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Tous les deux à sept ans, la région du Pacifique est confrontée à de graves anomalies de température: ce sont les conséquences d'El Niño, un phénomène météorologique naturel dévastateur. Il est connu et redouté pour provoquer des cascades de catastrophes naturelles de grande ampleur, allant des inondations aux incendies, en passant par les sécheresses.
Dans les semaines à venir, les climatologues craignent d'assister à l'un des épisodes les plus violents. La version 2026 serait la plus intense depuis les années 1880, période à laquelle remontent les premiers enregistrements du phénomène. Ce «super El Niño» devrait porter un coup dévastateur à l'industrie de la pêche dans la région du Pacifique, déjà considérablement fragilisée par les précédentes vagues de chaleur, rapporte le Guardian.
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Vivant dans le sud de l'océan Pacifique, l'anchois péruvien est particulièrement convoité. À l'échelle mondiale, il représente près d'un dixième des prises de la pêche commerciale, et ce depuis 1970. Certaines années, la pêche à l'anchois génère jusqu'à 3 milliards de dollars (environ 2,7 milliards d'euros). Elle emploie environ 50.000 personnes, et jusqu'à 250.000 en prenant en compte les emplois indirects.
Crise annoncée de l'anchois
Seule une petite partie des anchois est consommée sous forme de poisson. 90% de la pêche est transformée en farine et en huile. Le Pérou produit d'ailleurs 20% de la farine de poisson commercialisée à l'international. En juin 2026, le gouvernement péruvien a pris une décision lourde de conséquences: il a empêché tous les bateaux de pêche à l'anchois de prendre la mer, suspendant ainsi la saison de pêche débutée plus tôt en avril. À la mi-août, la suspension s'est transformée en fermeture totale.
Le ministre péruvien de la production de l'époque, César Quispe Luján, avait alors mis en avant la nécessité de «gérer les ressources marines sur la base de critères scientifiques, en agissant en temps opportun et dans une perspective à long terme».
La faute à El Niño
Avec El Niño, les eaux plus chaudes s'accumulent au large de l'Amérique du Sud équatoriale. La chaleur a des répercussions négatives sur la croissance des anchois. De surcroît, les eaux chaudes stagnent en surface, repoussant les courants froids vers les profondeurs. Cela limite la remontée des nutriments dans les couches supérieures de l'océan. Pour les petits poissons argentés, les conséquences sont doubles: la superficie océanique où ils trouvent un habitat convenable est réduite et leur nourriture, le plancton, se raréfie.
La décision d'interdire la pêche aux anchois pèse sur l'économie péruvienne. La banque centrale du pays prévoit une contraction de 30,7% du secteur. Environ 78.000 suppressions d'emplois sont attendues en 2026, et 44.000 autres devraient avoir lieu l'année prochaine. Ce qui aura des répercussions sur l'approvisionnement alimentaire mondial et les prix des petits poissons et leurs produits dérivés.
Au Pérou, la deuxième saison de pêche de l'année pourrait bien être également annulée, ce qui impacterait encore plus le marché des anchois. La température des eaux, dopée par le phénomène El Niño, reste trop élevée et les anchois sont contraints de se rapprocher des côtes. Les risques de la pêche sur les jeunes spécimens semblent trop importants, d'après plusieurs experts.
Selon plusieurs recherches, le réchauffement des océans et ses effets entraîneront une diminution du nombre d'anchois de 8% à 14% par décennie, au cours du XXIᵉ siècle. Décidément, le marché des petits poissons argentés est en crise et El Niño n'a fait qu'empirer la situation.





























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