteur à Kew, a aperçu une plante XXL sur une photo publiée sur Instagram par Jeremiah Harris, un propriétaire de pépinière aux États-Unis. Sur le cliché, ce dernier pose dans l'eau, à côté d'une immense feuille de nénuphar.
Les nénuphars géants appartiennent généralement au genre Victoria, qui comptait jusqu'alors trois espèces. La photo repérée sur Instagram avait de quoi intriguer Carlos Magdalena: elle a été prise dans la région d'Inírida, en Colombie, où aucune plante de ce genre n'avait jusqu'alors été signalée. L'horticulteur a donc décidé d'enquêter, comme le retrace IFL Science.
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«L'emplacement était prometteur, car aucune Victoria n'avait jamais été repérée dans le bassin versant de l'Orénoque. J'ai donc eu le sentiment que nous étions peut-être face à une nouvelle espèce, souligne Carlos Magdalena. Lorsque Jeremiah Harris m'a envoyé d'autres photos, il est apparu plus clairement que cette plante était légèrement différente, ce qui nous a encouragés à faire équipe et à commencer à planifier une expédition de collecte.»
Après avoir passé au crible les images satellites de la région et des lacs environnants, l'équipe de chercheurs a organisé une expédition de cinq jours dans la forêt tropicale d'Inírida. Après quatre jours de recherches infructueuses, le moral des troupes était au plus bas. Sans échantillon floral, impossible de confirmer l'existence d'une nouvelle espèce, ni de la comparer aux 6,4 millions d'échantillons conservés dans l'herbier de Kew.
Expédition nocturne
Mais la chance a fini par tourner, grâce à la rencontre de Gustavo Melo, un batelier autochtone de la région. L'homme leur a indiqué où trouver la précieuse plante. L'équipe s'est donc rendue sur le site, de nuit. «Après l'avoir cherchée pendant de nombreux jours, nous avons réussi à la trouver après avoir navigué toute la nuit, relate l'horticulteur. Nous avons trouvé plusieurs spécimens en fleur à 5h du matin, puis nous nous sommes précipités à l'aéroport pour notre vol à 9h.»
Le verdict est sans appel: les scientifiques ont bien découvert une nouvelle espèce végétale, qu'ils ont baptisée Victoria colombiana. Mais cette trouvaille s'accompagne d'une mauvaise nouvelle: la lignée serait déjà au bord de l'extinction. L'équipe estime qu'il ne subsiste que 30 à 50 plantes à l'état sauvage, ce qui les rend particulièrement vulnérables.
«La technologie satellitaire nous a beaucoup aidés à découvrir cette population et nous a permis d'observer la plante pendant la saison sèche, lorsque les niveaux d'eau sont bas», étaye Carlos Magdalena. Pour atteindre les pousses, les chercheurs ont dû attendre que l'eau monte, afin de naviguer dans la forêt inondée et de rejoindre des lacs autrement inaccessibles.
Pour espérer préserver l'espèce, il est essentiel de comprendre comment elle se reproduit. Les mouvements du fleuve jouent un rôle essentiel dans la prolifération des nénuphars géants. Leurs graines sèchent très rapidement, mais peuvent rester longtemps enfouies dans les lits des rivières et des lacs. Avec les crues, elles sont ainsi transportées par la montée des eaux, ce qui permet aux plantes de se propager. C'est tout ce qu'on souhaite à Victoria colombiana, qui risquerait sinon de disparaitre presque aussitôt après avoir été découverte.





























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