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Le procès de Nicolas Ullens se poursuit ce vendredi avec les plaidoiries des parties civiles et le réquisitoire.
L'avocat revient sur le déroulé des faits
Me Kennes a repris les faits du 29 mars 2023. Nicolas Ullens a provoqué un accident de la route avec le véhicule de son père, conduit par Myriam Lechien. L'accusé est sorti de son véhicule, et s'est approché du véhicule et a tiré à quatre reprises sur l'épouse de son père. Ce dernier est sorti du véhicule et lui a demandé de le tuer aussi. Nicolas Ullens a refusé.
"Il vient de tuer la femme de sa vie et il a l'audace de dire à son père, "c'est de ta faute". Dès l'exécution, c'est déjà la faute de quelqu'un d'autre. Il fuit, il laisse derrière lui cet homme âgé et ce cadavre. Voilà les actes exacts qu'il a posé. "
" il attend une femme de 70 ans qui sort d'un cancer et d'une de 17 ans son aîné, son propre père"
"De quoi est-il en aveu? Se rend-on compte de la gravité de ce que cet homme a fait? Il a pris une arme à feu, il l'a mise dans sa poche parce qu'il était en colère, ce n'est pas anodin. Il a attendu deux personnes. Outre sa relation avec eux, il attend une femme de 70 ans qui sort d'un cancer et d'une de 17 ans son aîné, son propre père. Cette femme est celle qui prend soin de lui depuis des années. Ils ne sont plus dans la force de l'âge, aucune de ces deux personnes ne représentaient la moindre menace. Ces personnes sont incapables de se défendre, elles n'ont aucune capacité de nuire. Ce sont ces deux personnes que l'accusé va agresser."
L'audience reprend avec la plaidoirie de Me Laurent Kennes
"Je vais développer quatre parties générales, je vais évoquer ce qu'est un meurtre prémédité, puis je reprendrai les actes posés par l'accusé pour prouver que cela était prémédité, qu'il avait l'intention de la tuer. En dernière partie, je vous parlerai de qui était Myriam Lechien", débute le pénaliste.
L'audience de la cour d'assises en cause de Nicolas Ullens est suspendue
L'audience de la cour d'assises de Nivelles, en cause de Nicolas Ullens, est suspendue jusqu'à 11h20. Elle reprendra avec les plaidoiries de Me Laurent Kennes et Me Gilles Vanderbeck, les avocats de Virginie et Gilles Lemaire, les enfants de Myriam Lechien, la victime du 29 mars 2023. "Mimi" a été abattue de six balles devant sa villa de Lasne. L'auteur des tirs n'est autre que Nicolas Ullens, le fils du baron éponyme.
Au programme ce vendredi
Le procès de Nicolas Ullens se poursuit ce vendredi avec les plaidoiries des parties civiles et le réquisitoire.
Nicolas Ullens aurait été submergé par ses émotions
Nicolas Ullens ne présente pas, selon le psychiatre qui le suit, de maladie psychiatrique ni de fonctionnement habituellement impulsif. Au moment des tirs sur Myriam Lechien, il aurait en revanche été submergé par ses émotions au point de perdre temporairement le contrôle de la situation.
C'est l'analyse livrée jeudi devant la cour d'assises du Brabant wallon par le professeur Philippe de Timary, chef du service de psychiatrie des Cliniques universitaires Saint-Luc.
Le médecin a précisé qu'il intervenait comme psychiatre traitant, et non comme expert judiciaire. Il suit Nicolas Ullens depuis sa sortie de prison sous bracelet électronique et l'a reçu à une quarantaine de reprises, parfois avec son épouse.
Pour tenter de comprendre le passage à l'acte, il a notamment exploré l'impulsivité et la dissociation. Nicolas Ullens lui a décrit la sensation d'être "hors de son corps", comme s'il flottait au-dessus de la scène.
"Il y a quelque chose qui a explosé. Les émotions ont pris le contrôle de la conscience", a expliqué Philippe de Timary, parlant d'une "éclipse de la personnalité". Il a également employé l'expression d'"état de démence temporaire" pour qualifier cet état.
Le praticien relie notamment ce basculement à une forte sensibilité à l'injustice. Nicolas Ullens lui a parlé de l'éloignement de son père (Guy Ullens), d'un sentiment d'abandon et d'humiliations accumulées au fil des années. Le matin des faits, le refus d'un geste en faveur de ses enfants aurait ravivé ce sentiment de rejet.
Le dossier lié à Didier Reynders
Cette sensibilité se serait également manifestée dans sa vie professionnelle. Nicolas Ullens a évoqué son passage à la Sûreté de l'État et un dossier lié à Didier Reynders, estimant avoir voulu dénoncer ce qu'il considérait comme des malversations avant de se sentir calomnié, menacé puis contraint de quitter l'institution.
En consultation, l'accusé avait aussi évoqué un autre épisode violent, remontant à ses études de droit, lorsqu'il avait giflé un professeur après s'être senti injustement traité. Pour Philippe de Timary, cet épisode ne suffit pas à dessiner un fonctionnement impulsif permanent: près de quarante ans séparent les deux passages à l'acte.
Le témoignage du psychiatre pourrait fournir un argument à la défense si celle-ci choisissait d'invoquer la force irrésistible. Cette cause d'exemption de culpabilité, désormais inscrite à l'article 22 du Code pénal et déjà prévue par l'ancien texte, vise celui qui a agi sous l'effet d'une force physique ou morale à laquelle il n'a pu résister.
Si elle était retenue par la cour et le jury, Nicolas Ullens ne serait pas pénalement responsable et devrait être acquitté.
Cette lecture n'a toutefois pas convaincu les avocats des parties civiles, qui l'ont vivement contestée au cours de l'audience.


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