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Un dirigeant transgenre du réseau extrémiste nihiliste « 764 » condamné à 77 ans de prison

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Un Américain associé au réseau extrémiste en ligne « 764 » a été condamné mercredi à 77 ans de prison fédérale pour avoir exploité sexuellement de jeunes filles, diffusé du matériel montrant leur automutilation et contribué à la circulation de vidéos de torture animale.

Kyle William Spitze, 27 ans, de Friendsville, au Tennessee, avait plaidé coupable à deux chefs de production de matériel d’abus sexuel d’enfants, à un chef de complicité dans la distribution de vidéos d’écrasement d’animaux et à un chef de possession de matériel pédopornographique.

Le juge fédéral Thomas Varlan lui a imposé la peine entière réclamée par les procureurs. Il s’agit, selon le ministère américain de la Justice, de la plus longue peine fédérale jamais prononcée contre un extrémiste violent nihiliste.

S’il devait un jour être libéré, Spitze demeurerait sous surveillance judiciaire pour le reste de sa vie et devrait s’inscrire au registre des délinquants sexuels. (Département américain de la Justice)

Des jeunes filles forcées à se mutiler

Sous les pseudonymes « Crimhn », « Criminal » et « Criminaloli », Spitze administrait notamment HarmNation, un sous-groupe lié à l’univers de 764.

L’enquête du FBI a commencé en décembre 2023 après la réception de renseignements concernant la diffusion de matériel d’abus sexuel d’enfants par des membres de HarmNation.

Les enquêteurs ont découvert que Spitze exploitait un canal sur les réseaux sociaux où il publiait des images et des vidéos de jeunes filles nues s’étant infligé des coupures. Certaines avaient écrit son pseudonyme avec leur sang ou l’avaient gravé directement dans leur peau.

Des photographies d’animaux mutilés portant également une variante du mot « Crim » circulaient sur le même canal.

Lors d’une perquisition effectuée en février 2024, les policiers ont retrouvé sur son téléphone du contenu semblable impliquant notamment deux victimes mineures. L’une d’elles avait écrit « crim » sur sa poitrine avec son propre sang.

La jeune fille a expliqué au FBI que Spitze l’avait menacée afin de la contraindre à produire ces images.

Selon le ministère de la Justice, Spitze a reconnu devant les enquêteurs que ses crimes reposaient également sur une motivation terroriste.

Plus de 2 600 victimes revendiquées

Selon un mémoire des procureurs consulté par le journaliste Mike Levine d’ABC News, Spitze affirmait en ligne avoir « conditionné » plus de 2 600 victimes aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Les procureurs le décrivaient comme l’un des membres les plus prolifiques de 764 et de HarmNation.

Dans un cas détaillé devant le tribunal, Spitze aurait approché une fillette de 12 ans sur une plateforme populaire, lui donnant de l’attention et prétendant être son amoureux. Après l’avoir convaincue de lui envoyer des vidéos sexuellement explicites, il aurait utilisé celles-ci pour la faire chanter.

Il lui aurait ensuite ordonné, pendant un appel vidéo, de se couper aussi profondément que possible. Lors d’un autre appel, il l’aurait forcée à tuer un poulet et à disposer les entrailles de l’animal de manière à former son pseudonyme.

Spitze aurait menacé de diffuser les vidéos compromettantes de l’enfant ou de s’en prendre physiquement à elle si elle refusait d’obéir.

Les procureurs affirment que deux de ses victimes se sont éventuellement suicidées. (ABC News)

Un réseau qui transforme la souffrance en monnaie d’échange

Fondé au Texas en 2021, 764 ne fonctionne pas comme une organisation traditionnelle dotée d’une direction unique. Il s’agit plutôt d’un ensemble international et décentralisé de communautés qui partagent une idéologie accélérationniste et nihiliste.

Le réseau cherche à provoquer l’effondrement de la société en normalisant la violence, l’automutilation, le suicide, les agressions sexuelles, la cruauté envers les animaux et, dans certains cas, les meurtres de masse.

Ses membres ciblent particulièrement les enfants vulnérables sur les réseaux sociaux, les applications de messagerie et les plateformes de jeux fréquentées par les jeunes. Après avoir obtenu des images compromettantes, ils utilisent le chantage et les menaces pour exiger des actes toujours plus violents.

Le contenu ainsi produit est ensuite partagé dans le réseau. Les autorités américaines ont notamment découvert l’existence de « livres de légendes », des archives numériques regroupant du matériel d’abus sexuel, des mutilations et des scènes sanglantes. Ces collections servent à la fois de monnaie d’échange, d’outil de recrutement et de moyen d’acquérir du prestige auprès des autres membres.

Des victimes ont été forcées à mutiler leur corps, à poser des gestes sexuels devant une caméra, à agresser leurs frères et sœurs, à torturer des animaux ou à tenter de se suicider. Certains membres cherchent également à pousser des jeunes vers des actes de violence meurtrière. (Département américain de la Justice)

Le FBI considère désormais ces réseaux comme une forme émergente de terrorisme intérieur. Plus de 450 enquêtes liées à l’extrémisme violent nihiliste seraient actuellement ouvertes aux États-Unis.

Spitze s’identifiait comme une femme transgenre

Dans son reportage consacré à la condamnation, le journaliste indépendant Andy Ngo rapporte que Spitze s’identifiait publiquement comme une femme transgenre sur ses réseaux sociaux. Des publications archivées le montrent portant des vêtements féminins et décrivant l’une de ses relations comme une relation lesbienne.

Cette identité n’est toutefois pas mentionnée dans le communiqué du ministère de la Justice et ne constitue évidemment pas un élément des crimes pour lesquels il a été condamné.

Ngo décrit également HarmNation comme un groupe à l’imagerie satanique. Les autorités américaines emploient pour leur part les termes plus précis de réseau extrémiste violent nihiliste, d’inspiration accélérationniste et terroriste. Elles confirment néanmoins que Spitze comptait parmi les premiers membres de HarmNation et de 764, ainsi que parmi les administrateurs du réseau.

Une peine destinée à avertir les autres membres

Le procureur général américain Todd Blanche a qualifié ces crimes de « pires parmi les pires », accusant les membres de 764 de s’attaquer à des enfants vulnérables au nom d’une idéologie violente.

Le responsable de la Division de la sécurité nationale, John Eisenberg, affirme pour sa part que Spitze était déterminé à provoquer la chute de la société par le terrorisme, notamment en contraignant des enfants et d’autres personnes vulnérables à commettre des actes sexuels criminels, à s’automutiler ou à participer à des événements susceptibles de faire de nombreuses victimes.

Les procureurs avaient demandé une peine de 77 ans afin d’envoyer un avertissement aux autres membres de 764 et aux imitateurs du réseau.

Le tribunal leur a accordé exactement ce qu’ils réclamaient.

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